mercredi 26 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2200296 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | NOEL |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 2 février 2022, enregistrée le lendemain au greffe du tribunal administratif de Toulon, la présidente du tribunal administratif de Marseille a transmis au tribunal, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par
M. B A.
Par cette requête et deux mémoires enregistrés les 12 janvier 2022, 10 mai 2022, et 27 juin 2023, M. A, représenté par Me Noel, demande au tribunal :
1°) de condamner la région Provence Alpes Côte d'Azur à lui verser les sommes respectives de 14 477,92 euros et de 3 000 euros, en réparation des préjudices financier et moral et des troubles dans les conditions d'existence qu'il estime avoir subis du fait de la différence de traitement injustifiée entre agents dans l'application du régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel (RIFSEEP), assorties des intérêts au taux légal à compte r du 14 octobre 2021, et de leur capitalisation ;
2°) de mettre à la charge de la région Provence Alpes Côte d'Azur la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la délibération du 29 juin 2018 instaurant le RIFSEEP dans la région Provence Alpes Côte d'Azur créée une différence de traitement injustifiée entre les agents du support technique informatique en lycée (STIL) de nature à engager la responsabilité fautive de la région ;
-
- cette faute lui a causé un préjudice financier à hauteur de 14 477,92 euros, un préjudice moral et des troubles dans ses conditions d'existence à hauteur de 3 000 euros.
Par deux mémoires en défense enregistrés les 19 avril 2022 et 23 juin 2023, la région Provence Alpes Côte d'Azur conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier. Vu :
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 91-875 du 6 septembre 1991 ;
- le décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 ;
- le décret n° 2020-182 du 27 février 2020 ;
- l'arrêté du 27 août 2015 pris en application de l'article 5 du décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 portant création d'un régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel dans la fonction publique de l'Etat ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Martin, rapporteure,
- les conclusions de Mme Faucher, rapporteure publique,
- les observations de M. A,
- la région Provence Alpes Côte d'Azur n'étant ni présente, ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, adjoint technique territorial au sein de la région Provence Alpes Côte d'Azur, exerce les fonctions de support technique informatique en lycée (STIL) à Saint-Raphaël. Par un courrier du 11 octobre 2021, l'intéressé a demandé à la région Provence Alpes Côte d'Azur l'indemnisation des préjudices moral et financier, et des troubles dans les conditions d'existence qu'il estime avoir subis du fait de la différence de traitement injustifiée entre agents dans l'application du régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel (RIFSEEP). Par sa requête, M. A demande de condamner la région Provence Alpes Côte d'Azur à lui verser les sommes de 14 477,92 euros et de 3 000 euros.
2. D'une part, aux termes de l'article 88 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " Les organes délibérants des collectivités territoriales et de leurs établissements publics fixent les régimes indemnitaires, dans la limite de ceux dont bénéficient les différents services de l'Etat. / Ces régimes indemnitaires peuvent tenir compte des conditions d'exercice des fonctions, de l'engagement professionnel et, le cas échéant, des résultats collectifs du service ". Aux termes de l'article 2 du décret du 6 septembre 1991 pris pour l'application du premier aliéna de l'article 88 de la loi du 26 janvier 1984 : " L'assemblée
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délibérante de la collectivité ou le conseil d'administration de l'établissement fixe, dans les limites prévues à l'article 1er, la nature, les conditions d'attribution et le taux moyen des indemnités applicables aux fonctionnaires de ces collectivités ou établissements ".
3. D'autre part, aux termes de l'article 2 du décret du 20 mai 2014 portant création d'un RIFSEEP : " Le montant de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise est fixé selon le niveau de responsabilité et d'expertise requis dans l'exercice des fonctions. / Les fonctions occupées par les fonctionnaires d'un même corps ou statut d'emploi sont réparties au sein de différents groupes au regard des critères professionnels suivants : / 1° Fonctions d'encadrement, de coordination, de pilotage ou de conception ; / 2° Technicité, expertise, expérience ou qualification nécessaire à l'exercice des fonctions ; / 3° Sujétions particulières ou degré d'exposition du poste au regard de son environnement professionnel ". Aux termes de l'article 5 du décret précité : " L'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise et le complément indemnitaire annuel sont exclusifs de toutes autres primes et indemnités liées aux fonctions et à la manière de servir, à l'exception de celles énumérées par arrêté du ministre chargé de la fonction publique et du ministre chargé du budget ". Aux termes de l'article 6 du même décret : " Lors de la première application des dispositions du présent décret, le montant indemnitaire mensuel perçu par l'agent au titre du ou des régimes indemnitaires liés aux fonctions exercées ou au grade détenu et, le cas échéant, aux résultats, à l'exception de tout versement à caractère exceptionnel, est conservé au titre de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise jusqu'à la date du prochain changement de fonctions de l'agent, sans préjudice du réexamen au vu de l'expérience acquise prévu au 2° de l'article 3 ".
4. Enfin, aux termes de l'article I. 6. de la délibération n° 18-442 du 29 juin 2019 du conseil régional de la région Provence Alpes Côte d'Azur : " L'IFSE mensuelle sera répartie en deux parts dans la limite des plafonds déterminés dans l'annexe 1 et applicables aux agents de l'Etat. / - L'IFSE dite " socle " : part liée aux fonctions, aux sujétions et à l'expertise / - L'IFSE dite " majorée " : part liée à l'expérience professionnelle et/ou aux sujétions particulières suivantes : / Itinérance, / Formateur interne, / Polyfonctions ". Aux termes de l'article III. 1. de la délibération précitée relatif à la détermination des montants d'IFSE perçus au 1er janvier 2019 :
" L'article 6 du décret n° 2014-513 garantit aux agents le montant indemnitaire qu'ils percevaient mensuellement avant le déploiement du RIFSEEP. / Ainsi, lors de l'application de l'IFSE, au sein de la Région, le montant indemnitaire mensuel perçu par l'agent au titre du ou des régimes indemnitaires liés au grade détenu et non cumulables avec le RIFSEEP, est conservé au titre de l'IFSE ".
5. Le principe d'égalité ne s'oppose pas à ce que l'autorité investie du pouvoir réglementaire règle de façon différente des situations différentes, en particulier en instituant des régimes indemnitaires tenant compte de fonctions, de responsabilités ou de sujétions particulières, ni à ce qu'elle déroge à l'égalité pour des raisons d'intérêt général pourvu que, dans l'un comme l'autre cas, la différence de traitement qui en résulte soit en rapport direct avec l'objet de la norme qui l'établit et ne soit pas manifestement disproportionnée au regard des motifs susceptibles de la justifier.
6. Il résulte des dispositions précitées que, par sa délibération du 29 juin 2018, le conseil régional de la région Provence Alpes Côte d'Azur (PACA) a, en application de l'article 6 du décret du 20 mai 2014 précité, prévu le maintien du montant individuel du régime indemnitaire lors de la mise en place de l'IFSE, tenant, pour les agents du support technique informatique en lycée (STIL), à la prime de la fonction informatique. Il en résulte que, si les agents nommés avant le 1er janvier 2019, date d'entrée en vigueur de ladite délibération, bénéficient du maintien de la prime de fonction informatique comme étant intégrée à l'IFSE, les agents nommés après cette date ne
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bénéficient pas de ladite prime, laquelle est exclue du cumul de l'IFSE, caractérisant ainsi une différence de traitement. Toutefois, une telle différence de traitement est justifiée par la différence de situation dans laquelle se trouve l'agent recruté avant ou après la date d'entrée en vigueur de la délibération du conseil régional. Or, d'une part, cette différence de traitement, tenant à la date de recrutement de l'agent, est en rapport direct avec l'objet de l'article 6 du décret du 20 mai 2014, dont les dispositions ont été reprises à l'article III. 1. de la délibération instaurant le RIFSEEP dans la région PACA tenant au maintien du montant des primes que percevait chaque agent sous l'égide de l'ancien régime indemnitaire. D'autre part, la seule circonstance que les agents recrutés avant le 1er janvier 2019 bénéficient d'une IFSE d'un montant mensuel de 859,93 euros contre 466,89 euros pour ceux recrutés après cette date, ne saurait caractériser une disproportion manifeste au regard du motif qui la justifie. Dans ces conditions, M. A, qui a été recruté en qualité d'adjoint technique au STIL à compter du 14 janvier 2019 est dans une situation différente que celle de ses collègues du STIL affectés avant le 1er janvier 2019. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir qu'en adoptant une telle délibération, la région Provence Alpes Côte d'Azur a commis une faute de nature à engager sa responsabilité.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A, qui n'est pas fondé à rechercher la responsabilité de la région Provence Alpes Côte d'Azur, doit être rejetée, y compris dans ses conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la région Provence Alpes Côte d'Azur.
Délibéré après l'audience du 14 juin 2024 à laquelle siégeaient : Mme Doumergue, présidente,
M. Quaglierini, premier conseiller, Mme Martin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juin 2024.
La rapporteure, signé
K. Martin
La présidente, signé
M. Doumergue
La greffière, signé
B. Ballestracci
La République mande et ordonne au préfet de la région Provence Alpes Côte d'Azur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme, Pour la greffière en chef, Le greffier.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026