vendredi 14 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2200942 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | CASTAGNON MERCURIO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 février 2022 et des mémoires enregistrés le 12 avril 2022 et le 27 novembre 2023, Mme A B, représentée par CM Avocats par Me Castagnon, demande au Tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 17 janvier 2022 par lequel le maire de la commune de Toulon lui a refusé la délivrance d'un permis de construire en vue de la surélévation partielle et l'augmentation de la surface de plancher par réduction de la surface du garage d'une maison d'habitation située 138 rue Champollion, terrain cadastré 137 DT 277, sur le territoire de cette commune ;
2°) d'enjoindre à la commune de lui délivrer le permis de construire sollicité ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Toulon une somme de 2 000 euros à lui verser sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- son projet respecte l'article UD7 du PLU et aura pour effet de valoriser son bien et d'embellir le quartier ;
- des autorisations ont été accordées dans le même quartier pour des projets similaires au sien ;
- le motif tiré de l'impossibilité de vérifier la conformité aux articles UD 3 et UD 10 n'est pas fondé car il appartenait au service instructeur de demander à la pétitionnaire de compléter son dossier ; l'article UD 3 porte sur les accès, or la desserte du bâtiment n'est pas modifiée ; l'article UD 10 porte sur la hauteur des constructions, or tous les plans produits permettaient au service de l'apprécier ;
Par deux mémoires en défense enregistrés les 19 août 2022 et 19 décembre 2023, la commune de Toulon, agissant par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête tout en renonçant explicitement au motif qu'elle a opposé sur le fondement de l'article UD3 du PLU et demande que soit mise à la charge de Mme B une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 30 octobre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 28 novembre 2023 à 12 heures, par application de l'article R.613-1 du code de justice administrative.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bonmati ;
- les conclusions de Mme Faucher, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Castagnon, pour la requérante.
Considérant ce qui suit :
1. Par sa présente requête, Mme B demande l'annulation de l'arrêté du 17 janvier 2022 par lequel le maire de la commune de Toulon lui a refusé la délivrance d'un permis de construire en vue de la surélévation partielle et l'augmentation de la surface de plancher par réduction de la surface du garage d'une maison d'habitation située 138 rue Champollion, terrain cadastré 137 DT 277, en zone UD du PLU, sur le territoire de cette commune.
2. Pour refuser le permis de construire en litige, le maire de Toulon a retenu en premier lieu la méconnaissance de l'article UD7 du règlement du PLU selon lequel " Dans l'habitat en bande, l'implantation en limites séparatives est autorisée si la construction projetée est contiguë aux constructions mitoyennes implantées en limites séparatives. ", le lexique du PLU indiquant que dans l'habitat en bande, des constructions sont contiguës si elles se touchent en tout point, en estimant que dès lors que le projet prévoit la surélévation partielle en limite séparative Sud-Ouest de la construction existante et que la surélévation projetée n'est pas contiguë en tout point avec la construction mitoyenne au Sud-Ouest, ces dispositions ont été méconnues. Il a retenu en second lieu que la demande telle que présentée n'avait pas permis de vérifier la conformité du projet avec les articles UD3 et UD10 du règlement du PLU de la commune. Par son mémoire enregistré le
19 décembre 2023, la commune qui admet que les accès à la parcelle ne sont pas modifiés par le projet, a explicitement renoncé au motif tiré de la vérification de la conformité à l'article UD3 qu'il y a lieu, par suite, de neutraliser.
3. Le lexique du PLU précise d'une part, que : " est considéré comme habitat en bande au moins 4 constructions à usage d'habitat implantées en mitoyenneté. " et d'autre part, que les " constructions contiguës dans l'habitat en bande [sont des] constructions qui se touchent en tout point ". Les termes combinés de l'article UD7 et du lexique du PLU éclairés par le tome 3 du rapport de présentation (p. 67 et 89) dans ses développements relatifs à la zone UD font apparaître que l'habitat en bande correspond à " une organisation spatiale typique des noyaux villageois, notamment avec une continuité des façades " et qu'il fait " l'objet d'adaptation en permettant un front bâti en respect de l'existant. ". Ainsi, cette définition, si elle exclut les ruptures de la continuité des façades pouvant résulter de mitoyennetés trop partielles du fait de la présence d'allées ou de portillons d'entrée rompant la contiguïté des bâtiments, requiert seulement que les façades présentent une continuité complète et ininterrompue, sans toutefois exiger qu'une identité totale de hauteur ou de profondeur entre les murs mitoyens soit nécessairement respectée.
4. En l'espèce, la construction faisant partie d'un habitat en bande dont la réalité n'est pas en litige, même si, comme l'a relevé la commune, la surélévation projetée ne possédait pas une hauteur et une profondeur strictement identiques à celles de la construction mitoyenne en limite séparative sud-ouest, dès lors que la contiguïté entre les façades demeurait complète et ininterrompue et assurait ainsi le respect du front bâti existant, elle ne pouvait être regardée comme méconnaissant les dispositions précitées de l'article UD7 du PLU. Il s'ensuit que la requérante est fondée à soutenir que le motif ci-dessus énoncé est entaché d'illégalité.
5. Par ailleurs, le motif tiré de ce que la demande telle que présentée n'aurait pas permis de vérifier la conformité du projet avec l'article UD10 du règlement du PLU de la commune, au demeurant trop imprécis pour permettre d'en apprécier la portée, n'est pas davantage fondé dès lors qu'il appartenait au service instructeur de solliciter les compléments de dossier nécessaires à cette appréciation, ce qui n'est ni établi ni même allégué en défense.
6. Pour l'application de l'article L. 600-4 du code de l'urbanisme, aucun des autres moyens soulevés par la requête n'est de nature à fonder l'annulation demandée.
7. Il résulte de tout ce qui précède que l'arrêté attaqué du 17 janvier 2022 portant refus de permis de construire doit être annulé.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Eu égard aux motifs ci-dessus énoncés, il y a seulement lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'enjoindre à la commune de Toulon de procéder à une nouvelle instruction et de prendre une nouvelle décision dans le délai de deux mois à compter de la notification qui lui sera faite du présent jugement.
Sur les frais relatifs au litige :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de la commune de Toulon une somme de 2 000 euros à verser à Mme B au titre de ces dispositions et de rejeter les conclusions présentées au même titre par la commune de Toulon, partie perdante à l'instance et qui, au surplus, n'a pas eu recours au ministère d'avocat.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 17 janvier 2022 par lequel le maire de la commune de Toulon a refusé à Mme B la délivrance d'un permis de construire en vue de la surélévation partielle et l'augmentation de la surface de plancher par réduction de la surface du garage d'une maison d'habitation située 138 rue Champollion, terrain cadastré 137 DT 277, sur le territoire de cette commune, est annulé.
Article 2 : Il est enjoint à la commune de Toulon de procéder au réexamen de la demande présentée par Mme B et de prendre une nouvelle décision dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Il est mis à la charge de la commune de Toulon une somme de 2 000 euros à verser à Mme B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : La présente décision sera notifiée à Mme A B et à la commune de Toulon.
Délibéré après l'audience du 31 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Harang, président,
Mme Martin, conseillère,
Mme Bonmati, magistrat honoraire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 juin 2024.
La rapporteure,
signé
D. Bonmati
Le président,
signé
Ph. Harang
Le greffier,
signé
P. Bérenger
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,
Le greffier.
N°220094
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026