jeudi 20 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2200597 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | LENDOM ROSANNA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 mars 2022, M. B A, représenté par Me Lendom, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 11 février 2022 par laquelle un premier surveillant de la maison d'arrêt de Draguignan l'a suspendu, à titre préventif, de l'exercice de son activité professionnelle à l'atelier ;
2°) d'enjoindre à l'administration pénitentiaire d'effacer toute mention relative à cette mesure de son dossier ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle ne mentionne pas les nom et prénom de son auteur ;
- elle ne précise pas la date d'effet de la suspension prononcée ni la durée de celle-ci ;
- elle n'est pas proportionnée ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Une mise en demeure a été adressée le 27 janvier 2023 au garde des sceaux, ministre de la justice.
Par une ordonnance du 27 janvier 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 27 février 2023 à 12h00.
Un mémoire présenté par le garde des sceaux, ministre de la justice, enregistré le 31 mai 2024, n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Montalieu,
- et les conclusions de M. Kiecken, rapporteur public ;
- les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A a été écroué à la maison d'arrêt de Draguignan du 30 octobre 2020 au 29 août 2022. Le 11 février 2022, il a fait l'objet d'un compte-rendu d'incident, survenu aux alentours de 8h30 à l'atelier. Par une décision du même jour, prise à 9h40, un premier surveillant de la maison d'arrêt l'a suspendu, à titre préventif, de l'exercice de son activité professionnelle à l'atelier.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 57-7-22 du code de procédure pénale, alors en vigueur : " Lorsque la faute reprochée à la personne détenue a été commise au cours ou à l'occasion de l'emploi qu'elle occupe, le chef d'établissement ou son délégataire peut, à titre préventif et sans attendre la réunion de la commission de discipline, décider de suspendre l'exercice de l'activité professionnelle de cette personne jusqu'à sa comparution devant la commission de discipline, si cette mesure est l'unique moyen de mettre fin à la faute, de faire cesser le trouble occasionné au bon déroulement des activités de travail ou d'assurer la sécurité des personnes ou de l'établissement. ". Aux termes de l'article R. 57-7-5 du même code, alors en vigueur : " () Pour les décisions de confinement en cellule individuelle ordinaire, de placement en cellule disciplinaire et de suspension de l'exercice de l'activité professionnelle de la personne détenue, lorsqu'elles sont prises à titre préventif, le chef d'établissement peut en outre déléguer sa signature à un major pénitentiaire ou à un premier surveillant. ".
3. Il résulte de la décision attaquée qu'elle a été signée par un premier surveillant de la maison d'arrêt de Draguignan, sans d'ailleurs préciser qu'elle a été prise au nom du chef de l'établissement. Il est également constant que la décision en litige ne vise aucun arrêté de délégation de signature. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être accueilli.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci () ".
5. Il est constant que la décision attaquée ne comporte pas, en méconnaissance des dispositions précitées, l'indication du prénom et nom de son auteur. Si la signature est accompagnée d'un tampon indiquant " Adjoint ATF 1er surveillant ", il ne résulte pas des pièces du dossier que ces seuls éléments auraient permis au requérant, notamment à partir d'un autre document, d'identifier le signataire de l'acte attaqué. Dès lors, M. A a été privé d'une garantie et le moyen tiré de ce que la décision attaquée ne comporte pas les nom et prénom de son auteur doit être accueilli.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent.
A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
7. En l'espèce, si la décision en litige contient un exposé de l'incident survenu le 11 février au matin, l'encart " motifs " de la décision en litige, prévoyant expressément que soient renseignés la faute reprochée, sa classification et son fondement textuel, n'a pas été rempli. La décision ne précise pas non plus les raisons pour lesquelles, conformément aux dispositions de l'article R. 57-7-22 du code de procédure pénale, la mesure prise était strictement nécessaire, ni le ou lesquels des trois objectifs permis par ces dispositions était poursuivi. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'absence de motivation doit être accueilli.
8. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que le requérant est fondé à demander l'annulation de la décision du 11 février 2022 par laquelle il a été suspendu, à titre préventif, de l'exercice de son activité professionnelle.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. L'exécution du présent jugement implique nécessairement que l'administration pénitentiaire efface du dossier de M. A toute mention relative à la décision en litige. Il y a lieu d'enjoindre au garde des sceaux, ministre de la justice d'y faire procéder, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
10. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à M. A sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 11 février 2022 portant suspension, à titre préventif, de l'exercice de l'activité professionnelle est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au garde des sceaux, ministre de la justice d'effacer du dossier pénitentiaire de M. A toute mention relative à la décision en litige, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Philippe Harang, président,
M. Zouhaïr Karbal, conseiller,
Mme Mathilde Montalieu, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2024.
La rapporteure,
Signé
M. MONTALIEU
Le président,
Signé
Ph. HARANGLa greffière,
Signé
F. POUPLY
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026