vendredi 12 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2200245 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CITEAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés 31 janvier 2022 et le 23 mars 2022, M. D A et Mme B C, représentés par Me Fabien Hoffmann, demandent au juge des référés :
1°) de prescrire, en application des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, une mesure d'expertise en vue de déterminer les causes et origines des désordres affectant leur propriété sise parcelle cadastrée section B n° 670 à Barjols, d'indiquer les travaux nécessaires pour y remédier, d'en chiffrer le coût ainsi que les préjudices subis ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Barjols, sur le fondement des dispositions
de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, la somme de 2 000 euros, distraite au
profit de leur conseil au titre des dispositions de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet
1991.
Ils soutiennent que :
- ils sont propriétaires d'une maison au cœur du village au cœur de la commune de Barjols cadastrée section B n° 670 ; la commune de Barjols, propriétaire des parcelles contigües cadastrées section B n° 668 et B n°669 sur lesquelles était édifiée une maison de village a procédé à la démolition de celle-ci pour aménager des places de stationnement ;
- le 16 décembre 2021, ils ont été informés par la commune de la mise en œuvre de la procédure relative au péril grave et imminent et par un rapport établi le 22 décembre 2021 par
M. E, expert nommé par le tribunal, ce dernier a estimé que leur propriété était affectée de désordres structurels caractérisant un état de péril grave et imminent ; par suite, par un arrêté du
23 décembre 2021, la commune de Barjols leur a imposé la réalisation des travaux prescrits par l'expert ;
- les travaux réalisés par la commune de Barjols, consistant en la démolition de la maison de village accolée à leur propriété pour l'aménagement de places de stationnement ont très probablement fragilisés la structure de leur propriété ; une étude réalisée à leur demande par la société DM ingénierie le 21 février 2020 démontre que le système de contrefort érigé par la commune de Barjols pour maintenir l'immeuble est insuffisant puisque le contrefort dans l'angle sud-ouest s'arrêt au niveau du 1er étage, ce qui est insuffisant pour contenir la façade sud et, par conséquent, l'immeuble entier ; par ailleurs, au niveau des places de stationnement créées, il a été constaté des affaissements, certainement en raison de la présence d'une cave sous la maison démolie par la commune ;
- aucune prescription ne peut leur être opposée dans la mesure où il n'a
jamais été établi que les travaux réalisés par la commune de Barjols seraient la ou l'une
des causes des désordres constatés sur leur immeuble ;
- compte-tenu des désordres affectant leur propriété, ils sont fondés à solliciter une mesure d'expertise, la responsabilité de la commune du Barjols susceptible d'être engagée sur le fondement des dommages liés à l'exécution de travaux publics.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er mars 2022, la commune de Barjols, représentée par Me Benoît Citeau, conclut au rejet de la requête et à la condamnation solidaire des requérants à lui verser la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les requérants ont acquis leur propriété le 23 avril 2013 à des fins de rénovation et ont entrepris des travaux non achevés à ce jour affectant les parties structurelles qui sont à l'origine de nombreux dommages se caractérisant notamment par un défaut d'étanchéité et d'un défaut d'écoulement des eaux de pluie ;
- c'est à l'occasion d'une campagne de diagnostic et de description du village que la commune a été avisée par la société Urbanis de l'état sanitaire inquiétant de la propriété de M. A et de Mme C ; puis, à la suite du rapport établi à sa demande par la société BTP Consultants, elle a été informée du fort état de délabrement dudit immeuble et de ses fragilités structurelles ;
- les travaux réalisés par les propriétaires consistant notamment en la construction d'une terrasse tropézienne sans autorisation d'urbanisme, la modification des volumes intérieurs et la création d'escaliers en coupant les poutres maîtresses sont à l'origine des nombreux dommages causés à leur propriété à compter de l'année 2020 ;
- le rapport de la société Eliaris est alarmant car il relate une toiture hors d'usage ainsi qu'une instabilité des éléments structurels, il est préconisé l'évacuation de l'immeuble et la réalisation de travaux de confortement en urgence ;
- au vu de l'ensemble de ces éléments, elle a été contrainte de lancer la procédure en matière de péril imminent et elle a pris un arrêté en date du 16 décembre 2021 portant interdiction d'habiter au sein dudit immeuble ;
- elle a proposé le relogement des requérant ainsi que leurs enfants ;
- la présente requête s'inscrit dans la tentative de lui imputer la dégradation dudit immeuble alors que les requérants n'ont pas procédé eux-mêmes à la réalisation des travaux préconisés par l'expert dans son rapport du 22 décembre 2021 ;
- la mesure d'expertise sollicitée est dépourvue d'utilité et l'action est prescrite ; les travaux de démolition de l'immeuble situé 1 rue du four et accolé à la propriété des requérants datent entre 1978 et 1983 et ne peuvent pas être à l'origine des désordres affectant leur propriété car les jambes de force ainsi que les bandeaux de renfort mis en place à l'époque pour stabiliser ledit immeuble ont fait preuve de leur efficacité bien au-delà du délai de dix ans requis ;
- les travaux réalisés au sein de leur propriété ayant été exécutés sans l'intervention d'une entreprise qualifiée, sans précautions ni soins particuliers, les requérants sont seuls responsables de la fragilisation de la structure de leur immeuble.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 18 février 2022 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judicaire de Toulon.
Vu :
- l'ordonnance n°2103378 du 20 décembre 2021 du juge des référés du Tribunal ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Harang, président de la 3ème Chambre, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur la mesure d'expertise :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () " ; que si le juge des référés n'est pas saisi du principal, l'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il lui est demandé d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, relevant lui-même de la compétence de la juridiction à laquelle ce juge appartient, et auquel cette mesure est susceptible de se rattacher.
2. M. A et Mme C demandent au Tribunal de désigner un expert en vue de déterminer les causes et origines des désordres affectant leur propriété, d'indiquer les travaux nécessaires pour y remédier, d'en chiffrer le coût ainsi que les préjudices subis. Il résulte de l'instruction que le rapport établi le 21 février 2020 par la société DM Ingénierie mandaté par les requérants fait état des désordres affectant leur propriété, notamment l'oxydation des aciers sur chaînage horizontal en façade sud, des fissures en façade sud, une lézarde intérieure d'une largeur de 5 centimètres dans la cage d'escalier côté Est entre le mur de façade et le mur mitoyen , un décollement d'enduit sur le mur pignon au-dessus de la toiture des requérants et, enfin, il est mis en exergue que le contrefort situé dans l'angle sud-ouest s'arrêtant au niveau du premier étage n'est pas suffisamment haut pour contenir la façade sud et par conséquent l'immeuble entier appartenant aux requérants. En outre, les rapports établis respectivement par les sociétés BTP Consultants le 3 novembre 2021 et Eliaris le 17 décembre 2021 à la demande de la commune de Barjols et produit dans la présente instance par cette dernière, font état du fort état de délabrement dudit immeuble et de ses fragilités structurelles résultant notamment des travaux de rénovation entrepris et non achevés à ce jour par les requérants mais aussi d'un risque d'effondrement de l'immeuble qui pourrait entrainer la ruine du groupe d'immeubles qui le surplombe.
3. D'une part, au vu des pièces portées à la connaissance du Tribunal par les parties et eu égard aux supposées multiples causes et origines des désordres affectant la propriété de M. A et de Mme C, la demande d'expertise formulée par ces derniers tendant à déterminer les causes et les origines des désordres affectant leur propriété, laquelle ne préjuge en rien des responsabilités encourues, est susceptible de se rattacher à une action ultérieure devant le juge du fond. Dans ces conditions, elle présente un caractère utile et entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. D'autre part, compte tenu de la chronologie des événements tel qu'elle ressort des pièces produites à l'instance, la fin de non-recevoir tirée de la prescription n'est pas de nature, en l'état de l'instruction, à faire obstacle à ce caractère utile.Par suite, il y a lieu de faire droit à la mesure d'expertise sollicitée et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
Sur les frais liés au litige :
4. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de rejeter les conclusions des requérants tendant à l'application combinée des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ainsi que les conclusions de la commune de Barjols tendant à l'application des dispositions de l'article
L.761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : M. F G , demeurant 373 chemin des Plauques à Signes (83870 ), est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission de :
1) se rendre sur les lieux ;
2) entendre les parties, se faire communiquer tous documents utiles à l'exécution de sa mission ;
3) décrire précisément la nature et l'étendue des désordres affectant l'état de la propriété de M. A et de Mme C ; déterminer la ou les causes des désordres constatés et, dans le cas de causes multiples, indiquer la part d'imputabilité à chacune d'entre elles ; dire si les désordres affectant la propriété de M. A et Mme C sont particulièrement imputables aux travaux de rénovation entrepris par les requérants eux-mêmes, aux travaux relatifs à l'aménagement de places de stationnement par la commune de Barjols ou à toute autre cause ; dire si l'urgence et/ou la nature des désordres impliquent que des mesures conservatoires soient prises;
4) fournir au juge tous éléments lui permettant d'apprécier l'étendue des préjudices éventuellement subis par les requérants, et évaluer précisément, le cas échéant, le coût et la durée des travaux nécessaires à réparer les désordres ;
5) donner tous éléments utiles de nature à permettre au juge du fond éventuellement saisi de se prononcer sur les éventuelles responsabilités encourues et chiffrer les préjudices subis ;
6) faire toutes autres constatations nécessaires.
L'expert disposera des pouvoirs d'investigation les plus étendus. Il pourra entendre tous sachants, se faire communiquer tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et éclairer le tribunal administratif.
Article 2 : Les opérations d'expertise auront lieu en présence de la commune de Barjols, de M. A et de Mme C.
Article 3 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-1 à R. 621-14 du code de justice administrative.
Article 4 : L'expert déposera son rapport au greffe en deux exemplaires dans le délai de quatre mois à compter de la notification de la présente ordonnance et en notifiera copie aux parties conformément à l'article R. 621-9 du code de justice administrative. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique. L'expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par les parties.
Article 5 : Les frais et honoraires dus à l'expert seront taxés ultérieurement par ordonnance du président du tribunal, qui désignera la ou les parties qui en assumeront la charge, conformément à l'article R. 621-13 du code susvisé.
Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D A, à Mme B C et à la commune de Barjols.
Copie en sera adressée à l'expert désigné.
Fait à Toulon, le 12 août 2022.
Le vice-président,
juge des référés
signé
Ph. HARANG
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Et par délégation,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026