vendredi 6 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2200784 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 mars 2022, Mme E A épouse B doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler l'arrêté du 28 février 2022 par lequel le préfet du Var a rejeté sa demande de regroupement familial en faveur de sa fille.
Elle soutient que l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des articles L.434-7 et R.434-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle dispose d'un logement considéré comme normal pour une famille comparable vivant dans la même région géographique, et ce, depuis qu'elle réalisé les travaux de mise aux normes de sa cuisine, qui étaient en cours lors de la visite de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le 27 octobre 2021.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 février 2023, le préfet du Var conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire au rejet au fond de la requête.
Le préfet :
- fait valoir l'absence de moyens à l'appui de la requête ;
- subsidiairement, conteste le moyen invoqué.
Par une ordonnance du 18 juillet 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 22 août 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La rapporteure publique ayant été, sur sa proposition, dispensée de prononcer ses conclusions à l'audience.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 22 novembre 2024, le rapport de M. Sauton, en l'absence des parties.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A épouse B, ressortissante ivoirienne née en 1980, a sollicité le 23 juin 2020 une demande de regroupement familial en faveur de sa fille Mlle C A de nationalité ivoirienne. Par une décision du 28 février 2022, le préfet du Var a rejeté sa demande de regroupement familial, au motif en particulier que la requérante ne dispose pas d'un logement considéré comme normal et conforme aux règles de confort et de salubrité. L'intéressée sollicite l'annulation de cet arrêté.
2. Aux termes de l'article L. 434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui en fait la demande est autorisé à être rejoint au titre du regroupement familial s'il remplit les conditions suivantes : / 1° Il justifie de ressources stables et suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille ; / 2° Il dispose ou disposera à la date d'arrivée de sa famille en France d'un logement considéré comme normal pour une famille comparable vivant dans la même région géographique ; () ". Anaux termes de l'article R. 434-5 du même code : " Pour l'application du 2° de l'article L. 434-7, est considéré comme normal un logement qui : () / 2° Satisfait aux conditions de salubrité et d'équipement fixées aux articles 2 et 3 du décret n° 2002-120 du 30 janvier 2002 relatif aux caractéristiques du logement décent pris pour l'application de l'article 187 de la loi n° 2000-1208 du 13 décembre 2000 relative à la solidarité et au renouvellement urbain () ". Aux termes de l'article 2 du décret du 30 janvier 2002 relatif aux caractéristiques du logement décent pris pour l'application de l'article 187 de la loi n° 2000-1208 du 13 décembre 2000 relative à la solidarité et au renouvellement urbains : " Le logement doit satisfaire aux conditions suivantes, au regard de la sécurité physique et de la santé des locataires : 1° Il assure le clos et le couvert. Le gros œuvre du logement et de ses accès est en bon état d'entretien et de solidité et protège les locaux contre les eaux de ruissellement et les remontées d'eau. Les menuiseries extérieures et la couverture avec ses raccords et accessoires assurent la protection contre les infiltrations d'eau dans l'habitation. () 6° Le logement permet une aération suffisante. Les dispositifs d'ouverture et les éventuels dispositifs de ventilation des logements sont en bon état et permettent un renouvellement de l'air et une évacuation de l'humidité adaptés aux besoins d'une occupation normale du logement et au fonctionnement des équipements ; () "
3. Pour rejeter la demande de regroupement familial déposée par Mme A épouse B, le préfet du Var s'est fondé sur la circonstance, en particulier, que son logement ne répond pas aux normes de salubrité dans la mesure où la cuisine est en rénovation. Il ressort des pièces du dossier que le logement de la requérante a fait l'objet de deux enquêtes de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, qui a constaté, à son second passage, l'installation d'une VMC dans la cuisine mais que des travaux de rénovation du plafond de ladite cuisine, en cours, rendaient toujours le logement non-conforme. Si Mme A épouse B soutient que les étais supportant provisoirement le plafond de la cuisine ont été enlevés et que les travaux de rénovation sont terminés, l'intéressée n'apporte cependant aucun élément permettant d'apprécier qu'à la date de la décision attaquée, elle avait procédé à des travaux qui permettraient de considérer le logement comme conforme et salubre. Dans ces conditions, Mme A épouse B n'est pas fondée à soutenir que le préfet du Var aurait commis une erreur d'appréciation quant à la conformité et la qualité de son logement.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de la requête, que Mme A épouse B n'est pas fondée à solliciter l'annulation de l'arrêté du 28 février 2022.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme A épouse B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D et au préfet du Var.
Copie en sera adressée à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 22 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Sauton, président,
M. Quaglierini, premier conseiller,
Mme Martin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2024.
Le président-rapporteur,
Signé
JF. SAUTON
L'assesseur le plus ancien,
Signé
B. QUAGLIERINI
La greffière,
Signé
B. BALLESTRACCI
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier
N°2200784
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