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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2200461

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2200461

vendredi 18 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2200461
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantABRAN DURBAN ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 16 février et 28 novembre 2022, Mme B A, représentée par Me Hoffmann, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 22 septembre 2021 par laquelle le maire de la commune du Cannet-des-Maures a refusé le versement rétroactif de la nouvelle bonification indiciaire, ensemble la décision du 12 décembre 2021 portant rejet de son recours gracieux ;

2°) d'enjoindre à la commune du Cannet-des-Maures de lui attribuer la nouvelle bonification indiciaire à compter du 21 août 2018 ;

3°) de mettre à la charge de la commune du Cannet-des-Maures la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle exerce des fonctions de " distribution itinérante d'ouvrages culturels " ;

- elle exerce des fonctions d'accueil à titre principal.

Par deux mémoires en défense enregistrés les 12 avril et 20 décembre 2022, la commune du Cannet-des-Maures, représentée par Me Faure-Bonaccorsi, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la requérante la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- les conclusions à fin d'annulation sont partiellement irrecevables à défaut pour l'intéressée d'avoir lié le contentieux sur l'exercice " des fonctions d'accueil à titre principal " ;

- les moyens sont infondés.

Une note en délibéré présentée pour Mme A a été enregistrée le 10 octobre 2024, sans être communiquée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- la loi n° 91-73 du 18 janvier 1991 ;

- le décret n° 2006-779 du 3 juillet 2006 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Martin, rapporteure,

- les conclusions de Mme Faucher, rapporteure publique,

-les observations de Me Mayoussier, substituant Me Hoffmann, représentant la requérante,

- les observations de Me Faure-Bonaccorsi, représentant la commune.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A, bibliothécaire territoriale, a été affectée à la médiathèque de la commune du Cannet-des-Maures en qualité de responsable de la section adulte du pôle culture, connaissance et découvertes. Par un courrier du 30 juin 2021, l'intéressée a demandé l'attribution rétroactive de la nouvelle bonification indiciaire à compter du 21 août 2018 pour les fonctions de distribution itinérante d'ouvrages culturels, et à compter du 5 septembre 2018 pour les fonctions de régisseur d'avance, de dépenses et de recettes, laquelle a été rejetée par une décision du 22 septembre 2021. Le 28 novembre 2021, Mme A a formé un recours gracieux, qui a fait l'objet d'un rejet par une décision du 12 décembre 2021. Par sa requête, Mme A demande au tribunal l'annulation de la décision du 22 septembre 2021, ensemble de la décision du 12 décembre 2021.

Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ".

3. La commune du Cannet-des-Maures fait valoir, dans un mémoire en défense enregistré le 12 avril 2022 et communiqué à Mme A le 19 avril suivant, que la demande de cette dernière tendant à ce que lui soit versée la nouvelle bonification indiciaire en raison de l'exercice des " fonctions d'accueil à titre principal " n'a pas fait l'objet d'une liaison du contentieux préalable à l'instance en cours. Il ressort des pièces du dossier que, par le courrier du 30 juin 2021, Mme A s'est bornée à demander à la commune que lui soit accordée la nouvelle bonification indiciaire en raison de l'exercice d'une part des fonctions de " distribution itinérante d'ouvrage culturels " depuis le 21 août 2018, et d'autre part des fonctions de régie à compter du 8 septembre 2021. Dans ces conditions, et à défaut pour Mme A de justifier d'avoir lié le contentieux en ce qui concerne l'attribution de la nouvelle bonification indiciaire en raison de l'exercice des " fonctions d'accueil à titre principal ", une telle demande est irrecevable. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense à ce titre doit être accueillie.

Sur les conclusions :

4. Aux termes de l'article 27 de la loi du 18 janvier 1991 portant dispositions relatives à la santé publique et aux assurances sociales : " I. - La nouvelle bonification indiciaire des fonctionnaires et des militaires instituée à compter du 1er août 1990 est attribuée pour certains emplois comportant une responsabilité ou une technicité particulières dans des conditions fixées par décret. / II. - Elle est prise en compte pour le calcul de la pension de retraite dans les conditions fixées ci-après, et elle est soumise à une cotisation pour la vieillesse. () / IV. - Les dispositions qui précèdent sont étendues dans des conditions analogues, par décret en Conseil d'Etat, aux fonctionnaires territoriaux et hospitaliers ". Aux termes de l'article 1er du décret du 3 juillet 2006 portant attribution de la nouvelle bonification indiciaire à certains personnels de la fonction publique territoriale : " Une nouvelle bonification indiciaire, prise en compte pour le calcul de la retraite, est versée mensuellement aux fonctionnaires territoriaux exerçant une des fonctions figurant en annexe (non reproduite voir fac-similé) au présent décret ". L'annexe dudit décret fixe à 15 le nombre de points indiciaires attribué aux fonctions de " distribution itinérante d'ouvrages culturels ", et à 10 points les fonctions d'accueil exercées à titre principal.

5. Le bénéfice de la nouvelle bonification indiciaire (NBI) instituée par les dispositions de la loi n° 91-73 du 18 janvier 1991 est lié à l'emploi occupé par le fonctionnaire ou le militaire, compte tenu de la nature des fonctions attachées à cet emploi. Ce bénéfice, qui ne constitue pas un avantage statutaire et cesse avec la cessation des fonctions y ouvrant droit, a un caractère temporaire et peut être modifié ou supprimé par l'effet de l'arrêté qui fixe la liste des emplois attributaires et le nombre de points qui leur sont attachés.

6. Il ressort des pièces du dossier que Mme A a occupé des fonctions de directrice de la médiathèque entre le 21 août 2018 et le 21 avril 2021, puis à compter de cette date,

de responsable du secteur adultes au sein du pôle culture, connaissance et découvertes de la médiathèque de la commune du Cannet-des-Maures. Il est constant que des conventions ont été conclues entre la commune du Cannet-des-Maures et les communes du Thoronet et de Luc-en-Provence, dont l'élaboration et la mise en œuvre incombaient, conformément à sa fiche de poste, à Mme A, portant notamment sur le renouvellement des collections par le prêt de livres ainsi que sur la tenue des ateliers. Toutefois, d'une part, il est constant qu'une partie des ateliers s'effectuait dans les locaux de la médiathèque du Cannet-des-Maures, et d'autre part, il n'est justifié ni de la réalité ni de la fréquence des ateliers réalisés au sein des locaux du Thoronet et du Luc-en-Provence. S'il est constant que Mme A se déplaçait pour assurer le renouvellement des collections de ces communes, il n'est pas contesté le caractère annuel de celui-ci, mission pour laquelle elle ne conteste pas avoir été aidée des services techniques. Dans ces conditions, et alors que le seul ordre de mission du 7 juillet 2022 relatif au déplacement à l'école du Thoronet versé aux débats est insuffisant, Mme A ne justifie pas exercer des fonctions pouvant être qualifiées de " distribution itinérante d'ouvrages culturels ". Par suite, le moyen doit être écarté.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée dans toutes ses conclusions, y compris celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1

du code de justice administrative.

8. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de Mme A la somme demandée par la commune du Cannet-des-Maures au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commune du Cannet-des-Maures présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune du Cannet-des-Maures.

Délibéré après l'audience du 4 octobre 2024 à laquelle siégeaient :

M. Sauton, président,

M. Quaglierini, premier conseiller,

Mme Martin, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2024.

La rapporteure,

signé

K. Martin

Le président,

signé

J.-F. Sauton

Le greffier,

signé

P. Bérenger

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées,

de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Le greffier.

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