vendredi 18 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2200770 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | MASQUELIER CUERVO AARPI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 18 mars 2022 et le 5 janvier 2023, la SCI
la Pomponnette, représentée par Me Masquelier, demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération en date du 29 septembre 2020 par laquelle le conseil municipal de la commune d'Aups a abrogé la délibération du 19 juin 1898 octroyant des droits sur l'utilisation de l'eau de Vallauri, ensemble la décision du 25 janvier 2022 rejetant implicitement son recours gracieux en date du 25 novembre 2021 ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Aups une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la délibération contestée est illégale dès lors que :
- la délibération du 19 juin 1898 n'établit pas une gratuité de l'eau mais institue une contrepartie pour mettre fin à des litiges ;
- l'octroi de l'eau institué par la délibération du 19 juin 1898 ne peut pas être considéré comme de la production, du traitement, du transport ou de la distribution d'eau au profit d'usagers au sens de l'article L. 2224-7 du code général des collectivités territoriales ;
- ledit octroi a été appliqué depuis plus d'un siècle et la transaction n'a pas fait l'objet d'une résolution.
Par des mémoires en défense enregistrés le 24 octobre 2022 et le 22 mars 2023,
la commune d'Aups, représentée par Me Faure-Bonaccorsi, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la SCI la Pomponnette la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens invoqués sont infondés.
Par une ordonnance du 19 juin 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 3 juillet 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 4 octobre 2024 :
- le rapport de M. Quaglierini, rapporteur,
- les conclusions de Mme Faucher, rapporteure publique,
- et les observations de Me Faure-Bonaccorsi pour la commune d'Aups.
Considérant ce qui suit :
1. Par acte de vente du 16 septembre 2019, la SCI la Pomponnette a acquis la propriété d'un immeuble situé à Aups, auquel est attachée une servitude de droit d'eau décidée par le conseil municipal de la commune d'Aups par une délibération du 19 juin 1898. Par une délibération
du 30 septembre 2020, le conseil municipal d'Aups a approuvé l'abrogation de la délibération
du 19 juin 1898 précitée. Par un courrier du 25 novembre 2021, la SCI la Pomponnette a exercé un recours gracieux et, en l'absence de réponse de la commune d'Aups, une décision implicite de rejet est née le 25 janvier 2022. Par sa requête, l'intéressée demande l'annulation de ces deux décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 1102 du code civil : " Chacun est libre de contracter ou
de ne pas contracter, de choisir son cocontractant et de déterminer le contenu et la forme
du contrat dans les limites fixées par la loi. () ". Par ailleurs, selon les dispositions de l'article L. 2224-12-1 du code général des collectivités territoriales : " Toute fourniture d'eau potable, quel qu'en soit le bénéficiaire, fait l'objet d'une facturation au tarif applicable à la catégorie d'usagers correspondante. Les collectivités mentionnées à l'article L. 2224-12 sont tenues de mettre fin, avant le 1er janvier 2008, à toute disposition ou stipulation contraire. () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que, par une délibération du 19 juin 1898, le conseil municipal de la commune d'Aups a approuvé l'octroi d'un droit de 12m3 d'eau attaché à l'immeuble en cause dans l'objectif de régler des différends opposant la commune aux anciens propriétaires. Cette transaction, consistant en la fourniture gratuite d'eau potable au profit de la requérante, quand bien même elle aurait été exécutée pendant plus d'un siècle et n'aurait pas fait l'objet d'une résolution, est nécessairement devenue illégale à compter du 1er janvier 2008 et, ainsi, le conseil municipal était tenu d'abroger la délibération qui l'avait instituée conformément aux dispositions citées au point 2. La circonstance que l'octroi d'eau prévu par ladite délibération ne saurait être considéré comme la production, le traitement, le transport ou la distribution d'eau au profit d'usagers, au sens de l'article L. 2247-2 du code général des collectivités territoriales, est sans incidence sur la légalité de l'abrogation litigieuse dès lors que l'article L. 2224-12-1 du même code vise expressément " toute fourniture d'eau potable ".
4. Il résulte de ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à demander l'annulation de la délibération du conseil municipal d'Aups en date du 29 septembre 2020 et de la décision rejetant implicitement son recours gracieux.
Sur les frais liés à l'instance :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par la SCI la Pomponnette au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens soit mise à la charge de la commune d'Aups qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance.
6. Par ailleurs, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la SCI la Pomponnette la somme demandée par la commune d'Aups au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SCI la Pomponnette est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune d'Aups présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SCI la Pomponnette et à la commune d'Aups.
Délibéré après l'audience du 4 octobre 2024 à laquelle siégeaient :
M. Sauton, président,
M. Quaglierini, premier conseiller,
Mme Martin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2024.
Le rapporteur,
signé
B. Quaglierini
Le président,
signé
J.-F. Sauton
Le greffier,
signé
P. Bérenger
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier.
2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026