jeudi 11 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2200471 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | RICHER & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 22 février 2022 et 9 janvier 2024, la société aménagement gestion publique (SAGEP), représentée par le cabinet Richer et associés, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler le contrat conclu le 1er décembre 2021 entre la commune du Pradet et la société Var aménagement développement, ayant pour objet d'attribuer un mandat public de maîtrise d'ouvrage, pour la démolition et la reconstruction du groupe scolaire Marcel Pagnol ;
2°) de mettre à la charge de la commune du Pradet la somme de 3 000 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que le marché a été attribué en méconnaissance des règles relatives à la mise en concurrence.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 27 septembre 2022 et 15 janvier 2024, la commune du Pradet, représentée par Me Gravé, conclut :
1°) au rejet de la requête ;
2°) à la suppression de ses termes injurieux, outrageants et diffamatoires ;
3°) à ce que la somme de 4 000 euros soit mise à la charge de la SAGEP, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable, dès lors qu'elle est actionnaire de la SAGEP et que le maire de la commune en est administrateur ;
- elle est mal fondée.
Un mémoire présenté par la SAGEP a été enregistré le 9 février 2024 et n'a pas été communiqué, en application de l'article R. 611-1 du code de justice administrative
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'ordonnance n° 2101146 du 31 mai 2021 du juge des référés.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Hélayel, conseiller,
- les conclusions de M. Kiecken, rapporteur public,
- les observations de Me Duvignau, représentant la SAGEP,
- les observations de Me Gravé, représentant la commune du Pradet.
Considérant ce qui suit :
1. Le 18 février 2021, la commune du Pradet a lancé un appel d'offres ouvert pour l'attribution d'un mandat public de maîtrise d'ouvrage, ayant pour objet la démolition et la reconstruction du groupe scolaire Marcel Pagnol. Par un courrier du 16 avril 2021, la commune du Pradet a informé la société aménagement gestion publique (SAGEP) de ce que son offre n'avait pas été retenue et de ce que le marché avait été attribué à la société Var aménagement développement (V.A.D.), pour un montant de 258 115,55 euros. Le marché a été conclu le 1er décembre 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation du contrat :
2. Tout tiers à un contrat administratif susceptible d'être lésé dans ses intérêts de façon suffisamment directe et certaine par sa passation est recevable à former devant le juge du contrat un recours de pleine juridiction contestant la validité de ce contrat. Il ne peut invoquer que des vices en rapport direct avec l'intérêt lésé dont il se prévaut ou ceux d'une gravité telle que le juge devrait les relever d'office. Un concurrent évincé ne peut ainsi invoquer, outre les vices d'ordre public dont serait entaché le contrat, que les manquements aux règles applicables à la passation de ce contrat qui sont en rapport direct avec son éviction.
3. Il résulte de l'instruction que, par une ordonnance du 31 mai 2021, le juge des référés a annulé la procédure de passation du marché en cause. Par voie de conséquence, lors de la séance du conseil municipal de la commune en date du 27 septembre 2021, il a été proposé de valider en régie une partie des prestations faisant initialement partie du mandat de maîtrise d'œuvre (études de faisabilité, de conception, marchés publics afférents au projet). Il a également été proposé d'approuver le lancement d'une procédure de concours en vue de désigner un maître d'œuvre. Le conseil municipal a alors pris acte du projet.
4. La SAGEP fait valoir que, par cette délibération, la commune du Pradet a changé la nature globale du marché, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 2194-1 du code de la commande publique et qu'une nouvelle procédure de mise en concurrence s'imposait. Toutefois, il est constant que, par une décision du 20 octobre 2021, le Conseil d'Etat a annulé l'ordonnance du 31 mai 2021 du juge des référés et rejeté la requête de la SAGEP. Ainsi, quels qu'aient été les termes de la délibération du conseil municipal du 27 septembre 2021, la procédure de passation du marché doit être regardée comme n'ayant jamais été annulée. Il s'ensuit que la commune n'était pas tenue de procéder à une nouvelle procédure de mise en concurrence préalablement à la conclusion du marché avec la société VAD, le 1er décembre 2021. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des règles de concurrence doit être écarté.
5. Il résulte de ce qui précède et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions à fin d'annulation présentées par la SAGEP doivent être rejetées.
Sur la demande de suppression des écrits injurieux, outrageants ou diffamatoires :
6. En vertu des dispositions de l'article 41 de la loi du 29 juillet 1881 reproduites à l'article L. 741-2 du code de justice administrative, les tribunaux administratifs peuvent, dans les causes dont ils sont saisis, prononcer, même d'office, la suppression des écrits injurieux, outrageants ou diffamatoires.
7. Contrairement à ce que soutient la commune du Pradet, les termes de la requête de la SAGEP, malgré leur virulence, ne présentent pas un caractère injurieux, outrageant ou diffamatoire. Dès lors, il n'y a pas lieu d'en prononcer la suppression par application des dispositions précitées.
Sur les frais du litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune du Pradet, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement de la somme que la SAGEP demande à ce titre. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la commune du Pradet présentées sur le même fondement.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de la société aménagement gestion publique est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune du Pradet présentées au titre des articles L. 741-2 et L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société aménagement gestion publique et à la commune du Pradet.
Délibéré après l'audience du 20 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Philippe Harang, président,
M. Zouhaïr Karbal, conseiller,
M. David Hélayel, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2024.
Le rapporteur,
Signé
D. HELAYEL Le président,
Signé
Ph. HARANG
La greffière,
Signé
A. CAILLEAUX
La République mande et ordonne au préfet du Var ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Conseil d'État — N° 515333
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de Mme A..., magistrate, qui demandait le report et l'encadrement de ses auditions par l'inspection générale de la justice (IGJ) dans le cadre d'une enquête administrative. La requérante invoquait une atteinte grave à ses droits de la défense, à sa dignité et à l'indépendance juridictionnelle. Le juge a estimé que l'audition prévue du 4 au 7 mai 2026, qui ne préjugeait pas de l'issue de l'enquête ni d'éventuelles poursuites disciplinaires, n'était pas susceptible de porter une atteinte manifestement disproportionnée à ses droits. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la condition d'urgence n'étant pas retenue comme caractérisant une illégalité grave.
03/05/2026
Conseil d'État — N° 509298
Le Conseil d'État rejette la requête de M. A... pour défaut d'intérêt à agir, les circonstances invoquées (qualité de citoyen, d'usager ou de professionnel) n'étant pas suffisamment directes et certaines pour contester la nomination du président du conseil d'administration de l'OFII. La portée de cette décision est de rappeler la rigueur du contrôle de l'intérêt à agir en matière de nominations aux emplois publics.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 507528
Le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi de La Poste contre l'ordonnance ayant suspendu la révocation de M. B..., estimant qu'aucun moyen sérieux n'est soulevé.
09/04/2026