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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2201153

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2201153

jeudi 18 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2201153
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème chambre
Avocat requérantHOEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 avril 2022, M. A B, représenté par Me Hoël, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 1er mars 2022 par lequel le préfet du Var lui a ordonné de se dessaisir de toutes les armes dont il était en possession, dans un délai de trois mois, lui a interdit d'acquérir ou de détenir des armes de toute catégorie et a retiré la validation de son permis de chasser ;

2°) d'enjoindre au préfet du Var de supprimer son nom ainsi que toute donnée personnelle le concernant du fichier national des interdits d'acquisition et de détention d'armes ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 500 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté a été édicté par une autorité incompétente ;

- il a été édicté à l'issue d'une procédure irrégulière, en l'absence d'une situation d'urgence ;

- il est entaché d'une erreur d'appréciation ;

- il est entaché d'une erreur de fait ;

- il méconnaît les dispositions du 1° et du 2° de l'article L. 312-3 du code de la sécurité intérieure.

Une mise en demeure a été adressée le 30 janvier 2024 au préfet du Var, qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité intérieure ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Hélayel, conseiller,

- les conclusions de M. Kiecken, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, né le 24 janvier 1977, a déclaré détenir cinq carabines de chasse. Par un arrêté du 1er mars 2022, le préfet du Var a ordonné le dessaisissement de ses armes de toute catégorie.

2. D'une part, l'article L. 312-3 du code de la sécurité intérieure dispose que : " Sont interdites d'acquisition et de détention d'armes, de munitions et de leurs éléments des catégories A, B et C : / 1° Les personnes dont le bulletin n° 2 du casier judiciaire comporte une mention de condamnation pour l'une des infractions suivantes : / () -acquisition, cession ou détention sans déclaration d'armes ou d'éléments d'armes de catégorie C ou de leurs munitions () ". Aux termes de l'article R. 312-67 du même code : " Le préfet ordonne la remise ou le dessaisissement de l'arme ou de ses éléments dans les conditions prévues aux articles L. 312-7 ou L. 312-11 lorsque : / () 2° Le demandeur ou le déclarant a été condamné pour l'une des infractions mentionnées au 1° de l'article L. 312-3 figurant au bulletin n° 2 de son casier judiciaire () ".

3. D'autre part, l'article L. 312-11 du code de la sécurité intérieure dispose que : " () le représentant de l'Etat dans le département peut, pour des raisons d'ordre public ou de sécurité des personnes, ordonner à tout détenteur d'une arme, de munitions et de leurs éléments de toute catégorie de s'en dessaisir. () ".

4. Il ressort des pièces du dossier que, le 17 octobre 2017, le tribunal judiciaire de Draguignan a condamné M. B à une peine de 700 euros d'amende pour des faits de d'acquisition d'arme de catégorie D1 sans demande d'enregistrement et de détention d'arme de catégorie C non déclarée, commis le 15 décembre 2015 à Cogolin. Il n'est pas contesté que cette condamnation figure au bulletin n°2 de son casier judiciaire. Dans ces conditions, le préfet du Var était tenu de prononcer l'interdiction d'acquisition et de détention en cause et d'ordonner au requérant de se dessaisir de ses armes. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du 1° de l'article L. 312-3 du code précité, au motif que les armes de catégories C ne seraient pas concernées par cet article, doit être écarté. Compte tenu de la situation de compétence liée dans laquelle se trouvait le préfet, les autres moyens soulevés par le requérant ne peuvent qu'être écartés comme inopérants.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Var.

Délibéré après l'audience du 4 juillet 2024, à laquelle siégeaient :

M. Philippe Harang, président,

Mme Mathilde Montalieu, conseillère,

M. David Hélayel, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2024.

Le rapporteur,

Signé

D. HELAYEL

Le président,

Signé

Ph. HARANGLa greffière,

Signé

F. POUPLY

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière.

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