Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2200468
vendredi 14 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2200468 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre - Juge Unique |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 février 2022 et un mémoire enregistré le 8 août 2022 Mme A D épouse C demande au tribunal de prononcer la réduction des cotisations de taxe foncière et de taxe d'habitation auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2019, 2020 et 2021 pour son bien situé au 9200 résidence les parcs du Lavandou sur la commune du Lavandou.
Elle soutient que :
- son bien se situe dans une construction qui date de 1980 laquelle souffre de défauts dus à la vétusté du bâtiment malgré l'entretien régulier de la copropriété. De ce fait, son bien doit être classé en catégorie 5 eu lieu de 4, tandis que le coefficient d'entretien doit être porté à 1 au lieu de 1,20 et son coefficient de situation particulière porté à -0,10.
Par un mémoire en défense, enregistré 12 juillet 2022, le directeur départemental des finances publiques du Var conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. B, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, pour statuer sur les litiges relevant de cet article.
Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique du
27 mai 2024 lors de laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A D épouse C demande au tribunal de prononcer la réduction des cotisations de taxe foncière et de taxe d'habitation auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2019, 2020 et 2021 pour son bien situé au 9200 résidence les parcs du Lavandou sur la commune du Lavandou.
Sur le bien-fondé des impositions :
2. Aux termes de l'article 1494 du code général des impôts : " La valeur locative des biens passibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties et de la taxe d'habitation () est déterminée conformément aux règles définies par les articles 1495 à 1508 () ". En application du I de l'article 1496 du même code : " La valeur locative des locaux affectés à l'habitation () est déterminée par comparaison avec celle de locaux de référence choisis dans la commune pour chaque nature et catégorie de locaux ". Selon l'article 324 G de l'annexe III dudit code : " I. - La classification communale consiste à rechercher et à définir par nature de construction (maisons individuelles immeubles collectifs dépendances bâties isolées) les diverses catégories de locaux d'habitation existant dans la commune. / II. - Pour la classification communale, sont assimilés aux dépendances bâties isolées les dépendances bâties et les éléments bâtis formant dépendances qui doivent faire l'objet d'une évaluation distincte en raison de leur nature particulière, notamment les éléments de pur agrément ainsi que dans les immeubles collectifs les garages et les emplacements individuels aménagés pour le stationnement des véhicules automobiles. ". En vertu de l'article 324 H de l'annexe III de ce même code. : " I. - Pour les maisons individuelles et les locaux situés dans un immeuble collectif, la classification communale est établie à partir d'une nomenclature-type comportant huit catégories, en adaptant aux normes locales de construction les critères généraux mentionnés au tableau ci-après. / II. - Pour les dépendances bâties isolées et les divers éléments visés au II de l'article 324 G, la classification communale est établie à partir d'une nomenclature-type spéciale comportant quatre catégories, en adaptant aux normes locales de construction les critères généraux décrits au tableau ci-après. III. - () ". Ces dernières dispositions classent ainsi les maisons individuelles et les locaux situés dans un immeuble collectif en huit catégories, la première catégorie correspondant aux locaux de qualité supérieure et la huitième aux locaux très médiocres ou délabrés en fonction de critères tenant au caractère architectural de l'immeuble, à la qualité de la construction, au nombre et à la nature des pièces, à l'équipement et à l'impression d'ensemble de l'immeuble. Selon enfin l'article 324X du même code : " I. - En vue de leur évaluation, les locaux d'habitation autres que les locaux de référence sont classés par comparaison avec les locaux de référence représentatifs des diverses catégories existantes. II. - La valeur locative cadastrale assignée aux locaux classés dans une même catégorie est déterminée, en respectant l'égalité proportionnelle des évaluations, par comparaison avec la valeur locative du local ou des locaux choisis pour représenter ladite catégorie. ".
3. En premier lieu, le local-type 28 choisi par l'administration fiscale est constitué par un immeuble ancien situé en centre ville et à proximité du port du Lavandou, classé en catégorie 4, ne bénéficiant pas de matériaux aussi modernes que l'immeuble de la requérante qui est une construction avec une architecture moderne des années 1980 de bonne facture, jouissant d'un parc et situé en retrait du centre ville, à un kilomètre du bord de mer et d'une plage. L'appartement de la requérante apparait bien conçu pour un F1 de 43 m2 avec notamment un séjour de plus de 17 m2 donnant sur une terrasse d'environ 8 m2, une chambre de 10.37 m2 et une installation sanitaire complète. Aucun élément ne vient au soutien des affirmations de la requérante selon lesquelles les matériaux employés ne seraient pas de bonne qualité. Ainsi, il ne résulte pas de l'instruction que le choix du local-type 28 par l'administration fiscale ait pu entraîner une surévaluation de la valeur locative du bien de Mme D, même si le dit local-type dispose de quatre salles d'eau, d'une surface supérieure et qu'il se situe en centre ville, proche du port du Lavandou, les qualités et inconvénients des bâtiments se compensant. Si, enfin, Mme D épouse C semble soutenir que son bien aurait dû être comparé aux locaux de référence n° 40, 41 et 42 mentionnés sur le PV H de la commune du Lavandou et dénommés " appartements modernes ", les caractéristiques de ces locaux n'ont toutefois pas été précisées et ne peuvent ainsi être retenus. Par suite, compte tenu de l'ensemble de ces éléments, Mme D n'est pas fondée à soutenir que le classement dans la catégorie 4 de son bien, serait erronée.
4. En deuxième lieu, il résulte des dispositions de l'article 324 Q de l'annexe III au code général des impôts qu'un coefficient est attribué en fonction de l'état d'entretien du bien. La requérante expose que son bien a subi des dégradations dès lors qu'elle a dû faire face à un certain nombre de réparations. Elle fait état d'une façade dégradée et abîmée, produisant à l'appui de ses écritures certaines photographies. Toutefois, comme le fait valoir à bon droit l'administration fiscale, les travaux dont se prévaut la requérante sont des travaux d'entretien et de réparation du crépi qui ne peuvent être regardés comme des défauts permanents dus à la vétusté de l'immeuble. Ainsi, la construction doit être regardée comme un bâtiment en bon état n'ayant besoin que de petites réparations correspondant au coefficient 1,10 tel que retenu par l'administration. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir qu'un taux de 1,00 devait lui être appliqué au titre du coefficient d'entretien.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 324 R de l'annexe III au code général des impôts : " Le coefficient de situation est égal à la somme algébrique de deux coefficients destinés à traduire, le premier, la situation générale dans la commune, le second, l'emplacement particulier ". Ces coefficients sont de 0 lorsque le local est dans une " situation ordinaire, n'offrant ni avantages ni inconvénients ou dont les uns et les autres se compensent ", de - 0,05 pour les locaux caractérisés par une " situation médiocre, présentant des inconvénients notoires en partie compensés par certains avantages " et de - 0,10 lorsque la situation du local est " mauvaise, présentant des inconvénients notoires sans avantages particuliers ".
6. En ce qui concerne le coefficient de situation du garage, si Mme D épouse C soutient que l'accès de son garage, situés en sous-sol serait très difficile en raison de la proximité avec une porte, avec au milieu de l'allée 2, la présence de poteaux en béton situés de chaque côté de la porte, nécessitant d'effectuer de nombreuses manœuvres pour y accéder, elle ne démontre pas, en l'absence de toute pièce corroborant ses allégations, que ce coefficient devrait être porté à - 0,10 au lieu des - 0,05 tel que retenu par l'administration fiscale. Par suite, la requérante n'est pas fondée à demander l'application d'un coefficient de -0,10 pour son garage.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requérante tendant à la réduction des cotisations de taxe foncière et de taxe d'habitation auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2019, 2020 et 2021 doivent être rejetées.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme D épouse C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D épouse C et au directeur départemental des finances publiques du Var.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 juin 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
L. B
La greffière,
Signé
G. BODIGER
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Et par délégation,
La greffière.
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