lundi 10 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2200791 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | CASANOVA - MAINGOURD - THAI THONG |
Vu la procédure suivante : Par une requête adressée au tribunal administratif de Nice le 21 mars 2021, dont le dossier a été transmis au tribunal administratif de Toulon le 22 mars 2022, et un mémoire enregistré le 22 mars 2022, la société Eiffage construction Sud Est venant aux droits de la société Eiffage construction Côte d'Azur, représentée par la SCP Delage-Dan-Larribeau-Renaudot, agissant par Me Dan, demande au tribunal : 1°) à titre principal, d'annuler l'ordonnance de la présidente du tribunal administratif de Nice du 22 février 2022, en tant qu'elle " taxe " partiellement les frais d'expertise-judiciaire de M. A B de 149 496 euros toutes taxes comprises (TTC) à sa charge à hauteur de la somme de 49 832 euros toutes taxes comprises (TTC ; 2°) à titre subsidiaire, de mettre à la charge de la société THEA, du cabinet Pierrot et de la SCI Esterel Tanneron les frais d'expertise judiciaire ; 3°) de mettre à la charge de chacune des parties les frais de la présente instance. Elle soutient que : - l'ordonnance est entachée d'erreur de droit dès lors que les frais et honoraires doivent être supportés par la SCI Saint-Joseph qui est à l'origine de la demande d'expertise-judiciaire ; - elle est insuffisamment motivée en fait et en droit ; - elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que le rapport de l'expert ne permet pas de mettre un tiers des frais et honoraires de ses investigations à sa charge et qu'il retient clairement la responsabilité de la société Thea intervenue sous la maîtrise d'œuvre du cabinet Pierrot et la maîtrise d'ouvrage de la SCI Esterel Tanneron dans l'apparition des désordres. Par un mémoire en défense, enregistré le 8 juin 2022, la présidente du tribunal administratif de Nice s'en remet à la sagesse du tribunal. Par un mémoire en défense enregistré le 20 juin 2022, l'Office public de l'habitat de Cannes Pays de Lérins, représenté par la SCP Lyon-Caen-Thiriez, conclut au rejet de la requête. Par un mémoire en défense enregistré le 26 janvier 2024, la Selarl Pythagore (anciennement dénommée Cabinet d'Etudes et Projets David Pierrot), représentée par la Société Civile d'Avocats Casanova- Maingourd Thai Thong, agissant par Me Maingourd, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de la société Eiffage construction Sud Est d'une somme de 3 000 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier. Vu : - l'arrête du président de la section du contentieux du Conseil d'État du 22 avril 2010 établissant le tableau d'attribution en application de l'article R. 761-5 du code de justice administrative ; - le code de justice administrative. Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique : - le rapport de M. Karbal, rapporteur, - les conclusions de M. Kiecken, rapporteur public, - et les observations de Me Lawson-Chocro substituant Me Dan représentant la société Eiffage construction Sud Est. Considérant ce qui suit : 1. Il résulte de l'instruction que, par une ordonnance en date du 28 novembre 2017, le juge des référés a, sur la requête n° 1702021 présentée par la SCI Saint Joseph, ordonné une expertise confiée à M. A B afin de se prononcer sur les désordres qui affectent ou ont affecté ses biens immobiliers, survenus après l'effondrement d'une partie de la colline jouxtant le domaine et les glissements de terrain intervenus en février 2014, au contradictoire et en présence de la commune de Cannes, de l'office public de l'habitat Cannes pays de Lérins, et des sociétés Domoréal et Eiffage construction Côte d'Azur. Par une requête n°1801058, la société Eiffage construction Côte d'Azur a demandé au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article R 532-3 du code de justice administrative, d'étendre les opérations d'expertises visées ci-dessus à la société Sol essais, à l'Assurance Axa France Iard, à Ginger CEBTP, à la SA SMA, à la société Alpes contrôle, à C+B architectes, à la Mutuelle des Architectes Français, à la société EGSC, à la SMABTP, à la société Enatra Fondations, à la compagnie Générali Iard, à la société Enatra, à la Sci Esterel Tanneron, au cabinet Orselli, à la CEP David Pierrot, à l'entreprise Sas Rolando, à la SAS Apave Sud Europe, à l'entreprise Thea, à la société Dynamic concept, à la société MGE SURF, à la compagnie d'assurance Acte Iard et à la société Etablissements Keller. M. A B, expert, a déposé son rapport au greffe le 22 octobre 2021. 2. Par la décision attaquée du 22 février 2022, la présidente du tribunal administratif de Nice a liquidé et taxé à la somme de 149 496 196 euros TTC les frais de cette expertise (41 990 euros HT au titre des honoraires et 82 593,33 HT euros au titre des frais et débours). En outre, elle a mis ces frais et honoraires à la charge conjointe de la SCI Saint Joseph, de l'Office Public de l'Habitat Cannes et Rive droite du Var et de la société Eiffage Construction Côte d'Azur. 3. La présente requête a été adressée au tribunal administratif de Nice par voie électronique au moyen de l'application Télérecours. Elle a été transmise au tribunal administratif de Toulon en application des dispositions de l'article R. 351-3, alinéa 1er, du code de justice administrative, que la présidente du tribunal administratif de Nice a estimé applicables au présent litige dans son ordonnance de transmission du dossier du 22 mars 2022. Sur les conclusions de la requête à fin d'annulation : 4. Eu égard aux termes de ses écritures, la société Eiffage construction Sud Est doit être regardée comme demandant l'annulation de la décision attaquée, en tant qu'elle liquide et taxe les honoraires de l'expert à la somme de 49 832 euros TTC. En ce qui concerne le cadre juridique du litige : 5. D'une part, l'article R. 621-11 du code de justice administrative prévoit : " Les experts et sapiteurs mentionnés à l'article R. 621-2 ont droit à des honoraires, sans préjudice du remboursement des frais et débours. / Chacun d'eux joint au rapport un état de ses vacations, frais et débours. / Dans les honoraires sont comprises toutes sommes allouées pour étude du dossier, frais de mise au net du rapport, dépôt du rapport et, d'une manière générale, tout travail personnellement fourni par l'expert ou le sapiteur et toute démarche faite par lui en vue de l'accomplissement de sa mission. / Le président de la juridiction, après consultation du président de la formation de jugement, () fixe par ordonnance, conformément aux dispositions de l'article R. 761-4, les honoraires en tenant compte des difficultés des opérations, de l'importance, de l'utilité et de la nature du travail fourni par l'expert ou le sapiteur et des diligences mises en œuvre pour respecter le délai mentionné à l'article R. 621-2. Il arrête sur justificatifs le montant des frais et débours qui seront remboursés à l'expert. () ". L'article R. 621-13, alinéa 1er, du même code prévoit : " Lorsque l'expertise a été ordonnée sur le fondement du titre III du livre V, le président du tribunal (), après consultation, le cas échéant, du magistrat délégué, () en fixe les frais et honoraires par une ordonnance prise conformément aux dispositions des articles R. 621-11 et R. 761-4. Cette ordonnance désigne la ou les parties qui assumeront la charge de ces frais et honoraires. Elle est exécutoire dès son prononcé, et peut être recouvrée contre les personnes privées ou publiques par les voies de droit commun. Elle peut faire l'objet, dans le délai d'un mois à compter de sa notification, du recours prévu à l'article R. 761-5. " 6. D'autre part, l'article R. 761-4, alinéa 1er, du code de justice administrative prévoit : " La liquidation des dépens, y compris celle des frais et honoraires d'expertise définis à l'article R. 621-11, est faite par ordonnance du président de la juridiction, après consultation (), en cas de référé ou de constat, du magistrat délégué ". L'article R. 761-5 du même code prévoit : " Les parties () ainsi que, le cas échéant, l'expert, peuvent contester l'ordonnance mentionnée à l'article R. 761-4 devant la juridiction à laquelle appartient l'auteur de l'ordonnance. / () la requête est transmise sans délai par le président de la juridiction à un tribunal administratif conformément à un tableau d'attribution arrêté par le président de la section du contentieux. / Le président de la juridiction à laquelle appartient l'auteur de l'ordonnance () est appelé à présenter des observations écrites sur les mérites du recours. / Le recours mentionné au précédent alinéa est exercé dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance sans attendre l'intervention de la décision par laquelle la charge des frais est attribuée. " 7. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient au juge, se prononçant en application de l'article R. 761-5 du code de justice administrative sur le montant des sommes allouées aux experts et sapiteurs, de vérifier, au regard de l'article R. 621-11 du même code, la nature des travaux effectivement réalisés et de s'assurer que les honoraires visant à les rémunérer ainsi que le remboursement des frais et débours auxquels ils donnent droit sont fixés en fonction de leur difficulté, de leur importance et de leur utilité. 8. Il n'appartient pas au juge de se prononcer sur l'utilité même de l'expertise ni sur la régularité des opérations d'expertise mais il lui incombe, dans l'appréciation portée sur l'utilité et la nature du travail fourni par l'expert, de prendre en considération, le cas échéant, les décisions juridictionnelles rendues sur une action en récusation de l'expert ou statuant au fond sur le litige ayant donné lieu à l'expertise. Il ne résulte toutefois pas de l'instruction que de telles décisions juridictionnelles auraient été rendues en l'espèce. Sur les conclusions contestant l'ordonnance de taxation : 9. En premier lieu, un recours tendant à la contestation de l'ordonnance de taxation susceptible d'être introduit en application des dispositions précitées de l'article R. 761-5 du code de justice administrative est un recours de plein contentieux par lequel le juge détermine les droits à rémunération de l'expert ainsi que les parties devant supporter la charge de cette rémunération. Il en résulte que la requérante ne peut utilement invoquer, pour contester le montant des frais et honoraires de l'expertise arrêtés par l'ordonnance attaquée, une irrégularité procédurale qui l'affecterait tenant notamment à ce que les parties auraient dû être mises en mesure de présenter leurs observations avant son édiction. Au surplus, aucune disposition législative ou réglementaire n'impose de recueillir les observations des parties préalablement à l'établissement de l'ordonnance de taxation. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation ne peut qu'être écarté comme étant inopérant. 10. En dernier lieu, Il n'appartient pas au président de juridiction, taxant et liquidant les frais d'une expertise par décision administrative sur le fondement de l'article R. 621-11 du code de justice administrative, ni au juge saisi d'un recours de plein contentieux contre cette ordonnance, de se prononcer sur la régularité des opérations de l'expertise mais uniquement de vérifier la nature des travaux effectivement réalisés en s'assurant que les honoraires visant à les rémunérer ainsi que le remboursement des frais et débours auxquels ils donnent droit sont fixés en fonction de leur difficulté, de leur importance et de leur utilité. Le recours dont l'ordonnance de taxation du président du tribunal administratif de Nice du 22 février 2022 est ici l'objet en application des dispositions de l'article R. 761-5 du code de justice administrative est un recours de plein contentieux par lequel le juge détermine les droits à rémunération de l'expert ainsi que les parties devant supporter la charge de cette rémunération. Par suite, la société Eiffage Construction Sud Est ne peut utilement invoquer, pour contester le montant et la mise à sa charge des frais et honoraires de l'expertise arrêtés par l'ordonnance, le fait que cette ordonnance serait intervenue alors même que le litige au fond n'a pas été tranché ne permettant pas d'établir les responsabilités des parties ayant participé à ses opérations. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté comme étant inopérant. 11. Il résulte de ce qui précède que la société Eiffage Construction Sud Est n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision attaquée, en tant qu'elle liquide et taxe partiellement les honoraires de l'expert à la somme de 149 496 euros toutes taxes comprises (TTC) à sa charge à hauteur de la somme de 49 832 euros toutes taxes comprises (TTC). Ces conclusions doivent dès lors être rejetées. Sur les frais liés au litige : 12. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la société Eiffage Construction Sud Est la somme demandée par la Selarl Pythagore (anciennement dénommée Cabinet d'Etudes et Projets David Pierrot), au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. D É C I D E :Article 1er : La requête de la société Eiffage Construction Sud Est est rejetée.Article 2 : Les conclusions présentées par la Selarl Pythagore (anciennement dénommée Cabinet d'Etudes et Projets David Pierrot) sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Eiffage Construction Sud Est, à la présidente du tribunal administratif de Nice, à l'Office public de l'habitat de Cannes Pays de Lérins et à la Selarl Pythagore (anciennement dénommée Cabinet d'Etudes et Projets David Pierrot). Délibéré après l'audience du 16 janvier 2025, à laquelle siégeaient :M. Philippe Harang, président, M. Zouhaïr Karbal, conseiller,M. David Helayel, conseiller. Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 février 2025.Le rapporteur,SignéZ. KARBAL Le président, Signé Ph. HARANGLa greffière,SignéF. POUPLY La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.Pour expédition conforme,La greffière,2N° 2200791
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026