vendredi 22 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2200380 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | BOURGUIBA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 8 février 2022 et le 16 janvier 2023, Mme B G C épouse A, représentée par Me Bourguiba, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 10 décembre 2021 par lequel le préfet du Var a rejeté sa demande de regroupement familial en faveur de ses enfants M. I D C et M. E D C ;
2°) d'enjoindre au préfet du Var de procéder au réexamen de sa demande, sous astreinte de 100 euros par jour de retard au regard des dispositions de l'article L.911-3 du code de justice administrative, et ce, à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat les entiers dépens ;
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- l'arrêté attaqué :
-) est entaché d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article R.434-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au motif qu'à la date du dépôt de sa demande de regroupement familial, ses enfants étaient mineurs ; ces dispositions n'imposent pas que la demande soit complète pour apprécier la minorité des enfants ;
-) méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
-) méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Une mise en demeure de produire des observations a été adressée le 4 novembre 2022 au préfet du Var.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 29 novembre 2022 et le 18 janvier 2023, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.
Le préfet conteste chacun des moyens invoqués.
Par une ordonnance du 18 juillet 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au
22 août 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La rapporteure publique ayant été, sur sa proposition, dispensée de prononcer ses conclusions à l'audience.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 8 novembre 2024 le rapport de M. Sauton, en l'absence des parties.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B G C épouse A, ressortissante philippine née en 1982, a contracté mariage avec M. F A, ressortissant français, aux Philippines le 4 novembre 2009. D'une précédente union sont nés I D le 25 juillet 2001 et E D le 20 octobre 2002, tous deux de nationalité philippine. La requérante a sollicité une demande de regroupement familial en faveur de ses deux enfants, le 22 juillet 2019 pour I et le 5 décembre 2019 pour John. Par une décision en date du
10 décembre 2021, le préfet du Var a rejeté la demande de regroupement familial au motif, en particulier, que les enfants sont majeurs. L'intéressée demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 434-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui séjourne régulièrement en France depuis au moins dix-huit mois, sous couvert d'un des titres d'une durée de validité d'au moins un an prévus par le présent code ou par des conventions internationales, peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre du regroupement familial : () 2° par les enfants du couple mineurs de dix-huit ans ". Aux termes de l'article R. 434-3 du même code : " l'âge du conjoint et des enfants pouvant bénéficier du regroupement familial est apprécié à la date du dépôt de la demande ". Enfin, l'article R. 434-12 de ce code dispose que : " Au vu du dossier complet de demande de regroupement familial, les services de l'Office français de l'immigration et de l'intégration délivrent sans délai une attestation de dépôt de dossier qui fait courir le délai de six mois dont bénéficie l'autorité administrative pour statuer. ".
3. Il résulte des dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qu'en cas de demande de regroupement familial, seule la présentation d'un dossier complet permet la délivrance par l'administration de l'attestation de dépôt de cette demande et détermine la date à laquelle doit être apprécié l'âge des enfants pouvant bénéficier du regroupement.
4. Il résulte des termes mêmes de la décision en litige que, pour rejeter la demande de Mme C épouse A, le préfet du Var s'est fondé sur la circonstance que ses fils I D et E D, qui sont nés respectivement le 25 juillet 2001 et le 20 octobre 2002, ne pouvaient bénéficier du regroupement familial au motif qu'ils étaient majeurs. Il ressort des pièces du dossier que, par des courriers en date du 26 mai 2020 et du
14 octobre 2020, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (ci-après OFII) a informé la requérante du caractère incomplet de ses dossiers de demandes de regroupement familial en raison de l'absence de certaines pièces et informations indispensables pour leur instruction. Enfin, par un courrier en date du 24 novembre 2020, l'OFII a fait part à la requérante de l'enregistrement de sa demande, le 5 novembre 2020. Or, à cette date, I D était âgé de 19 ans et E D de 18 ans. Ils étaient donc majeurs. Par ailleurs, la requérante n'établit pas que les pièces complémentaires dont l'administration avait requis la production, postérieurement à la présentation de ses demandes, figuraient déjà au dossier ou étaient sans utilité pour l'instruction de celle-ci. Dès lors, Mme C épouse A ne peut soutenir qu'à la date du dépôt de son dossier ses enfants étaient mineurs. Par conséquent, le préfet n'a pas commis d'erreur de droit ou d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions précitées.
5. En second lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant du 26 janvier 1990 stipule : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées, de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ".
6. Mme C épouse A n'établit pas avoir entretenu des liens intenses avec ses deux enfants, âgés de 19 et 18 ans à la date de dépôt des dossiers complets de demandes de regroupement familial formulées à leur profit, alors que lesdits enfants résident depuis leur naissance aux Philippines, et dont elle vit séparée depuis le 9 mai 2016, date à laquelle elle déclare être entrée en France. Il n'est pas davantage démontré qu'elle serait dans l'impossibilité de leur rendre visite aux Philippines sous couvert d'un visa. Dans ces conditions, en refusant le bénéfice du regroupement familial sollicité, le préfet du Var n'a pas porté au droit de Mme C épouse A et de ses enfants au respect de leurs vies privées et familiales une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cette décision a été prise, ni porté atteinte à l'intérêt supérieur de ses enfants. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doivent être écartés.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et aux frais liés au litige :
8. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte, ainsi que celles tendant à mettre à la charge de l'Etat les frais exposés et non compris dans les dépens, ne peuvent qu'être rejetées.
9. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions présentées par la requérante à ce titre ne peuvent être que rejetées.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme C épouse A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B G C épouse A et au préfet du Var.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et pour information à l'OFII.
Délibéré après l'audience du 8 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Sauton, président,
M. Quaglierini, premier conseiller,
Mme Martin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 novembre 2024.
Le président-rapporteur,
Signé
JF. SAUTON
L'assesseur le plus ancien,
Signé
B. QUAGLIERINI
La greffière,
Signé
B. BALLESTRACCI
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier
N°2200380
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026