vendredi 4 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2200804 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCHRECK SCP |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 mars 2022 et un mémoire enregistré le 6 décembre 2023, M. et Mme C B, représentés par Me Mendes Constante, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite, acquise le 5 mars 2022, par laquelle le maire de la commune du Plan-de-la-Tour a refusé d'abroger sa précédente décision du 12 octobre 2009 par laquelle il avait refusé de leur délivrer un permis de construire en vue de la réfection des toitures, changement des menuiseries extérieures d'une habitation existante, aménagement intérieur pour accessibilité aux personnes à mobilité réduite (ascenseur, porche d'entrée et terrasse couverte, dégagement avec pente douce d'accessibilité) et création de garage, chaufferie et terrasse couverte sur la partie Est de l'habitation (298 m² A), sur un terrain situé domaine de l'Ave Maria lieu-dit quartier St Pierre les Prés d'Icard, sur le territoire de cette commune ;
2°) d'enjoindre à la commune du Plan de la Tour d'abroger l'arrêté du 12 octobre 2009 notifié le 8 mars 2010, à compter du 4 janvier 2022, dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir, et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune du Plan-de-la-Tour une somme de 2 000 euros à leur verser sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le refus de permis de construire qui leur a été opposé constitue un acte non réglementaire et non créateur de droits, il est entaché d'une illégalité manifeste et devait être abrogé par application de l'article L. 243-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- cet arrêté est devenu illégal en raison de circonstances de fait et de droit survenues postérieurement ; faute de notification régulière à l'expiration du délai d'instruction de la demande déposée le 5 octobre 2009, ils étaient titulaires d'un permis tacite, ce que le tribunal a constaté
dans son jugement du 22 décembre 2011 ainsi que la cour administrative d'appel dans son arrêt
du 13 janvier 2015 ; l'arrêté du 12 octobre 2009 notifié postérieurement au 6 décembre 2009 valait ainsi retrait du permis tacite ; ce retrait n'a pas été précédé de la procédure contradictoire requise en vertu de l'article 24 de la loi du 12 avril 2000 alors en vigueur ; en outre, il est intervenu après l'expiration du délai de 3 mois au terme duquel le permis tacite a acquis un caractère définitif ; ainsi, la commune était-elle tenue, par les termes de l'article L. 243-2 du CRPA, d'abroger l'arrêté du 12 octobre 2009.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 janvier 2023, la commune du Plan-de-la-Tour, agissant par son maire en exercice et représentée par la SCP Schreck par Me Schreck, conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge des requérants une somme de 8 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que la requête est irrecevable et que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 7 décembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 7 janvier 2024 à 12 heures, par application de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.
Une note en délibéré présentée pour les requérants a été enregistrée le 23 septembre 2024.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bonmati ;
- les conclusions de Mme Faucher, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Daïmallah, substituant Me Mendes Constante, pour les requérants, la commune du Plan-de-la-Tour n'étant pas représentée.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, M. et Mme B demandent l'annulation de la décision implicite, acquise le 5 mars 2022, par laquelle le maire de la commune du Plan-de-la-Tour a refusé d'abroger son arrêté du 12 octobre 2009 par lequel il avait refusé de leur délivrer un permis de construire en vue de la réfection des toitures, changement des menuiseries extérieures d'une habitation existante, aménagement intérieur pour accessibilité aux personnes à mobilité réduite (ascenseur, porche d'entrée et terrasse couverte, dégagement avec pente douce d'accessibilité) et création de garage, chaufferie et terrasse couverte sur la partie Est de l'habitation (298 m² A), sur un terrain situé domaine de l'Ave Maria lieu-dit quartier St Pierre les Prés d'Icard, sur le territoire de cette commune.
2. Aux termes de l'article L. 243-2 du code des relations entre le public et
l'administration : " () L'administration est tenue d'abroger expressément un acte non réglementaire non créateur de droits devenu illégal ou sans objet en raison de circonstances de droit ou de fait postérieures à son édiction, sauf à ce que l'illégalité ait cessé. ". Ainsi, l'autorité administrative compétente, saisie par une personne intéressée d'une demande en ce sens, n'est tenue de procéder à l'abrogation d'une décision non réglementaire qui n'a pas créé de droits, telle qu'en l'espèce, une décision de refus de permis de construire, que si cette décision est devenue illégale à la suite de changements dans les circonstances de droit ou de fait intervenus postérieurement à son édiction.
3. Pour demander l'annulation de la décision implicite contestée portant refus d'abrogation, les requérants font valoir que, postérieurement à l'édiction de l'arrêté du 12 octobre 2009, dont il ressort du dossier qu'il ne leur a été notifié que le 8 mars 2010, ils étaient titulaires d'un permis de construire tacitement acquis le 5 décembre 2009 et que l'arrêté du 12 octobre 2009, qui doit alors être regardé comme valant retrait de ce permis tacite, est entaché d'illégalité
d'une part, comme n'ayant pas été précédé d'une procédure contradictoire, d'autre part, comme étant intervenu à une date à laquelle le permis tacite était devenu définitif et ne pouvait plus être retiré. Ils soutiennent ainsi que l'arrêté du 12 octobre 2009 étant devenu illégal à raison de ces circonstances, intervenues postérieurement à son édiction, le maire était tenu par les principes et dispositions ci-dessus énoncés, d'en prononcer l'abrogation.
4. Toutefois, il est constant qu'à la date de son édiction, le 12 octobre 2009, l'arrêté
en litige revêtait le caractère d'un refus de permis de construire. Cet arrêté n'a acquis celui d'un retrait d'un permis tacite qu'à la date, nécessairement postérieure à la survenue de ce permis tacite, à laquelle il a été notifié, soit en l'espèce, le 8 mars 2010. Ainsi, les vices de légalité invoqués, explicitement dirigés contre cet arrêté, non pas en ce qu'il refuse le permis de construire, mais en ce qu'il retire le permis tacite, ne procèdent pas du changement allégué dans les circonstances de droit ou de fait, postérieur à son édiction que constituerait la survenue de ce permis tacite, le 5 décembre 2009, mais, dès lors qu'ils tiennent à l'irrégularité de la procédure préalable au retrait et à
la tardiveté de ce retrait, ne peuvent être regardés que comme des illégalités qui l'affectent depuis son origine, laquelle, au cas particulier, correspond à sa notification, en l'espèce le 8 mars 2010, date à partir de laquelle l'arrêté en litige, présentant alors le caractère d'une décision de retrait, est devenu illégal. Il s'ensuit que, contrairement à ce qui est soutenu, le maire du Plan-de-la-Tour n'était pas tenu de prononcer l'abrogation de l'arrêté du 12 octobre 2009, lequel est, en outre, devenu définitif en l'absence de tout recours contentieux dans le délai qui a couru à compter de sa notification, le 8 mars 2010.
5. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit nécessaire de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, la requête de M. et Mme B doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte.
Sur les frais relatifs au litige :
6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune du Plan-de-la-Tour tendant à l'application de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. et Mme C B et à la commune du Plan-de-la-Tour.
Délibéré après l'audience du 20 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Sauton, président,
Mme Martin, conseillère,
Mme Bonmati, magistrate honoraire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2024.
La rapporteure,
signé
D. Bonmati
Le président,
signé
J.F. Sauton
Le greffier,
signé
P. Bérenger
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,
Le greffier.
N°2200804
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026