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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2200801

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2200801

jeudi 26 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2200801
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantNORMAND & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 21 mars 2022, M. G et Mme E A agissant en leurs noms propres et en qualité de représentants légaux de leur enfant, F G A, représentés par Me CARLHIAN Jenny, demandent au tribunal, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative de désigner un expert chargé de procéder à l'évaluation des préjudices subis et déterminer les responsabilités encourues du fait notamment du retard dans la prise en charge de l'enfant ainsi que l'erreur de diagnostic initial.

Ils soutiennent que cette expertise est nécessaire ; elle doit permettre d'évaluer les dommages subis ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 31 mars 2022, le Centre hospitalier intercommunal de Fréjus Saint-Raphaël conclut à ce que :

- il lui soit donné acte de ce qu'il conteste sa responsabilité.

- il lui soit néanmoins donné acte de ce qu'il ne s'oppose pas à la mesure d'expertise sollicitée.

- l'expert qui sera désigné devra être spécialisé en matière pédiatrie.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code de justice administrative.

La présidente du Tribunal a désigné Mme Harang, président de la 3ème chambre, pour statuer sur les demandes de référé.

1.Considérant qu'aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () " ; que si le juge des référés n'est pas saisi du principal, l'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il lui est demandé d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, relevant lui-même de la compétence de la juridiction à laquelle ce juge appartient, et auquel cette mesure est susceptible de se rattacher ;

2.Considérant que les mesures d'expertise demandées par les requérants entrent dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative ; qu'il a lieu de faire droit à sa demande et de fixer la mission des experts comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance ;

O R D O N N E :

Article 1er : Un collège d'experts composé du docteur H C, demeurant à l'Hôpital Femme Mère Enfant, 59 boulevard Pinel à Bron cedex (69677), spécialisé en neurochirurgie pédiatrique, et du docteur B D, demeurant à l'Hôpital Femme Mère Enfant, 59 boulevard Pinel à Bron cedex (69677), urgentiste, est désigné en qualité d'expert. Le collège aura pour mission de :

1. se faire communiquer tous documents relatifs à l'état de santé de Mademoiselle F G A, notamment tous les documents relatifs au suivi médical, aux actes de soins, et aux diagnostics pratiqués sur elle lors de ses prises en charge par le Centre Hospitalier Intercommunal de Fréjus/Saint-Raphaël et les Hôpitaux pédiatrique de Nice CHU-Lenval situé à Nice ;

2. convoquer et entendre les parties et tous sachants ;

3. procéder à l'examen sur pièces du dossier médical de Mademoiselle F G ainsi qu'éventuellement à son examen clinique ;

4. décrire l'état de santé de F G A et les soins et prescriptions antérieurs à son admission au Centre Hospitalier Intercommunal de Fréjus/Saint-Raphaël et les Hôpitaux pédiatrique de Nice CHU-Lenval situé à Nice, les conditions dans lesquelles elle a été prise en charge et soignée ;

5. donner son avis sur le point de savoir si les diagnostics établis et les traitements, interventions et soins prodigués et leur suivi ont été consciencieux, attentifs, diligents et conformes aux données acquises de la science, et s'ils étaient adaptés à l'état de F G A et aux symptômes qu'elle présentait ;

6. donner son avis sur le respect du protocole pédiatrique des urgences en cas de déficit moteur non traumatique de l'enfant ;

7. de manière générale, réunir tous les éléments devant permettre de déterminer si des fautes médicales, des fautes de soins ou des fautes dans l'organisation des services ont été commises lors de la prise en charge de F G A ;

8. rechercher si les diligences nécessaires pour l'établissement d'un diagnostic exact ont été mises en œuvre, notamment en ce qui concerne la prise en charge en cas de déficit moteur de l'enfant aux urgences ;

9. décrire les préjudices physiques, moraux et pour sa future scolarité qui sont subis par F G A ;

10. donner son avis sur le point de savoir si les préjudices constatés ont un rapport avec l'état initial de F G A, ou l'évolution prévisible de cet état et, le cas échéant, déterminer la part du préjudice présentant un lien de causalité direct, certain et exclusif avec un manquement reproché aux établissements, en excluant la part des séquelles à mettre en relation avec la pathologie initiale, son évolution ou toute autre cause extérieure ;

11. donner son avis sur l'ampleur (pourcentage) de la chance perdue par F G A de voir son état de santé s'améliorer durablement ou d'éviter de le voir se dégrader en raison de ces manquements éventuels ;

12. indiquer à quelle date l'état de F G A peut être considéré comme consolidé ; dans le cas où cet état ne serait pas encore consolidé, indiquer, si dès à présent, une incapacité permanente partielle est prévisible et en évaluer l'importance ;

13. dire si l'état de F G A est susceptible de modification en amélioration ou en aggravation ; dans l'affirmative, fournir toutes précisions utiles sur cette évolution, sur son degré de probabilité et dans le cas où un nouvel examen serait nécessaire, mentionner dans quel délai ;

14. donner son avis sur l'existence éventuelle de préjudices annexes (souffrances endurées, pretium doloris, préjudice esthétique, préjudice d'agrément spécifique, préjudice psychologique et séquelles éventuelles sur le plan psychologique) ;

15. donner son avis sur la répercussion de l'incapacité médicalement constaté sur la vie personnelle de F G A, ainsi que sur la vie personnelle et professionnelle de ses parents ;

16. Plus généralement, éclairer le Tribunal afin que celui-ci puisse évaluer les préjudices subis par F G A.

Article 2 : Le collège d'experts accomplira ses missions dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.

Article 3 : L'expertise aura lieu en présence de M. G, Mme A, le Centre hospitalier intercommunal de Fréjus st Raphael, les Hôpitaux pédiatriques de Nice CHU-Lenval et la Caisse primaire d'assurance maladie du var.

Article 4 : Le collège d'experts avertira les parties conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative.

Article 5 : Le collège d'experts déposera ses rapports au greffe en deux exemplaires dans le délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Des copies seront notifiées par l'expert aux parties intéressées. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique. L'expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par les parties.

Article 6 : Les frais et honoraires dus aux experts seront taxés ultérieurement par ordonnance de la présidente du tribunal qui désignera la ou les parties qui en assumeront la charge conformément à l'article R. 621-11 du code susvisé.

Article 7 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 8 : Le présent jugement sera notifié à M. G, à Mme A, au Centre hospitalier intercommunal de Fréjus st Raphael, aux Hôpitaux pédiatriques de Nice CHU-Lenval, à la Caisse primaire d'assurance maladie du var, au docteur H C et au docteur B D.

Fait à Toulon, le 26 octobre 2023.

Le juge des référés,

signé

P. HARANG

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière.

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