jeudi 30 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2200524 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 février 2022, Mme B A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 6 janvier 2022 par lequel la maire de la commune de Collobrières a interdit la circulation des véhicules dont le poids total roulant autorisé est supérieur à 3,5 tonnes et la largeur supérieure à 2,50 mètres, sur une portion du chemin de Godissard, en tant qu'il comprend la partie allant de la station d'épuration au parking de Notre-Dame.
Elle soutient que la mesure est injustifiée et abusive.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 août 2023, le maire de la commune de Collobrières conclut au rejet de la requête.
Il soutient que le moyen soulevé par Mme A n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la voirie routière ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Hélayel, conseiller,
- les conclusions de M. Kiecken, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A est riveraine du chemin de Godissard, situé sur le territoire de la commune de Collobrières. Par un arrêté du 6 janvier 2022, la maire de la commune a interdit la circulation des véhicules de plus de 3,5 tonnes et de 2,5 mètres de largeur sur la portion de ce chemin rural située entre l'impasse des Alizées et le parking de Notre-Dame.
2. L'article R*141-3 du code de la voirie routière dispose que : " Le maire peut interdire d'une manière temporaire ou permanente l'usage de tout ou partie du réseau des voies communales aux catégories de véhicules dont les caractéristiques sont incompatibles avec la constitution de ces voies, et notamment avec la résistance et la largeur de la chaussée ou des ouvrages d'art. "
3. En l'espèce, Mme A ne conteste pas que la portion du chemin en cause, d'une largeur moyenne de trois mètres, n'est pas revêtue d'une structure solide, que des canalisations d'eau sont situées sous ce chemin et que plusieurs fuites d'eau ont été constatées ces dernières années, notamment en raison de la circulation de poids lourds. La commune produit notamment les courriers de deux riverains relatifs aux fuites d'eau constatées, en date des 13 janvier et 1er février 2021, ainsi que les documents relatifs à une recherche de fuite, qui s'est déroulée le 12 janvier 2021. Il ressort également des pièces du dossier qu'un rapport de police municipale du 23 août 2023 fait état de fissures, de canalisations endommagées et de nouvelles fuites d'eau. Dans ces conditions, et alors que la maire de la commune fait valoir que des dérogations peuvent toujours être demandées, l'interdiction prononcée, utile et justifiée, n'apparaît pas comme étant disproportionnée au regard du but poursuivi.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune de Collobrières.
Délibéré après l'audience du 7 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Philippe Harang, président,
M. Zouhaïr Karbal, conseiller,
M. David Hélayel, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mai 2024.
Le rapporteur,
Signé
D. HELAYEL
Le président,
Signé
Ph. HARANGLa greffière,
Signé
F. POUPLY
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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