lundi 24 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2200889 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | HOFFMANN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 mars 2022, M. A B, représenté par Me Hoffmann, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser les sommes de 117 072 euros et 10 000 euros en réparation du préjudice financier et de carrière et du préjudice moral résultant de l'illégalité fautive de la décision prononçant sa radiation des cadres pour abandon de poste ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté du 17 décembre 2021 prononçant sa radiation des cadres pour abandon de poste est illégal en ce que, d'une part, il n'a pas été précédé d'une mise en demeure l'informant du risque auquel il était exposé d'être évincé du service tout en perdant ses garanties statutaires et, d'autre part, il n'avait pas manifesté, de façon claire et précise, sa volonté de rompre le lien avec le service ;
- cette illégalité fautive ouvre droit à la réparation de ses préjudices ;
- il justifie d'un préjudice financier de 117 072 euros correspondant à sa perte de rémunération jusqu'à son départ à la retraite et d'un préjudice moral, qui peut être évalué à 10 000 euros, eu égard aux répercussions psychologiques d'une telle mesure.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 février 2024, la rectrice de l'académie de Nice conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucune illégalité fautive n'a été commise, de sorte que la responsabilité de l'Etat ne saurait être engagée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Martin ;
- les conclusions de Mme Duran-Gottschalk, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Mayoussier, substituant Me Hoffmann, pour M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, enseignant contractuel de mathématiques, a été affecté au titre de l'année scolaire 2021-2022 au collège Reynier à Six-Fours-les-Plages et au collège Puget à Toulon. Par un arrêté du 17 septembre 2021, le recteur de l'académie de Nice l'a radié des cadres pour abandon de poste. Faisant valoir que cette décision est illégale, M. B demande au tribunal de condamner l'Etat à lui verser la somme de 127 072 euros en réparation de ses préjudices financier et moral.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Toute illégalité est fautive et, comme telle, susceptible d'engager la responsabilité de l'administration dès lors qu'elle est à l'origine des préjudices subis.
3. En premier lieu, une mesure de radiation des cadres pour abandon de poste ne peut être régulièrement prononcée que si l'agent concerné a, préalablement à cette décision, été mis en demeure de rejoindre son poste ou de reprendre son service dans un délai approprié, qu'il appartient à l'administration de fixer. Une telle mise en demeure doit prendre la forme d'un document écrit, notifié à l'intéressé, l'informant du risque qu'il encourt d'une radiation des cadres sans procédure disciplinaire préalable.
4. Il résulte de l'instruction que, préalablement à la décision du 17 septembre 2021 l'ayant radié des cadres, M. B a fait l'objet, par un courrier du 3 septembre 2021, d'une mise en demeure, d'une part, lui demandant de bien vouloir reprendre ses fonctions dans les plus brefs délais ou de justifier de son absence et, d'autre part, l'informant qu'à défaut d'avoir repris ses fonctions ou d'avoir justifié de son absence dans le délai de huit jours à compter de la réception du courrier, il serait radié des cadres pour abandon de poste, mesure prise sans accomplissement des formalités prescrites en matière disciplinaire. Il n'est pas contesté que ce courrier a été régulièrement notifié à l'intéressé, qui le produit d'ailleurs à l'appui de sa requête. Dans ces conditions, ce dernier n'est pas fondé à se prévaloir du moyen tiré de ce que la décision de radiation des cadres n'aurait pas été précédée d'une mise en demeure l'informant du risque qu'il encourt d'une radiation des cadres sans procédure disciplinaire préalable.
5. En second lieu, lorsque l'agent ne s'est pas présenté et n'a fait connaître à l'administration aucune intention avant l'expiration du délai fixé par la mise en demeure, et en l'absence de toute justification d'ordre matériel ou médical, présentée par l'agent, de nature à expliquer le retard qu'il aurait eu à manifester un lien avec le service, cette administration est en droit d'estimer que le lien avec le service a été rompu du fait de l'intéressé.
6. Il résulte de l'instruction que M. B n'a pas, à la suite de la mise en demeure qui lui a été adressée, repris ses fonctions ou justifié de son absence dans le délai de huit jours qui lui était imparti. A cet égard, l'intéressé ne peut utilement justifier de son absence en produisant un courriel du 1er septembre 2021, au demeurant antérieur à la mise en demeure lui ayant été adressée, faisant état de son insatisfaction au regard de son affectation et des conditions d'exercice de son service. Dans ces conditions, le requérant n'ayant pas repris son poste, n'ayant apporté aucun justificatif et ne s'étant d'ailleurs pas manifesté auprès de son administration après cette mise en demeure, l'abandon de poste est caractérisé et le moyen tiré de l'absence de volonté de quitter le service ne peut être qu'écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à se prévaloir de l'illégalité de l'arrêté du 17 septembre 2021 au soutien de ses conclusions indemnitaires.
8. Par suite, sa requête doit être rejetée dans toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie en sera adressée, pour information, à la rectrice de l'académie de Nice.
Délibéré après l'audience du 23 mai 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Bernabeu, présidente,
- M. Cros, premier conseiller,
- M. Martin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 juin 2024.
Le rapporteur,
Signé
J. MARTIN
La présidente,
Signé
M. BERNABEU
La greffière,
Signé
E. PERROUDON
La République mande et ordonne à la rectrice de l'académie de Nice en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026