lundi 28 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2201047 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | BARBARO ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 13 avril 2022, 1er décembre 2022 et 20 février 2023, Mme B A, représentée par Me Carlhian, demande au tribunal :
1°) d'annuler la prescription figurant à l'article 2 de l'arrêté du 2 décembre 2021 par lequel le maire du Muy ne s'est pas opposé à sa déclaration préalable tendant au remplacement de trois fenêtres existantes, ainsi que la décision du 11 mars 2022 rejetant son recours gracieux dirigé contre cette prescription ;
2°) d'enjoindre au maire du Muy de lui délivrer une décision de non-opposition à déclaration préalable dépourvue de prescriptions ou subsidiairement de réexaminer cette déclaration, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune du Muy une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué méconnaît le principe d'égalité de traitement ;
- il est entaché d'erreur de droit car le maire s'est cru en situation de compétence liée ;
- la décision de rejet du recours gracieux est illégale par voie de conséquence.
Par des mémoires en défense enregistrés les 12 juillet 2022 et 27 janvier 2023, la commune du Muy, représentée par Me Barbaro, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme A sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 7 octobre 2024 :
- le rapport de M. Cros ;
- les conclusions de Mme Duran-Gottschalk, rapporteure publique ;
- les observations de Me de Sousa substituant Me Carlhian pour Mme A ;
- et les observations de Me Kayal substituant Me Barbaro pour la commune du Muy.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a déposé le 13 octobre 2021 une déclaration préalable, complétée le 23 novembre suivant, afin de procéder, sur une maison d'habitation existante sise 4 rue Joachim Ollivier dans le centre-ville de la commune du Muy, au remplacement de trois fenêtres en bois par des fenêtres en PVC de couleur grise côté extérieur. Par un arrêté du 2 décembre 2021, le maire du Muy ne s'est pas opposé à cette déclaration mais a assorti sa décision, à l'article 2 de l'arrêté, d'une prescription selon laquelle " les menuiseries des fenêtres seront réalisées en bois peint avec petits bois aux dimensions de la baie, en feuillure et après dépose des anciens dormants ". Mme A demande l'annulation de cette prescription et de la décision du 11 mars 2022 ayant rejeté son recours gracieux dirigé contre celle-ci.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. L'administration ne peut assortir une autorisation d'urbanisme de prescriptions qu'à la condition que celles-ci, entraînant des modifications sur des points précis et limités et ne nécessitant pas la présentation d'un nouveau projet, aient pour effet d'assurer la conformité des travaux projetés aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect. Le titulaire d'une autorisation d'urbanisme est recevable à demander l'annulation d'une ou de plusieurs prescriptions dont celle-ci est assortie. Il peut utilement soulever à l'appui de telles conclusions tout moyen relatif au bien-fondé des prescriptions qu'il critique ou au respect des exigences procédurales propres à leur édiction. Toutefois, le juge ne peut annuler ces prescriptions, lorsqu'elles sont illégales, que s'il résulte de l'instruction qu'une telle annulation n'est pas susceptible de remettre en cause la légalité de l'autorisation d'urbanisme et qu'ainsi ces prescriptions ne forment pas avec elle un ensemble indivisible.
3. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été rendu au regard d'un avis rendu le 30 novembre 2021 par l'architecte des bâtiments de France (ABF) qui recommande, afin de préserver le caractère architectural de la maison en cause et par suite le paysage urbain du centre historique du Muy, de réaliser les menuiseries des fenêtres " en bois peint avec petits bois aux dimensions de la baie, en feuillure et après dépose des anciens dormants ". La circonstance que le maire du Muy s'est approprié cette recommandation à titre de prescription dans l'arrêté attaqué ne signifie pas qu'il se soit estimé lié par cet avis, lequel précise d'ailleurs qu'il n'est pas obligatoire. Il en va de même du passage des écritures en défense de la commune selon lequel la prescription contestée est " la conséquence directe de l'avis de l'ABF ". Par suite, Mme A n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté attaqué serait entaché sur ce point d'une erreur de droit.
4. En deuxième lieu, la légalité de la prescription litigieuse s'apprécie au regard des seules règles d'urbanisme applicables au projet en cause et non des travaux qui ont pu être effectués, ou des autorisations qui ont pu être délivrées, sur des parcelles voisines. Par suite, la circonstance que des fenêtres en PVC ont été installées, avec ou sans autorisation d'urbanisme, sur plusieurs biens situés à proximité de la maison de Mme A dans le centre-ville du Muy, y compris sur le bâtiment accueillant l'hôtel de ville, est sans incidence sur la légalité de la prescription contestée. Dès lors, Mme A ne peut utilement invoquer une rupture d'égalité devant les charges publiques du fait de la réalisation de ces travaux ou de la délivrance de ces autorisations sur d'autres propriétés.
5. En dernier lieu, les moyens dirigés contre la prescription en litige ayant été écartés, la décision de rejet du recours gracieux n'est pas illégale par voie de conséquence.
6. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander, par les moyens qu'elle invoque, l'annulation de la prescription attaquée et de la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A, n'appelle aucune mesure d'exécution. Par conséquent, les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de laisser à chaque partie la charge de ses frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune du Muy au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune du Muy.
Délibéré après l'audience du 7 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bernabeu, présidente,
M. Cros, premier conseiller,
M. Martin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 octobre 2024.
Le rapporteur,
Signé
F. CROS
La présidente,
Signé
M. BERNABEU
La greffière,
Signé
G. BODIGER
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026