jeudi 25 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2201133 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | HOLLET DIDIER & HUGUES NICOLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 avril 2022, la société par actions simplifiée (SAS) Azur Bat Construction, représentée par Me Hollet, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler la décision du 24 février 2022 par laquelle le directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur lui a infligé une amende d'un montant de 22 608 euros, en raison de manquements relatifs à l'hygiène ;
2°) à titre subsidiaire, de ramener l'amende à de plus justes proportions ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors que l'administration n'a pas tenu compte de ses observations ;
- lors du contrôle du 15 janvier 2020, il a été constaté que les salariés bénéficiaient d'un sanitaire chimique comme local d'hygiène ; en outre, s'agissant du local vestiaire, les agents ont seulement constaté qu'il se trouvait dans une pièce aveugle ;
- le montant des amendes est disproportionné.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 février 2023, le directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les moyens tirés de ce que les observations de la société n'ont pas été prises en compte et de ce qu'un sanitaire chimique était présent sur le chantier le jour du contrôle doivent être écartés comme irrecevables, en l'absence de tout élément nouveau ;
- les autres moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Hélayel, conseiller,
- les conclusions de M. Kiecken, rapporteur public,
- les observations de Me Hollet, représentant la société requérante.
Considérant ce qui suit :
1. La SAS Azur Bat Construction exerce une activité de maçonnerie générale et de gros œuvre. Le 15 janvier 2020, deux agents de l'inspection du travail ont effectué un contrôle sur un chantier de construction de logements, situé à La Seyne-sur-Mer. Par un courrier du 17 janvier 2020, l'administration a adressé à la société requérante des observations, consécutives au contrôle effectué. Le 21 janvier 2020, les agents de contrôle se sont à nouveau rendus sur le chantier. Par un courrier du 29 janvier 2020, de nouvelles observations ont été formulées à destination de la société requérante, qui a été informée de ce qu'un rapport allait être déposé en vue du prononcé d'une amende à son encontre. Ce rapport a été établi le 25 septembre 2020. Le 23 septembre 2021, la société Azur Bat Construction a été informée de ce que l'administration envisageait de prononcer une amende à son encontre, du fait de la constatation de trois manquements à la règlementation relative aux installations sanitaires et invitée à présenter ses observations dans un délai d'un mois. La société a présenté ses observations le 6 octobre 2021. Par une décision du
24 février 2022, le directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur lui a infligé une amende de 22 608 euros.
2. L'article L. 8115-1 du code du travail dispose que : " L'autorité administrative compétente peut, sur rapport de l'agent de contrôle de l'inspection du travail (), et sous réserve de l'absence de poursuites pénales, soit adresser à l'employeur un avertissement, soit prononcer à l'encontre de l'employeur une amende en cas de manquement : / () 5° Aux dispositions prises pour l'application des obligations de l'employeur relatives aux installations sanitaires () "
3. Aux termes de l'article R. 4534-139 du code du travail : " L'employeur met à la disposition des travailleurs un local-vestiaire : / 1° Convenablement aéré et éclairé, et suffisamment chauffé ; / () 3° Pourvu d'un nombre suffisant de sièges. () "
4. Aux termes de l'article R. 4534-144 du code du travail : " Sur les chantiers, des cabinets d'aisance conformes aux dispositions des articles R. 4228-11 à R. 4228-15 sont mis à la disposition des travailleurs. " L'article R. 4228-11 du code prévoit que : " Les cabinets d'aisance ne peuvent communiquer directement avec les locaux fermés dans lesquels les travailleurs sont appelés à séjourner. / Ils sont aménagés de manière à ne dégager aucune odeur. /
Ils sont équipés de chasse d'eau et pourvus de papier hygiénique. " L'article R. 4228-12 prévoit que : " Les cabinets d'aisance sont aérés conformément aux règles d'aération et d'assainissement du chapitre II et convenablement chauffés. " L'article R. 4228-15 du code prévoit que : " Les effluents des cabinets d'aisance sont évacués conformément aux règlements sanitaires. "
5. En premier lieu, il résulte de l'instruction que, le 15 janvier 2020, trois salariés de la société Azur Bat Construction effectuaient des travaux de maçonnerie à l'intérieur du bâtiment sur le chantier situé à La Seyne-sur-Mer. Le conducteur de travaux a alors indiqué aux agents de l'inspection du travail que, bien que le chantier fût interrompu depuis le mois de novembre 2019, il avait repris depuis le début de la semaine. Dès lors, les allégations de la requérante, selon laquelle les salariés s'étaient uniquement présentés pour " sécuriser et fermer le chantier ", sont contredites par les propos du chef du chantier en cause. Il n'est ainsi pas établi que de telles installations n'auraient plus été nécessaires.
6. Il résulte également de l'instruction que, le 15 janvier 2020, les salariés présents sur le chantier ont expliqué aux agents de contrôle que le maître d'œuvre avait décidé du retrait de la base-vie, dès lors qu'elle empiétait sur le parking du chantier et le chef du chantier leur a alors montré une photographie des sanitaires raccordés aux réseaux d'assainissement qui étaient auparavant installés. Ainsi, en se bornant à soutenir que les salariés bénéficiaient bien, ce jour, d'un sanitaire chimique, la requérante ne démontre pas qu'elle se serait conformée aux dispositions précitées du code du travail, qui lui étaient bien applicables en sa qualité d'employeur.
7. Enfin, les deux agents de contrôle ont constaté, le 15 janvier 2020, l'absence de tout local-vestiaire puis, le 21 janvier 2020, la mise à disposition d'une pièce ni aérée ni chauffée et non équipée de bancs ou de chaises. Or, sur ce point, la requérante se borne à soutenir que le rapport n'est pas " particulièrement satisfaisant ". Dans ces conditions, l'administration n'a pas commis d'erreur d'appréciation en retenant l'existence de trois manquements à la règlementation relative aux installations sanitaires. Par suite, ce moyen, qui n'est pas irrecevable, doit être écarté.
8. En second lieu, la requérante soutient que le montant de l'amende est disproportionné, dès lors que la gravité des manquements reprochés est relative et que, du point de vue financier, ses marges sont particulières faibles. Toutefois, les dispositions méconnues assurent aux salariés des conditions de travail élémentaires, de sorte que leur importance ne saurait être relativisée. En outre, la société requérante n'apporte aucun élément relatif à son chiffre d'affaires. En tout état de cause, il n'est pas contesté qu'en dépit de la demande du 6 octobre 2020, l'intéressée n'a communiqué aucune information concernant ses ressources et ses charges, alors qu'une minoration du quantum de l'amende, du fait des conséquences de la crise sanitaire, a bien été appliquée (montants unitaires retenus de 1 413 euros et de 2 836, multipliés par le nombre de manquements constatés). Enfin, il résulte de l'instruction que des manquements aux règles d'hygiène ont déjà été imputés à la société Azur Bat Construction entre 2016 et 2019. Par suite, le moyen tiré du caractère disproportionné de la sanction doit être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la SAS Azur Bat Construction doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SAS Azur Bat Construction est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Azur Bat Construction et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.
Copie en sera adressée à la direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Délibéré après l'audience du 28 mars 2024 à laquelle siégeaient :
M. Philippe Harang, président,
M. Zouhaïr Karbal, conseiller,
M. David Hélayel, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 avril 2024.
Le rapporteur,
Signé
D. HELAYEL
Le président,
Signé
P. HARANG
La greffière,
Signé
A. CAILLEAUX
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, en ce qui la concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026