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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2200307

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2200307

mercredi 26 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2200307
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantPLENOT - SUARES - BLANCO - ORLANDINI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 4 février 2022, la SARL Casa del Sol, représentée par Me Vanzo, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision en date du 3 décembre 2021 par laquelle la commune de Sainte- Maxime a prononcé la péremption de son permis de construire n° PC.083.115.08 X0107, ensemble la décision du 7 janvier 2022 confirmant la décision du 3 décembre 2021 précitée ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Sainte-Maxime une somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que la commune de Sainte-Maxime a entaché ses décisions d'une erreur de fait dès lors que les travaux intérieurs ont été réalisés au cours de l'année 2021 et qu'ainsi aucune péremption n'est intervenue.

Par un mémoire en défense enregistré le 5 janvier 2023, la commune de Sainte-Maxime, représentée par Me Orlandini, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la SARL Casa del Sol la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- les conclusions à fins d'annulation de la décision du 3 décembre 2021 sont irrecevables dès lors que cette dernière constitue un acte préparatoire à la décision du 7 janvier 2022 ;

-

- les moyens invoqués sont infondés ;

Par une ordonnance du 24 avril 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 10 mai

2024.

Vu le jugement n°0901169 du 9 juin 2011 du tribunal administratif de Toulon et l'arrêt n°11MA03231 du 19 décembre 2013 de la cour administrative de Marseille.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique du 14 juin 2024 :

- le rapport de M. Quaglierini, rapporteur,

- les conclusions de Mme Faucher, rapporteure publique,

- et les observations de Me Orlandini pour la commune de Sainte-Maxime.

Considérant ce qui suit :

1. Par un jugement du tribunal n°0901169 du 9 juin 2011, confirmé par la cour administrative d'appel de Marseille dans un arrêt n°11MA03231 du 19 décembre 2013, l'arrêté du 18 mars 2009, par lequel le maire de la commune de Sainte-Maxime a retiré le permis de construire délivré le 22 août 2008 à la SARL Casa del Sol, a été annulé. Bénéficiant d'une prorogation d'une année de son permis de construire par un arrêté du 4 novembre 2016, la SARL Casa del Sol a déclaré l'ouverture du chantier le 23 octobre 2017. Par un courrier du 21 novembre 2018, la commune de Sainte-Maxime a constaté une interruption d'une année des travaux et a demandé à la société précitée de justifier des travaux intervenus durant cette période, ce dont a procédé l'intéressée par courrier du 3 décembre 2018. Par un courrier du 3 décembre 2021, la commune de Sainte-Maxime a constaté, derechef, une interruption des travaux durant une année et a demandé à la société bénéficiaire du permis de construire de justifier des travaux réalisés depuis novembre 2020, et qu'à défaut, son autorisation d'urbanisme serait périmée. Par un courrier en réponse du 16 décembre 2021, la SARL Casa del Sol a communiqué des documents afin de justifier de travaux accomplis durant la période concernée, mais par courrier du 7 janvier 2022, la commune de Sainte-Maxime a confirmé la péremption du permis de construire. Par sa requête, l'intéressée conteste les décisions de la commune de Sainte-Maxime contenues dans les courriers du 3 décembre 2021 et du 7 janvier 2022.

Sur la fin de non-recevoir opposée en défense sur les conclusions en annulation du courrier du 3 décembre 2021 :

2. La commune de Sainte-Maxime fait valoir que les conclusions à fins d'annulation de la décision du 3 décembre 2021 sont irrecevables au motif que cette dernière constitue un acte préparatoire par lequel la SARL Casa del Sol a été invitée à justifier l'absence d'interruption des travaux pendant une année. La requérante soutient, quant à elle, que ladite décision lui fait grief

1.

dès lors qu'elle mentionne les voies et délai de recours et que la décision du 7 janvier 2022 est une décision confirmative.

3. Il ressort des pièces du dossier que par un courrier du 3 décembre 2021, la commune de Sainte-Maxime a informé la SARL Casa del Sol que consécutivement à des visites à proximité des parcelles en litige, il a été constaté " vu de de l'extérieur et sans pénétrer sur le terrain, que le chantier semble être interrompu pendant plus d'un an " et qu'en l'absence d'éléments prouvant la réalisation de travaux, le permis de construire délivré sera périmé. Ainsi, le courrier du 3 décembre 2021 ne saurait être regardé comme une décision faisant grief à la SARL Casa del Sol dès lors qu'il se borne à l'informer d'un constat et l'invite à produire, à titre contradictoire, les éléments démontrant les travaux réalisés. Par suite, les conclusions à fins d'annulation de la décision du 3 décembre 2021 doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 7 janvier 2022 :

4. Aux termes de l'article R. 424-17 du code de l'urbanisme : " Le permis de construire, d'aménager ou de démolir est périmé si les travaux ne sont pas entrepris dans le délai de trois ans à compter de la notification mentionnée à l'article R. 424-10 ou de la date à laquelle la décision tacite est intervenue. / Il en est de même si, passé ce délai, les travaux sont interrompus pendant un délai supérieur à une année ".

5. Pour prononcer la caducité du permis de construire en cause, dans sa décision du 7 janvier 2022, la commune relève que les éléments produits par la SARL Casa del Sol ne permettent pas d'établir la date à laquelle les travaux ont été réalisés et qu'en toute hypothèse ces derniers sont mineurs compte tenu de l'ampleur globale du projet autorisé, à savoir la réalisation d'un ensemble de 6 villas. La SARL Casa del Sol soutient, quant à elle, que durant l'année 2021, des travaux significatifs de " second œuvre " sont intervenus à l'intérieur du bâtiment et qu'ainsi la commune de Sainte-Maxime n'a pas été en mesure de constater ces derniers du fait que ses constats ont été réalisés à l'extérieur du chantier. Il ressort des pièces du dossier que la SARL Casa del Sol s'est acquittée de factures de travaux datées de février et mars 2021 concernant, plus particulièrement, les travaux du lot n°6 " cloisons, isolation et faux-plafond " pour un montant de 15 312,02 euros, du lot n°7 " menuiseries intérieures " pour un montant de 3 295,08 euros et du lot n°9 " carrelage et faïences " pour un montant de 8 798,85 euros. Si les constats établis exclusivement depuis l'extérieur du chantier ne sauraient être sérieusement opposés à la SARL Casa del Sol, les documents qu'elle produit, concernant des travaux qu'elle affirme avoir réalisés à l'intérieur, ne sont toutefois pas de nature à établir que lesdits travaux ont été réalisés tout au long de l'année 2021 dès lors que les pièces qu'elle fournit ne mentionnent pas la date à laquelle les travaux ont été réalisés mais font seulement état d'une situation comptable des sommes exigées au titre des travaux de chantier. Ainsi la société requérante ne justifie pas avoir poursuivi les travaux sans interruption pendant un délai inférieur à une année. Par suite, c'est sans commettre d'erreur d'appréciation que le maire de la commune a pu prononcer la péremption du permis de construire n° PC.083.115.08 X0107 du 22 août 2008.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la " décision " du 3 décembre 2021, ensemble la décision du 7 janvier 2022 doivent être rejetées.

Sur les frais liés à l'instance :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par la SARL Casa del Sol au titre des frais exposés par elle et non

1.

compris dans les dépens soit mise à la charge de la commune de Sainte-Maxime qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance.

8. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la SARL Casa del Sol la somme demandée par la commune de Sainte-Maxime au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la SARL Casa del Sol est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commune de Sainte-Maxime présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié la SARL Casa del Sol et la commune de Sainte- Maxime.

Délibéré après l'audience du 14 juin 2024 à laquelle siégeaient : Mme Doumergue, présidente,

M. Quaglierini, premier conseiller, Mme Martin, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juin 2024.

Le rapporteur,

Signé

B. Quaglierini

La présidente,

Signé

M. Doumergue

La greffière Signé

B. Ballestracci

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme, Le greffier

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