vendredi 7 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2200912 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | BOCHNAKIAN & LARRIEU-SANS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er avril 2022, M. B C, représenté par Me Bochnakian, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 février 2022 par lequel le préfet du Var a rejeté sa demande de regroupement familial présentée en faveur de son épouse Mme A D ;
2°) d'enjoindre au préfet du Var, sur le fondement de l'article L.911-1 du code de justice administrative, d'autoriser le regroupement familial, sous astreinte fixée à 50 euros par jour de retard à compter du délai de 15 jours suivant la notification du jugement à intervenir en application de l'article L.911-3 du code de justice administrative ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que l'arrêté attaqué :
- est insuffisamment motivé ;
- est entaché d'une erreur de fait dans l'application de l'article L. 434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile car il perçoit des revenus stables et suffisants ;
- est entaché d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article R. 434-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et du décret 2002-120 du 30 janvier 2002 car il vit dans un logement décent dès lors que l'installation d'un détecteur de fumée n'est pas obligatoire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 janvier 2023, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.
Le préfet conteste chacun des moyens invoqués.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le décret n°2002-120 du 30 janvier 2002 ;
- le code de justice administrative.
La rapporteure publique ayant été, sur sa proposition, dispensée de prononcer ses conclusions à l'audience.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Sauton,
- et les observations de Me Bochnakian, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant tunisien né en 1986, titulaire d'une carte de résident de 10 ans valable jusqu'au 22 février 2025, a déposé une demande de regroupement familial en faveur de son épouse, Mme A D, ressortissante tunisienne. Par une décision en date du 4 février 2022, le préfet du Var a rejeté sa demande aux motifs, en particulier, de l'insuffisance de ses ressources et de la non-conformité de son logement. Par sa requête, M. C demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui en fait la demande est autorisé à être rejoint au titre du regroupement familial s'il remplit les conditions suivantes : 1° Il justifie de ressources stables et suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille / 2° Il dispose ou disposera à la date d'arrivée de sa famille en France d'un logement considéré comme normal pour une famille comparable vivant dans la même région géographique () ". Aux termes de l'article R.434-4 du même code : " L'étranger qui formule une demande de regroupement familial doit justifier de la possession d'un des documents de séjour suivants : () 3° Une carte de résident, d'une durée de dix ans ou à durée indéterminée ; () ". Aux termes de l'article R.434-5 du même code : " Pour l'application du 2° de l'article L. 434-7, est considéré comme normal un logement qui : / 1° Présente une superficie habitable totale au moins égale à : / - en zones A bis et A : 22 m² pour un ménage sans enfant ou deux personnes, augmentée de 10 m² par personne jusqu'à huit personnes () ". Aux termes de l'article 2 du décret du 30 janvier 2002 relatif aux caractéristiques du logement décent pris pour l'application de l'article 187 de la loi n°2000-1208 du 13 décembre 2000 relative à la solidarité et au renouvellement urbains : " Le logement doit satisfaire aux conditions suivantes, au regard de la sécurité physique et de la santé des locataires : () 5. Les réseaux et branchements d'électricité et de gaz et les équipements de chauffage et de production d'eau chaude sont conformes aux normes de sécurité définies par les lois et règlements et sont en bon état d'usage et de fonctionnement () ". Enfin, aux termes de l'article 3 de ce même décret : " Le logement comporte les éléments d'équipement et de confort suivants () 6. Un réseau électrique permettant l'éclairage suffisant de toutes les pièces et des accès ainsi que le fonctionnement des appareils ménagers courants indispensables à la vie quotidienne. () ".
3. En premier lieu, le préfet du Var a considéré que M. C ne répondait pas à la condition de ressources prévue par les dispositions précitées. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, notamment des différents bulletins de salaire en date de 2020 et de 2021, soit au cours des douze mois précédant la demande de regroupement familial, présentée le 15 février 2021, qu'il percevait des salaires mensuels atteignant 1 948,44 euros à
2 063,69 euros. En outre il produit une attestation de paiement d'indemnités journalières délivrée par la caisse primaire d'assurance maladie du Var, en date du 25 mars 2022, précisant qu'il a perçu, à la suite d'un accident de travail survenu le 31 août 2020,
1 360,24 euros d'indemnités journalières du 1er septembre 2020 jusqu'au 28 septembre 2020, 7 227,48 euros d'indemnités journalières pour la période du 29 septembre 2020 jusqu'au 19 janvier 2021, puis 767,52 euros d'indemnités journalières pour la période du 21 janvier 2021 jusqu'au 1er février 2021. Il résulte de ce qui précède que M. C a donc perçu au cours des douze mois précédant le dépôt de sa demande de regroupement familial des ressources supérieures au montant moyen du salaire minimum de croissance. C'est donc en méconnaissance des dispositions des articles L. 434-7 et R.434-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le préfet du Var a rejeté la demande de regroupement familial.
4. En second lieu, il ressort du rapport établi par l'OFII que le logement n'était pas conforme dès lors qu'il était dépourvu de détecteur de fumée en fonctionnement et que les branchements électriques dans la salle de bain et dans la salle à manger étaient défectueux. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, notamment de la facture de la SASU SARA en date du 21 août 2021, soit antérieure à la décision attaquée, que des travaux ont été réalisés chez M. C pour " replacement chauffe-eau, remise aux normes de l'électricité, pose d'un détecteur de fumée et nettoyage chantier ". Il s'ensuit que le requérant doit être regardé comme justifiant d'un logement considéré comme normal au sens des dispositions de l'article L.434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Au surplus, les dispositions précitées ne prévoient aucune obligation de pose d'un détecteur de fumée. Par suite, M. C est fondé à soutenir que le préfet du Var a méconnu les dispositions de l'article L.434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. C est fondé à demander l'annulation de la décision rejetant sa demande de regroupement familial.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Eu égard aux motifs d'annulation retenus, il y a lieu d'enjoindre au préfet du Var d'accorder le bénéfice du regroupement familial à l'épouse de M. C, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais de justice :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : La décision du 4 février 2022 par laquelle le préfet du Var a rejeté la demande de regroupement familial présentée par M. C au bénéfice de son épouse est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Var de faire droit à la demande de regroupement familial de M. C, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. C la somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions est rejeté.
Article 5 : le présent jugement sera notifié à M. B C et au préfet du Var.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 24 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
M. Sauton, président,
M. Quaglierini, premier conseiller,
Mme Martin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 février 2025.
Le président-rapporteur,
Signé
JF. SAUTON
L'assesseur le plus ancien,
Signé
B. QUAGLIERINI
La greffière,
Signé
B. BALLESTRACCI
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.
N°2200912
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026