LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2200900

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2200900

jeudi 12 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2200900
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantFOURMEAUX LAMBERT ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 31 mars 2022, la commune de Puget-sur-Argens, représentée par la Selas LLC et associés agissant par Me Garcia, demande au tribunal d'annuler l'arrêté préfectoral du 24 novembre 2021 portant enregistrement de la demande de la société Abel Garcin Terrassement d'exploiter un centre de tri et de valorisation des déchets du BTP [bâtiment et travaux publics], à Puget-sur-Argens, en application de l'article L. 512-7 du code de l'environnement.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable, notamment au regard de son intérêt à agir ;

- le dossier transmis à la préfecture présentait un caractère frauduleux dès lors que la convention d'occupation précaire du terrain devait prendre fin le 29 juillet 2021, que la société Abel Garcin Terrassement avait été invitée à remettre le terrain en état à cette échéance et que cette dernière a ainsi dissimulé les faits à l'autorité en charge d'instruire son dossier ;

- l'activité projetée par la société Abel Garcin Terrassement est incompatible avec le plan local d'urbanisme révisé le 29 avril 2021 ;

- l'activité de la société Abel Garcin Terrassement est de nature à créer des inconvénients pour la commodité du voisinage et la salubrité publique ; elle présente des inconvénients pour la préservation des paysages ; elle porte ainsi atteinte aux intérêts mentionnés aux articles L. 211-1 et L. 511-1 du code de l'environnement.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 février 2024, la société par actions simplifiée (SAS) Abel Garcin Terrassement, représentée par la Selarl Fourmeaux, Lambert et associés, agissant par Me Fourmeaux, conclut au rejet de la requête. Elle demande également à ce que soit mis à la charge de la commune de Puget-sur-Argens la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est tardive ;

- le maire de la commune de Puget-sur-Argens ne justifie pas d'une délégation de compétence régulière de la part du conseil municipal pour intenter une action en justice ;

- les moyens invoqués ne sont pas fondés.

La requête et le mémoire précité ont été communiqués à la préfecture du Var, qui n'a pas produit d'observations, malgré une mise en demeure de produire qui lui a été adressée par le greffe du tribunal le 6 décembre 2023, en application de l'article R. 612-6 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'environnement ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Martin,

- les conclusions de Mme Duran-Gottschalk, rapporteure publique ;

- les observations de Me Baudino, substituant Me Garcia, pour la commune de Puget-sur-Argens et celles de Me Kouji-Decourt, substituant Me Fourmeaux, pour la société Abel Garcin Terrassement.

Considérant ce qui suit :

1. La société Abel Garcin Terrassement exploite une activité de travaux de terrassement courants et travaux préparatoires. Elle a sollicité, le 11 juin 2021, l'enregistrement d'installations de concassage, de criblage et de transit de produits minéraux inertes (sous les rubriques 2515-1-a et 2517 de la nomenclature des installations classées pour la protection de l'environnement), sises au lieu-dit " Le Jas Neuf " à Puget-sur-Argens. Par un arrêté du 24 novembre 2021, le préfet du Var a enregistré la demande de la société d'exploiter un centre de tri et de valorisation des déchets du BTP [bâtiment et travaux publics] en application de l'article L. 512-7 du code de l'environnement. La commune de Puget-sur-Argens demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :

2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 514-3-1 du code de l'environnement, dans sa version alors applicable : " Les décisions mentionnées aux articles L. 211-6 et L. 214-10 et au I de l'article L. 514-6 peuvent être déférées à la juridiction administrative : 1° Par les tiers intéressés en raison des inconvénients ou des dangers que le fonctionnement de l'installation présente pour les intérêts mentionnés aux articles L. 211-1 et L. 511-1 dans un délai de quatre mois à compter du premier jour de la publication ou de l'affichage de ces décisions () ".

3. Si la société Abel Garcin Terrassement fait valoir que la requête, enregistrée le 31 mars 2022, est irrecevable du fait de sa tardiveté au motif que la commune de Puget-sur-Argens ne rapporte pas la preuve que l'arrêté en litige a bien été publié le 1er décembre 2020, elle n'établit pas que cette formalité aurait eu lieu à une date rendant la requête tardive. A ce titre, elle ne peut se prévaloir d'un renversement de la charge de la preuve, dès lors que se prévalant de la tardiveté de la requête, il lui appartenait de l'établir. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de la forclusion au regard des délais de recours contentieux ne peut être accueillie.

4. En second lieu, aux termes de l'article L. 2122-22 du code général des collectivités territoriales : " Le maire peut () par délégation du conseil municipal, être chargé, en tout ou partie, et pour la durée de son mandat : () / 16° D'intenter au nom de la commune les actions en justice ou de défendre la commune dans les actions intentées contre elle, dans les cas définis par le conseil municipal, () ". Aux termes de l'article L. 2132-1 de ce code : " Sous réserve des dispositions du 16° de l'article L. 2122-22, le conseil municipal délibère sur les actions à intenter au nom de la commune ". Son article L. 2132-2 précise que : " Le maire, en vertu de la délibération du conseil municipal, représente la commune en justice ". Il résulte de la combinaison de ces dispositions que, pour représenter la commune devant une juridiction, le maire doit, soit avoir été habilité par une délibération particulière définissant l'objet de l'action à engager ou défendre, soit être titulaire d'une délégation permanente pour la durée de son mandat. Le conseil municipal peut légalement donner au maire une délégation générale pour ester en justice au nom de la commune pendant la durée de son mandat.

5. En l'espèce, par une délibération du 4 juillet 2020, le conseil municipal de Puget-sur-Argens a donné délégation au maire pour " intenter au nom de la commune les actions en justice () dans les cas définis par le conseil municipal () ". La seule circonstance que cette délégation reproduit les dispositions du code général des collectivités territoriales qui permettent de limiter sa portée aux cas fixés par le conseil municipal ne saurait, en l'absence de toute mention explicite restreignant son champ d'application, la priver d'une portée générale. Il s'ensuit que la fin de non-recevoir tirée du défaut de qualité pour agir du maire doit être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

6. Aux termes de l'article R. 512-46-4 du code de l'environnement : " A la demande d'enregistrement doivent être jointes les pièces suivantes : () / 4° Un document permettant au préfet d'apprécier la compatibilité des activités projetées avec l'affectation des sols prévue pour les secteurs délimités par le plan d'occupation des sols, le plan local d'urbanisme ou la carte communale () ".

7. Il résulte de l'instruction que, par une délibération du 29 avril 2021, le conseil municipal de la commune de Puget-sur-Argens a approuvé une révision générale de son plan local d'urbanisme (PLU). Il résulte du projet d'aménagement et de développement durable (PADD) et de l'orientation d'aménagement et de programmation (OAP) n° 6 relative au secteur du Jas Neuf qu'est prévue la construction d'une nouvelle voierie principale d'axe nord-sud, accompagnée de plantations arborées consistant en un " alignement arboré le long de la voie principale avec des arbres d'une hauteur minimale de 3 mètres ", devant traverser le tènement foncier exploité par la société Abel Garcin Terrassement, qui se trouve désormais en secteur 1AUEa du PLU, selon les dires non contestés de la commune. A cet égard, l'OAP précise que si le tracé présenté est " un tracé de principe à affiner lors de la conception de l'ouvrage ", il convient cependant " de respecter la position générale de l'ouvrage dans la zone ".

8. La société défenderesse se prévaut d'une attestation de la commune indiquant que son activité n'est pas incompatible avec le PLU. Il résulte toutefois de l'instruction que ce courrier, en date du 13 février 2020, est antérieur à la révision du PLU. Elle n'apporte en outre aucun élément supplémentaire, qui aurait pu figurer à son dossier de demande d'enregistrement, permettant d'établir que son activité de concassage, criblage et de transit de produits minéraux inertes serait bien compatible avec la construction d'une nouvelle voierie principale, accompagnée de plantations arborées, devant traverser le tènement foncier qu'elle exploite déjà. Dans ces conditions, la commune de Puget-sur-Argens est fondée à faire valoir que l'activité enregistrée et exploitée par la société Abel Garcin Terrassement au lieudit " le Jas Neuf " est incompatible avec le PLU révisé. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, la commune de Puget-sur-Argens est fondée à demander l'annulation de l'arrêté préfectoral du 24 novembre 2021 portant enregistrement de la demande de la société Abel Garcin Terrassement d'exploiter un centre de tri et de valorisation des déchets du BTP [bâtiment et travaux publics].

Sur les frais liés au litige :

9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Puget-sur-Argens, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée à ce titre par la société Abel Garcin Terrassement.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du préfet du Var en date du 24 novembre 2021 portant enregistrement de la demande de la société Abel Garcin Terrassement d'exploiter un centre de tri et de valorisation des déchets du BTP [bâtiment et travaux publics] à Puget-sur-Argens est annulé.

Article 2 : Les conclusions présentées par la société Abel Garcin Terrassement au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la commune de Puget-sur-Argens, à la société par actions simplifiée Abel Garcin Terrassement et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.

Copie en sera adressée, pour information, au préfet du Var.

Délibéré après l'audience du 1er juillet 2024, à laquelle siégeaient :

- Mme Bernabeu, présidente,

- M. Cros, premier conseiller,

- M. Martin, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 septembre 2024.

Le rapporteur,

Signé

J. MARTIN

La présidente,

Signé

M. BERNABEULa greffière,

Signé

G. BODIGER

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Et par délégation,

La greffière.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions