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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2200709

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2200709

vendredi 6 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2200709
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantCAVIGLIOLI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 mars 2022, la société civile immobilière MARESIAS, représentée par Me Caviglioli, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 29 octobre 2021 par lequel le maire de la commune

de Saint-Cyr-sur-Mer a refusé de lui délivrer un permis de construire, ensemble la décision

du 17 janvier 2022 portant rejet de son recours gracieux ;

2°) d'enjoindre à la commune de Saint-Cyr-sur-Mer de réexaminer sa demande, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Cyr-sur-Mer la somme de 3 600 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la hauteur des façades est et ouest ne saurait fonder une méconnaissance des dispositions de l'article UC 10 du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Cyr-sur-Mer à défaut, étant des murs pignons, de comprendre des égouts, conformément aux dispositions de l'article 8.6

des dispositions générales du plan local d'urbanisme ;

- la hauteur de la façade sud ne saurait fonder une méconnaissance des dispositions

de l'article UC 10 du plan local d'urbanisme dès lors que l'affouillement de 30cm ne l'est qu'au-delà de la terrasse ;

- la hauteur de la façade nord ne saurait fonder une méconnaissance des dispositions

de l'article UC 10 du plan local d'urbanisme dès lors que le décaissement de 30cm ne l'est qu'à

la limite de l'alignement avec les voies publiques ;

- la hauteur du garage ne méconnaît pas les dispositions de l'article UC 7 du plan local d'urbanisme.

Par un mémoire en défense enregistré le 9 janvier 2023, la commune de Saint-Cyr-sur-Mer, représentée par Me Marchesini, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la société requérante la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens sont infondés.

Par une ordonnance du 23 novembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 7 décembre 2023 à 12h00.

Un mémoire présenté par la société MARESIAS a été enregistré le 6 décembre 2023 sans être communiqué, en application des dispositions de l'article R. 611-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Martin, rapporteure,

- les conclusions de Mme Faucher, rapporteure publique,

- les observations de Me Haas, substituant Me Marchesini, représentant la commune

de Saint-Cyr-sur-Mer,

- la société requérante n'étant ni présente ni représentée.

Considérant ce qui suit :

1. La société civile immobilière MARESIAS est propriétaire d'une parcelle cadastrée section CE n° 204, située 29 boulevard des Pins à Saint-Cyr-sur-Mer. Le 25 juin 2021, elle a déposé auprès des services communaux un dossier de permis de construire en vue de la réhabilitation d'une maison existante tenant à la modification des façades, des toitures, à l'augmentation de la surface de plancher, à la modification des aménagements du terrain, de deux places de parking supplémentaires et un garage, ainsi que la création d'un bassin de rétention de 2,6 m3. Le maire de Saint-Cyr-sur-Mer a, par un arrêté du 29 octobre 2021, refusé le permis de construire sollicité. Par sa requête, la société MARESIAS demande l'annulation de cet arrêté, ensemble de la décision du 17 janvier 2022 portant rejet de son recours gracieux.

2. Une décision rejetant une demande d'autorisation d'urbanisme pour plusieurs motifs ne peut être annulée par le juge de l'excès de pouvoir à raison de son illégalité interne, réserve faite du détournement de pouvoir, que si chacun des motifs qui pourraient suffire à la justifier sont entachés d'illégalité. En outre, en application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme,

le tribunal administratif saisi doit, lorsqu'il annule une telle décision de refus, se prononcer sur l'ensemble des moyens de la demande qu'il estime susceptibles de fonder cette annulation, qu'ils portent d'ailleurs sur la légalité externe ou sur la légalité interne de la décision. En revanche, lorsqu'il juge que l'un ou certains seulement des motifs de la décision de refus en litige sont

de nature à la justifier légalement, le tribunal administratif peut rejeter la demande tendant à son annulation sans être tenu de se prononcer sur les moyens de cette demande qui ne se rapportent pas à la légalité de ces motifs de refus.

3. Aux termes de l'article UC 10 du plan local d'urbanisme de la commune

de Saint-Cyr-sur-Mer : " La hauteur maximale des constructions ne peut excéder 7m ".

Aux termes de l'article 8.6 des dispositions générales du plan local d'urbanisme : " La hauteur maximale des constructions est mesurée : / du point le plus bas de toutes les façades établies par rapport au niveau du sol avant travaux (naturel) ou du point le plus bas après travaux si le terrain est excavé ; () ".

4. Pour refuser le permis de construire sollicité par la société MARESIAS, le maire

de la commune de Saint-Cyr-sur-Mer s'est notamment fondé sur la méconnaissance

des dispositions de l'article UC 10 du plan local d'urbanisme à raison des hauteurs, nord, est, sud et ouest, dépassant 7 mètres.

5. D'une part, si la société MARESIAS soutient que la hauteur des façades ouest et est

ne saurait être comptabilisée dès lors que, s'agissant de murs pignons, elles ne disposent pas d'égouts, une telle circonstance n'est pas de nature à les soustraire à des règles de hauteurs, lesquelles s'apprécient alors à l'égout du toit de part et d'autre du mur pignon.

6. D'autre part, aux termes de l'article L. 421-9 du code de l'urbanisme : " Lorsqu'une construction est achevée depuis plus de dix ans, le refus de permis de construire ou la décision d'opposition à déclaration préalable ne peut être fondé sur l'irrégularité de la construction initiale au regard du droit de l'urbanisme. Les dispositions du premier alinéa ne sont pas applicables : () 5° Lorsque la construction a été réalisée sans qu'aucun permis de construire n'ait été obtenu alors que celui-ci était requis ; () ".

7. Si la société MARESIAS soutient que la hauteur de la façade sud ne saurait fonder un refus de permis de construire dès lors que, achevée depuis plus de 10 ans, elle bénéficie des dispositions de l'article L. 421-9 du code de l'urbanisme, il est constant que le permis de construire délivré en 1962 l'a été pour une toiture terrasse mais qu'a finalement été réalisée une toiture à deux pans inclinés, de sorte que la hauteur de la façade sud telle qu'elle existe n'a pas été autorisée dans le permis de 1962.

8. Enfin, si la société MARESIAS soutient que la hauteur de la façade nord ne doit pas être calculée avec un décaissement de 30cm dès lors que celui-ci ne l'est qu'à la limite de l'alignement avec les voies publiques et non à l'entrée du garage, une telle circonstance ne ressort pas des pièces du dossier, qui ne comprennent pas de relevé altimétrique.

9. Dans ces conditions, et alors qu'il ressort des pièces du dossier que l'ensemble des façades disposent d'une hauteur de 7,30 mètres, mesurée du point le plus bas tenant à l'excavation de 30 cm, au point le plus haut, tenant à l'égout du toit, le maire de Saint-Cyr-sur-Mer pouvait refuser le permis de construire en raison de sa méconnaissance aux dispositions de l'article UC 10 du plan local d'urbanisme. Par suite, le moyen doit être écarté.

10. Il résulte de ce qui précède que le maire de la commune de Saint-Cyr-sur-Mer était fondé à refuser le permis de construire pour le motif tiré de la méconnaissance de l'article UC 10 du plan local d'urbanisme. Or, le maire aurait pris la même décision s'il s'était fondé sur ce seul motif de nature à fonder légalement l'arrêté attaqué. Dans ces conditions, sans qu'il ne soit besoin de se prononcer sur les autres moyens, les conclusions à fin d'annulation de la requête de la société MARESIAS doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.

11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par la société MARESIAS au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens soit mise à la charge de la commune de Saint-Cyr-sur-Mer, qui n'a pas

la qualité de partie perdante dans la présente instance.

12. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la société MARESIAS la somme demandée par la commune de Saint-Cyr-sur-Mer au titre des frais exposés

par elle et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la société MARESIAS est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commune de Saint-Cyr-sur-Mer présentées sur le fondement

des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société civile immobilière MARESIAS et

à la commune de Saint-Cyr-sur-Mer.

Délibéré après l'audience du 22 novembre 2024 à laquelle siégeaient :

M. Sauton, président,

M. Quaglierini, premier conseiller,

Mme Martin, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2024.

La rapporteure,

signé

K. Martin

Le président,

signé

J.-F. Sauton

Le greffier,

signé

P. Bérenger

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Le greffier,

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