vendredi 10 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2200882 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | FREICHET |
Vu la procédure suivante :
I. Sous le n° 2200882, par une requête et un mémoire enregistrés les 30 mars 2022 et 11 mai 2023, M. C B demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 20 janvier 2022 par laquelle le directeur de la Plateforme Industrielle Courrier Côte d'Azur de La Poste l'a mis en demeure d'arrêter de distribuer des tracts syndicaux aux agents en position de travail ;
2°) d'annuler la décision du 14 mars 2022 par laquelle le directeur de la Plateforme Industrielle Courrier Côte d'Azur de La Poste lui a infligé une sanction d'avertissement.
Il soutient que :
Sur la décision du 20 janvier 2022 :
- elle est dépourvue de motivation ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article 9 du décret n° 82-447 du 28 mai 1982 relatif à l'exercice du droit syndical dans la fonction publique ;
- elle porte atteinte à la liberté syndicale ;
- l'article 14 du règlement intérieur de La Poste autorise la distribution de tracts syndicaux sur le lieu de travail ;
Sur la sanction du 14 mars 2022 :
- elle méconnaît les dispositions de l'article 9 du décret n° 82-447 du 28 mai 1982 relatif à l'exercice du droit syndical dans la fonction publique ;
- elle porte atteinte à la liberté syndicale ;
- elle est entachée d'erreur de fait et d'erreur de droit au regard de l'article 8 du règlement intérieur de La Poste ;
- la volonté réelle de son auteur est d'empêcher le syndicat SUD PTT 83 de se faire connaître auprès des agents de l'établissement.
Par des mémoires en défense enregistrés les 8 mars et 29 décembre 2023, la société anonyme (SA) La Poste, représentée par Me Freichet, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 000 euros soit mise à la charge de M. B sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les conclusions à fin d'annulation de la lettre du 20 janvier 2022 sont irrecevables car il s'agit d'un ordre hiérarchique ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Un mémoire enregistré le 10 janvier 2024 pour M. B n'a pas été communiqué en application des dispositions de l'article R. 611-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
II. Sous le n° 2200883, par une requête et un mémoire enregistrés les 30 mars 2022 et 11 mai 2023, le syndicat SUD PTT 83 demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 20 janvier 2022 par laquelle le directeur de la Plateforme Industrielle Courrier Côte d'Azur de La Poste a mis en demeure M. B d'arrêter de distribuer des tracts syndicaux aux agents en position de travail ;
2°) d'annuler la décision du 14 mars 2022 par laquelle le directeur de la Plateforme Industrielle Courrier Côte d'Azur de La Poste a infligé à M. B une sanction d'avertissement.
Il soulève les mêmes moyens que M. B dans la requête n° 2200883.
Par des mémoires en défense enregistrés les 8 mars et 29 décembre 2023, la SA La Poste, représentée par Me Freichet, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 000 euros soit mise à la charge du syndicat SUD PTT 83 sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable car le requérant n'a pas intérêt pour agir et la lettre du 20 janvier 2022 est un ordre hiérarchique ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Un mémoire enregistré le 10 janvier 2024 pour le syndicat SUD PTT 83 n'a pas été communiqué en application des dispositions de l'article R. 611-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 82-447 du 28 mai 1982 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 8 avril 2024 :
- le rapport de M. Cros ;
- les conclusions de Mme Duran-Gottschalk, rapporteure publique ;
- les observations de M. B ;
- et les observations de Me Freichet pour la société La Poste.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, agent titulaire de la fonction publique de l'Etat, relève du corps des agents professionnels qualifiés de La Poste, au grade d'agent professionnel qualifié de premier niveau. Il est affecté à l'établissement de la Plateforme Industrielle Courrier (PIC) Côte d'Azur, situé à Toulon. Il est membre du syndicat SUD PTT 83. Par une lettre du 20 janvier 2022, le directeur de cette plateforme l'a mis en demeure d'arrêter de distribuer des tracts syndicaux aux agents en position de travail, sous peine de sanction. Par une décision du 14 mars 2022, la même autorité lui a infligé un avertissement pour avoir, d'une part, continué à distribuer des tracts dans le hall de production de la PIC aux agents en position de travail et, d'autre part, permis à un tiers de pénétrer dans ce hall de production sans autorisation de sa hiérarchie. M. B et le syndicat SUD PTT 83 demandent, respectivement par les requêtes n° 2200882 et 2200883, l'annulation de ces deux décisions.
2. Les deux requêtes visées ci-dessus sont dirigées contre les mêmes décisions. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur la requête du syndicat SUD PTT 83 :
3. Un syndicat de fonctionnaires, s'il est recevable à intervenir, le cas échéant, à l'appui d'une demande d'annulation d'une décision individuelle négative concernant un fonctionnaire présentée devant le juge administratif par le fonctionnaire intéressé, n'a pas qualité pour en solliciter lui-même l'annulation, alors même que le fonctionnaire serait le représentant élu de ce syndicat.
4. Par conséquent, ainsi que l'oppose la société La Poste, le syndicat SUD PTT 83 n'a pas intérêt à agir lui-même contre les deux décisions contestées qui sont des décisions individuelles défavorables à M. B, alors même que celui-ci est militant de ce syndicat et qu'il en est le représentant élu depuis le 1er avril 2022.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête du syndicat SUD PTT 83 doit être rejetée comme irrecevable.
Sur la requête de M. B :
En ce qui concerne la mise en demeure du 20 janvier 2022 :
S'agissant de la fin de non-recevoir opposée par la société La Poste :
6. Par la lettre du 20 janvier 2022, le directeur de la PIC Côte d'Azur de La Poste a mis en demeure M. B de cesser la distribution de tracts syndicaux " auprès des agents en train de travailler sur leur position de travail " afin de ne pas perturber le fonctionnement du service. Il a précisé qu'il serait conduit à prononcer une sanction à son encontre si une telle distribution venait à se reproduire. Un tel acte, qui impose à l'intéressé de s'abstenir d'un comportement précis dans le cadre de son activité syndicale sous peine de sanction disciplinaire, présente le caractère d'une décision administrative faisant grief et susceptible en conséquence de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par la société La Poste, tirée de ce que cet acte constitue un ordre hiérarchique insusceptible de recours, doit être écartée.
S'agissant de la légalité de la décision :
7. En premier lieu, le moyen tiré de ce que la mise en demeure du 20 janvier 2022 ne serait pas motivée est dépourvu de précisions suffisantes, M. B n'indiquant pas en vertu de quelles dispositions une telle décision devrait être motivée. En tout état de cause, ce moyen manque en fait car la décision litigieuse comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement.
8. En deuxième lieu, aux termes de l'article 9 du décret du 28 mai 1982 relatif à l'exercice du droit syndical dans la fonction publique : " Les documents d'origine syndicale peuvent être distribués aux agents dans l'enceinte des bâtiments administratifs, mais en dehors des locaux ouverts au public. Ces distributions ne doivent en aucun cas porter atteinte au bon fonctionnement du service. Lorsqu'elles ont lieu pendant les heures de service, elles ne peuvent être assurées que par des agents qui ne sont pas en service ou qui bénéficient d'une décharge de service ".
9. La mise en demeure du 20 janvier 2022 repose sur un unique motif tiré de ce que M. B a procédé à deux reprises, en novembre 2021 puis le 17 janvier 2022, et malgré un rappel à l'ordre verbal par son responsable de production dans l'intervalle, à la distribution de tracts syndicaux dans des conditions perturbant le fonctionnement du service postal, dès lors que ces distributions ont été faites directement aux agents en train de travailler sur leur poste de travail. La décision précise que de telles distributions peuvent avoir lieu à la sortie de service, au niveau des tourniquets d'entrée et de sortie, tout en restant dans l'enceinte de l'établissement. D'abord, cette décision est fondée, conformément à l'article 9 du décret du 28 mai 1982, sur le bon fonctionnement du service, notion qui inclut, contrairement à ce que soutient M. B, non seulement le retard pris dans l'exécution des tâches mais aussi le risque d'accident. Ensuite, cette décision ne constitue pas une interdiction générale, ni " de principe ", dès lors qu'elle ménage expressément la possibilité de distribuer les tracts syndicaux au niveau des tourniquets d'entrée et de sortie du service, c'est-à-dire en-dehors du poste de travail des agents dans le hall de production tout en restant dans l'enceinte de l'établissement. Si M. B soutient qu'une telle distribution lors des entrées et sorties de service serait matériellement impossible compte tenu de la rapidité des flux et des huit régimes différents d'horaires de travail, de sorte qu'une partie des agents serait privée d'accès à la communication syndicale, il n'apporte pas d'élément probant à l'appui de ses allégations. S'il allègue encore que la distribution des tracts aux agents en train de travailler dans le hall de production ne crée ni gêne pour le fonctionnement du service ni risque pour leur sécurité, les attestations qu'il produit émanent toutes de militants de son propre syndicat SUD PTT et aucune d'entre elles ne concerne la PIC de Toulon. Au contraire, la société La Poste fait valoir que le fait de distribuer des tracts aux agents en position de travail dans le hall de production perturbe nécessairement leur attention et crée un risque pour leur sécurité au regard des métiers exercés et des machines et engins utilisés. Ce point n'est pas sérieusement contredit par M. B qui se borne à affirmer qu'il attend que les agents soient disponibles pour leur distribuer ses tracts. De plus, la société La Poste produit une attestation d'un agent de la PIC de Toulon, membre d'un autre syndicat et membre du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail, indiquant que la distribution des tracts en-dehors du hall de production permet effectivement d'assurer la sécurité des agents. Elle produit également un tableau chiffré, non contesté par le requérant, selon lequel la direction de la PIC de Toulon a mis en place depuis 2016 une politique de prévention des risques ayant permis de diminuer significativement le nombre d'accidents, notamment en préservant la concentration des agents travaillant sur les machines de tri et les engins de manutention. La circonstance alléguée par M. B que ces machines et engins seraient " très similaires " à ceux utilisés dans les années 1980 est sans incidence à cet égard. Enfin, si M. B soutient que la PIC de Toulon serait la seule, parmi la trentaine d'établissements analogues, à interdire la distribution de tracts syndicaux aux agents en position de travail, une telle circonstance, au demeurant non démontrée puisque les attestations produites par le requérant ne concernent que dix établissements, n'est, en tout état de cause, pas de nature à démontrer l'illégalité d'une telle mesure dans le cas de la PIC de Toulon. Il en va de même de l'absence de décision prise en matière de distribution de tracts syndicaux par la direction exécutive du courrier industriel et logistique (DEX-CIL). Dans ces conditions, la décision attaquée, qui retient à bon droit que la distribution de tracts syndicaux aux agents en position de travail est susceptible de porter atteinte au bon fonctionnement du service, ne méconnaît pas les dispositions de l'article 9 du décret du 28 mai 1982.
10. En troisième lieu, selon l'article 14 du règlement intérieur de La Poste : " II est interdit, sans autorisation préalable du directeur d'établissement ou de service : / () - de faire circuler des listes de souscription ou de collecte (à l'exception des associations ayant reçu autorisation de la direction chargée de la tutelle des activités sociales); seules les organisations syndicales régulièrement constituées à La Poste peuvent procéder à la collecte des cotisations syndicales et à la diffusion de documents d'origine syndicale, dans les conditions prévues par les textes législatifs, réglementaires et conventionnels ".
11. Ces dispositions subordonnent la diffusion de documents syndicaux par les organisations syndicales au respect des dispositions réglementaires et donc, en particulier, de celles de l'article 9 du décret du 28 mai 1982 relatif à l'exercice du droit syndical dans la fonction publique. M. B n'est donc pas fondé à soutenir que ces dispositions autorisent par elles-mêmes la distribution de tracts syndicaux aux agents en position de travail dans le hall de production, ni même que leur silence empêcherait toute interdiction sur ce point.
12. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 9, la mise en demeure du 20 janvier 2022, qui n'emporte pas d'interdiction générale et absolue de distribuer des tracts syndicaux dans l'enceinte de la PIC de Toulon mais se borne à aménager les modalités de cette distribution afin d'assurer le bon fonctionnement du service, ne porte pas d'atteinte disproportionnée à la liberté syndicale ni à une autre liberté fondamentale.
13. Il s'ensuit que les conclusions de M. B tendant à l'annulation de la mise en demeure du 20 janvier 2022 doivent être rejetées.
En ce qui concerne la sanction d'avertissement du 14 mars 2022 :
14. Aux termes de l'article L. 533-1 du code général de la fonction publique, qui a repris depuis le 1er mars 2022 les dispositions de l'article 66 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat : " Les sanctions disciplinaires pouvant être infligées aux fonctionnaires sont réparties en quatre groupes : / 1° Premier groupe : / a) L'avertissement () ".
15. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
16. Il ressort de ses termes que la sanction disciplinaire infligée à M. B est motivée par une double faute. D'une part, l'autorité disciplinaire reproche à l'intéressé d'avoir enfreint la mise en garde verbale et la mise en demeure des 17 et 20 janvier 2022 en procédant, le 24 janvier suivant, à une nouvelle distribution de tracts syndicaux dans des conditions de nature à perturber le bon fonctionnement du service et à porter atteinte à la sécurité des agents, cette distribution ayant eu lieu à nouveau dans le hall de production de la PIC auprès d'agents qui étaient en train de travailler sur des machines ou engins. La décision attaquée retient que M. B a détourné l'attention des intéressés des tâches en cours d'exécution, alors qu'un geste incorrect peut déclencher un accident et que des papiers répandus au sol peuvent engendrer un risque de glissade et de chute. D'autre part, la décision en litige énonce que M. B a, sans autorisation ni information préalable de sa hiérarchie, introduit M. A, représentant du syndicat SUD PTT 83, dans le hall de production de la PIC, en méconnaissance des consignes de sécurité.
S'agissant du premier motif, tiré de la distribution des tracts syndicaux :
17. En premier lieu, M. B ne conteste pas la matérialité des faits reprochés tenant à la distribution des tracts aux agents en position de travail et au non-respect de la mise en demeure du 20 janvier 2022. Ses moyens relatifs à l'absence de perturbation du service, à l'absence de risque d'accident, à l'atteinte portée à la liberté syndicale, au caractère " définitif et absolu " de la mesure et à la violation de l'article 9 du décret du 28 mai 1982 relatif à l'exercice du droit syndical dans la fonction publique, doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux énoncés précédemment.
18. En second lieu, M. B soutient que la " volonté réelle " de la société La Poste serait que le syndicat SUD PTT 83 ne puisse pas se faire connaître sur la PIC de Toulon et d'empêcher l'expression des revendications des agents de cet établissement. A supposer que M. B entende ainsi invoquer un détournement de pouvoir, celui-ci n'est, pour les raisons qui précèdent, pas établi.
S'agissant du second motif, tiré de l'introduction du représentant du syndicat SUD PTT 83 dans le hall de production sans autorisation :
19. En premier lieu, il ressort du courriel du 19 janvier 2022 que si le syndicat SUD PTT 83 avait informé le directeur de la PIC de Toulon du déplacement d'un représentant syndical sur le site pour y distribuer des tracts le 24 janvier suivant, ce courriel ne mentionnait pas que ledit représentant interviendrait dans le hall de production. M. B n'est donc pas fondé à soutenir que sa hiérarchie aurait été prévenue d'une telle intervention ni à plus forte raison qu'elle l'aurait autorisée. Dans ces conditions, la décision n'est pas entachée d'erreur de fait.
20. En second lieu, aux termes de l'article 8 du règlement intérieur de La Poste : " Les personnels sont tenus de respecter les procédures et consignes de sécurité relatives à l'accès et à la circulation des personnes et des véhicules à l'intérieur de l'entité et de ses dépendances. / Toute personne extérieure à l'établissement ne pourra accéder aux locaux qu'après autorisation préalable du chef d'établissement ou de son représentant, sauf exercice des droits reconnus aux représentants du personnel et aux représentants syndicaux dans les conditions et selon les modalités fixées par la législation en vigueur. / Une carte d'identité professionnelle régulièrement renouvelée est fournie à chaque agent. Les personnels doivent pouvoir la présenter comme preuve de leur appartenance à La Poste. / Doivent également être respectées les règles propres à chaque établissement concernant l'accès, le contrôle et la circulation des personnes étrangères au service. / Dans le respect de ces principes, les directeurs d'établissements garantissent les droits d'accès aux restaurants d'entreprise, aux services de santé au travail et aux services sociaux situés dans leurs établissements ".
21. Les dispositions précitées du deuxième alinéa de l'article 8 du règlement intérieur de La Poste prévoient que les représentants syndicaux extérieurs à l'établissement sont dispensés d'autorisation préalable du chef d'établissement pour accéder aux locaux lorsqu'ils exercent des droits qui leur sont reconnus dans les conditions et selon les modalités fixées par la législation en vigueur. En l'espèce, M. B ne précise pas quel droit lui aurait permis de faire entrer M. A dans le hall de production sans une telle autorisation. De plus, les premier et quatrième alinéa du même article 8 prévoient que les règles et consignes de sécurité propres à chaque établissement concernant l'accès des personnes étrangères au service doivent être respectées. Le requérant ne conteste pas que, dans le cas de la PIC de Toulon, de telles règles et consignes exigent une autorisation hiérarchique avant de faire pénétrer un tiers, même représentant syndical, dans le hall de production. S'il soutient qu'aucun délai de prévenance n'existe en la matière, la sanction en litige n'est pas fondée sur le non-respect d'un tel délai mais sur l'absence d'autorisation préalable. Dès lors, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
22. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. B tendant à l'annulation de la sanction d'avertissement du 14 mars 2022 doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
23. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la société La Poste sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de M. B et du syndicat SUD PTT 83 sont rejetées.
Article 2 : Les conclusions présentées par la société La Poste au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, au syndicat SUD PTT 83 et à la société anonyme La Poste.
Délibéré après l'audience du 8 avril 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Doumergue, présidente,
M. Cros, premier conseiller,
M. Martin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 mai 2024.
Le rapporteur,
Signé
F. CROS
La présidente,
Signé
M. DOUMERGUE
La greffière,
Signé
E. PERROUDON
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,
La greffière.
2, 2200883
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026