jeudi 25 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2200680 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre - Juge Unique |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 novembre 2021, Mme C B épouse A, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 15 décembre 2021 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a refusé d'échanger son permis de conduire émirati contre un permis de conduire français.
2°) d'enjoindre à la préfète de la Loire-Atlantique de réexaminer sa demande ;
Elle soutient qu'elle n'a pas pu faire les démarches dans les délais pour des raisons indépendantes de sa volonté.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 mai 2022, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la demande d'échange du permis de conduire émirati contre un permis de conduire français a été déposée tardivement à la préfecture ;
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Harang, vice-président, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. Harang, magistrat délégué, a été entendu à l'audience, les parties n'étant, ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-3 du code de la route : " Tout permis de conduire national, en cours de validité, délivré par un Etat ni membre de la Communauté européenne, ni partie à l'accord sur l'Espace économique européen, peut être reconnu en France jusqu'à l'expiration d'un délai d'un an après l'acquisition de la résidence normale de son titulaire. Pendant ce délai, il peut être échangé contre le permis français, sans que son titulaire soit tenu de subir les examens prévus au premier alinéa de l'article R. 221-3. Les conditions de cette reconnaissance et de cet échange sont définies par arrêté du ministre chargé des transports () ". L'article 5 de l'arrêté du 12 avril 2012 susvisé prévoit que : " I. - Pour être échangé contre un titre français, tout permis de conduire délivré par un Etat n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen doit répondre aux conditions
suivantes : / A. - Avoir été délivré au nom de l'Etat dans le ressort duquel le conducteur avait alors sa résidence normale () ". Enfin l'article 4 de cet arrêté précise : " II. - Pour les ressortissants étrangers non-ressortissants de l'Union européenne, la date d'acquisition de la résidence normale est celle du début de validité du premier titre de séjour. / A. - Pour les ressortissants étrangers bénéficiant d'un visa long séjour, la date d'acquisition de la résidence normale est celle de la vignette apposée par l'Office français de l'immigration et de l'intégration sur le premier visa long séjour. ".
2. Mme C B épouse A demande au tribunal l'annulation de la décision lui ayant refusé l'échange de son permis de conduire émirati en soutenant qu'elle a dû rentrer avec son époux et ses enfants en France, suite à la perte de l'emploi de ce dernier aux Emirats-Arabes-Unis, notamment en raison de la crise sanitaire et que son époux ignorait qu'il y avait un délai maximum pour le dépôt d'une demande d'échange de permis étranger. Elle soutient également que son permis de conduire lui a été volé un mois avant la fin du délai réglementaire et qu'elle a dû solliciter les autorités des Emirats-Arabes-Unis pour obtenir un nouveau titre de conduite. Elle ne conteste pas les motifs de la décision attaquée mais sollicite l'indulgence du tribunal du fait de ces circonstances particulières. Par suite, l'unique moyen soulevé est sans incidence sur la légalité de la décision en litige, et, par conséquent, inopérant.
3. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles aux fins d'injonction.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B épouse A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B épouse A et au préfet de la Loire-Atlantique.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 avril 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
Ph. HARANG
La greffière,
Signé
A. CAILLEAUX
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2200680 3
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