lundi 7 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2200865 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | PLENOT - SUARES - BLANCO - ORLANDINI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 mars 2022, la société civile immobilière (SCI) Rayan et M. A B, représentés par Me Orlandini, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 janvier 2022 par lequel le maire des Arcs-sur-Argens s'est opposé à la déclaration préalable de la SCI Rayan tendant au ravalement des façades, à la modification d'ouvertures et à la pose de menuiseries extérieures et de volets blancs sur une construction implantée sur les parcelles cadastrées section D n° 424, 1840 et 1846, situées 78 boulevard de la Liberté sur le territoire communal ;
2°) d'enjoindre à la commune des Arcs-sur-Argens de délivrer l'arrêté de non-opposition sollicité, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune des Arcs-sur-Argens une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence de son auteur ;
- il est entaché d'erreur de droit et méconnaît les dispositions du f de l'article R. 421-17 du code de l'urbanisme ; la construction a été réalisée conformément au permis de construire délivré le 13 décembre 2011 ; au 16 septembre 2021, date de l'arrêté du maire constatant la caducité de ce permis, l'état d'avancement des travaux était suffisant pour considérer la construction comme existante, bien qu'inachevée ; les travaux déclarés, se limitant à la pose des huisseries et au ravalement des façades, ne créent pas de surface de plancher et, par suite, ne relèvent pas du champ d'application du permis de construire ;
- à supposer que la stratégie de rachat du foncier mise en place entre la commune et l'établissement public foncier de Provence-Alpes-Côte d'Azur en vue de la requalification du quartier ne soit pas étrangère à l'arrêté attaqué, celui-ci procède d'un détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 février 2023, la commune des Arcs-sur-Argens, représentée par Me Campolo, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 4 000 euros soit mise à la charge des requérants sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable : M. B, qui n'est pas le destinataire de l'arrêté attaqué, n'a pas intérêt pour agir ; il n'est pas justifié que le représentant déclaré par la SCI Rayan aurait qualité pour agir au nom de celle-ci ;
- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- la circulaire du 3 février 2012 relative au respect des modalités de calcul de la surface de plancher des constructions définie par le livre I du code de l'urbanisme (NOR : DEVL1202266C) ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 16 septembre 2024 :
- le rapport de M. Cros ;
- les conclusions de Mme Duran-Gottschalk, rapporteure publique ;
- les observations de Me Orlandini pour la SCI Rayan et M. B ;
- et celles de Me Baudino pour la commune des Arcs-sur-Argens.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 13 décembre 2011, le maire des Arcs-sur-Argens a délivré un permis de construire à M. B afin de restructurer et surélever une construction existante en R+1 à usage d'entrepôt, pour la transformer en immeuble d'habitation en R+3 comprenant neuf logements, emportant la création d'une surface hors œuvre nette (SHON) de 279 m², sur une unité foncière d'une superficie de 281 m², sise 78 boulevard de la Liberté sur le territoire communal et constituée des parcelles cadastrées section D n° 424, 1840 et 1846. Le 31 mai 2012, la SCI Rayan, dont le gérant est M. B, a acquis cette unité foncière. Par un arrêté du 16 septembre 2021, rectifié pour erreur matérielle le 24 janvier 2022, le maire des Arcs-sur-Argens a constaté la caducité du permis de construire précité, en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article R. 424-17 du code de l'urbanisme, au motif que les travaux avaient été interrompus pendant un délai supérieur à une année, en l'occurrence entre le 10 octobre 2018 et le 22 juillet 2021. Par un jugement n° 2103504 rendu le 14 mai 2024, le tribunal de céans a rejeté le recours en annulation formé par M. B contre cet arrêté de constat de caducité du permis de construire et la décision rejetant son recours gracieux. La SCI Rayan a déposé le 22 novembre 2021 une déclaration préalable, complétée le 29 décembre suivant, ayant un triple objet consistant à ravaler les façades, à modifier certaines ouvertures et à poser des menuiseries extérieures et des volets. Par un arrêté du 27 janvier 2022, le maire des Arcs-sur-Argens s'est opposé à cette déclaration préalable. La SCI Rayan et M. B demandent l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité externe :
2. Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable à l'espèce : " L'autorité compétente () pour se prononcer sur un projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est : / Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme () ". Selon l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints () ". Aux termes de l'article L. 2131-1 du même code : " Les actes pris par les autorités communales sont exécutoires de plein droit dès qu'il a été procédé à leur publication ou affichage () ainsi qu'à leur transmission au représentant de l'Etat dans le département ou à son délégué dans l'arrondissement. () / Le maire peut certifier, sous sa responsabilité, le caractère exécutoire de ces actes () ". L'article L. 2131-2 de ce code précise que : " Sont soumis aux dispositions de l'article L. 2131-1 les actes suivants : / () 3° Les actes à caractère réglementaire pris par les autorités communales dans tous les autres domaines qui relèvent de leur compétence en application de la loi () ".
3. L'arrêté attaqué a été signé par Mme C D, adjoint au maire des Arcs-sur-Argens, qui avait reçu de ce dernier, par un arrêté du 9 juillet 2020, délégation de fonctions en matière d'urbanisme, l'autorisant notamment à signer les décisions de non-opposition aux déclarations préalables. Cette délégation, qui a été transmise à la préfecture du Var le 10 juillet 2020 et affichée le 11 août suivant, était exécutoire à la date de l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait.
En ce qui concerne la légalité interne :
4. L'arrêté attaqué repose sur un seul motif tiré de ce que les travaux projetés relèvent du permis de construire et non d'une simple déclaration préalable.
5. En premier lieu, aux termes de l'article R. 421-13 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable en l'espèce : " Les travaux exécutés sur des constructions existantes sont dispensés de toute formalité au titre du code de l'urbanisme à l'exception : / a) Des travaux mentionnés aux articles R. 421-14 à R. 421-16, qui sont soumis à permis de construire ; / b) Des travaux mentionnés à l'article R. 421-17, qui doivent faire l'objet d'une déclaration préalable () ". Selon l'article R. 421-14 de ce code : " Sont soumis à permis de construire les travaux suivants, exécutés sur des constructions existantes, à l'exception des travaux d'entretien ou de réparations ordinaires : / a) Les travaux ayant pour effet la création d'une surface de plancher () supérieure à vingt mètres carrés ; / b) Dans les zones urbaines d'un plan local d'urbanisme (), les travaux ayant pour effet la création d'une surface de plancher () supérieure à quarante mètres carrés () ". L'article R. 421-17 du même code dispose que : " Doivent être précédés d'une déclaration préalable lorsqu'ils ne sont pas soumis à permis de construire en application des articles R*421-14 à *R. 421-16 les travaux exécutés sur des constructions existantes, à l'exception des travaux d'entretien ou de réparations ordinaires, et les changements de destination des constructions existantes suivants : / () f) Les travaux qui ont pour effet la création () d'une surface de plancher supérieure à cinq mètres carrés et qui répondent aux critères cumulatifs suivants : / () - une surface de plancher créée inférieure ou égale à vingt mètres carrés. / Ces seuils sont portés à quarante mètres carrés pour les projets situés en zone urbaine d'un plan local d'urbanisme () ".
6. Lorsqu'une construction a été partiellement réalisée avant la caducité du permis de construire et doit, eu égard à l'importance des travaux effectués, être regardée comme existante, aucune disposition législative ou réglementaire ne fait obstacle à ce que son achèvement relève du régime déclaratif à condition que les travaux projetés relèvent des dispositions du code de l'urbanisme définissant le champ d'application de la déclaration préalable, notamment l'article R. 421-17 précité.
7. Par ailleurs, aux termes de l'article R. 111-22 du code de l'urbanisme : " La surface de plancher de la construction est égale à la somme des surfaces de plancher de chaque niveau clos et couvert () ".
8. Selon la circulaire du 3 février 2012 de la ministre de l'écologie, du développement durable, des transports et du logement et du secrétaire d'état auprès de la ministre de l'écologie, du développement durable, des transports et du logement, chargé du logement, relative au respect des modalités de calcul de la surface de plancher des constructions définie par le livre I du code de l'urbanisme : " 1.2. La notion de "niveau clos et couvert". / Il s'agit tout d'abord de toute construction ou élément de construction (), dès lors qu'il ou elle est doté de systèmes de fermeture (couverture de la toiture et menuiseries extérieures posées) () ".
9. Il ressort des pièces du dossier, notamment de l'ensemble des procès-verbaux et mains courantes dressés par huissier ou agents municipaux entre les 26 septembre 2016 et 31 août 2021, qu'au 16 septembre 2021, date à laquelle le maire des Arcs-sur-Argens a constaté la caducité du permis de construire délivré le 13 décembre 2011 à M. B, le gros œuvre de la construction autorisée par ce permis, incluant l'ensemble des murs extérieurs, la charpente et la toiture, était terminé. Compte tenu de cet état d'avancement des travaux, la construction en cause doit être regardée comme existante, à la fois physiquement et légalement. Toutefois, il ressort aussi de ces documents qu'à cette même date, les menuiseries extérieures n'avaient pas été posées sur les ouvertures de la construction qui n'étaient ainsi pas dotées de systèmes de fermeture, seule ayant été réalisée l'obturation provisoire des ouvertures du rez-de-chaussée par des planches en bois. Par conséquent, cette construction n'était pas close ni constitutive de surface de plancher au sens de l'article R. 111-22 du code de l'urbanisme. C'est seulement le 27 septembre 2021, postérieurement au constat de caducité du permis de construire, qu'un huissier de justice a constaté que les portes et fenêtres avaient toutes été posées, rendant l'immeuble hors d'air. La déclaration préalable déposée par la SCI Rayan a pour objet de régulariser ces travaux puisqu'elle tend notamment à poser des menuiseries extérieures et des volets sur les ouvertures. Les requérants reconnaissent eux-mêmes dans leurs écritures que les travaux déclarés portent sur " la pose des huisseries moyennant une légère modification de leur taille ". Ainsi, ces travaux ont pour effet de clore la construction et sont, dès lors, générateurs de surface de plancher au sens de l'article R. 111-22 précité. Il est constant que la surface de plancher ainsi créée est supérieure à 40 m² et que le terrain d'assiette du projet est situé en zone urbaine du plan local d'urbanisme. Dès lors, ces travaux étaient soumis à permis de construire et non à déclaration préalable, en application des dispositions précitées du b de l'article R. 421-14 et du f de l'article R. 421-17 du code de l'urbanisme. Par suite, c'est à bon droit que le maire des Arcs-sur-Argens s'est opposé à la déclaration préalable en litige.
10. En second lieu, à supposer que les requérants entendent invoquer un détournement de pouvoir, celui-ci n'est pas établi.
11. Il résulte de tout ce qui précède que la SCI Rayan et M. B ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté attaqué, sans qu'il soit nécessaire d'examiner les fins de non-recevoir.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
12. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par les requérants, n'appelle aucune mesure d'exécution. Par conséquent, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
13. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de laisser à chaque partie la charge de ses frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SCI Rayan et de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune des Arcs-sur-Argens au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la Société civile immobilière Rayan, à M. A B et à la commune des Arcs-sur-Argens.
Délibéré après l'audience du 16 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bernabeu, présidente,
M. Cros, premier conseiller,
M. Martin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 octobre 2024.
Le rapporteur,
Signé
F. CROS
La présidente,
Signé
M. BERNABEU
La greffière,
Signé
G. BODIGER
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026