lundi 22 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2201201 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | MAILLOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 mai 2022, M. A B, représenté par Me Maillot, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a rejeté sa demande tendant à être intégré en qualité de postulant sur le tableau d'avancement au grade de major de police au titre de l'année 2022 ;
2°) d'enjoindre à l'Etat de tirer toutes les conséquences de droit d'une telle annulation et notamment d'instruire à nouveau sa demande et de le rétablir dans ses droits, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation ;
- elle est entachée de discrimination liée à son état de santé.
Une mise en demeure a été adressée le 19 octobre 2023 au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Par une ordonnance du 4 décembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 8 janvier 2024 à 12h00.
Par une lettre du 11 juin 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'inopérance des moyens de la requête dès lors qu'en dépit de l'éventuelle faute commise par l'administration en n'informant pas M. B du télégramme ministériel annonçant l'ouverture et les modalités d'inscription à l'examen professionnel, le ministre de l'intérieur et des outre-mer était, en tout état de cause, en situation de compétence liée pour rejeter la demande du 5 février 2022 par laquelle l'intéressé a sollicité son admission à postuler à cet examen, dès lors que la date limite de transmission des candidatures avait été fixée au 29 janvier 2021 par l'arrêté du ministre de l'intérieur du 27 novembre 2020.
Un mémoire en défense présenté pour le ministre de l'intérieur et des outre-mer a été enregistré le 14 juin 2024, postérieurement à la clôture de l'instruction.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 2008-496 du 27 mai 2008 ;
- le décret n° 2004-1439 du 23 décembre 2004 ;
- l'arrêté du 27 novembre 2020 autorisant l'ouverture au titre de l'année 2022 de l'examen des capacités professionnelles pour l'accès au grade de major de police au titre du 1-1 de l'article 18 du décret n° 2004-1439 du 23 décembre 2004 modifié portant statut particulier du corps d'encadrement et d'application de la police nationale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 1er juillet 2024 :
- le rapport de M. Cros ;
- les conclusions de Mme Duran-Gottschalk, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Maillot pour M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B est agent titulaire de la fonction publique de l'Etat au sein de la police nationale au grade de brigadier-chef de police, affecté à la circonscription de sécurité publique (CSP) de Sanary-sur-Mer. Alors qu'il était placé en arrêt de travail pour raison médicale du 24 juin 2020 au 1er février 2021, un télégramme non daté, signé du chef de la division de l'organisation des concours et des dispositifs promotionnels du ministère de l'intérieur, a informé l'ensemble des services de police de l'ouverture des inscriptions pour la reconnaissance des acquis de l'expérience professionnelle (RAEP) permettant l'avancement au grade de major de police, visé au 1-1 de l'article 18 du décret n° 2004-1439 du 23 décembre 2004 portant statut particulier du corps d'encadrement et d'application de la police nationale, au titre de l'année 2022. Parmi les conditions requises pour candidater, ce télégramme fixait la clôture des inscriptions au 29 janvier 2021 à minuit en précisant que tout dossier transmis hors délai ne serait pas étudié par le jury. Il indiquait encore que les candidats pouvaient être en situation de congé de maladie ou de longue maladie. Par lettre du 5 février 2022 reçue au plus tard le 14 février suivant, M. B, faisant valoir qu'il n'avait pas pu se porter candidat à cet examen professionnel faute d'avoir été informé de ce télégramme par son administration, a demandé au ministre de l'intérieur son " intégration, en qualité de postulant, sur le tableau d'avancement au grade de major de police au titre de l'année 2022 ". L'intéressé doit ainsi être regardé comme ayant sollicité son admission à postuler c'est-à-dire à candidater à cet examen. Le ministre a implicitement rejeté cette demande. M. B demande l'annulation de cette décision de rejet.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 3 du décret n° 2004-1439 du 23 décembre 2004 portant statut particulier du corps d'encadrement et d'application de la police nationale, dans sa rédaction applicable au litige : " Le corps d'encadrement et d'application comprend quatre grades : / -gardien de la paix ; / -brigadier de police ; / -brigadier-chef de police ; / - major de police ". Selon l'article 18 même décret : " Peuvent être inscrits au tableau d'avancement pour l'accès au grade de major de police : () 1-1. Les brigadiers-chefs de police qui, au 1er janvier de l'année pour laquelle le tableau d'avancement a été arrêté, comptent dix-sept ans au moins de services effectifs depuis leur titularisation dans le corps, dont quatre ans au moins dans leur grade () ".
3. Aux termes de l'arrêté du 27 novembre 2020 autorisant l'ouverture au titre de l'année 2022 de l'examen des capacités professionnelles pour l'accès au grade de major de police au titre du 1-1 de l'article 18 du décret n° 2004-1439 du 23 décembre 2004 modifié portant statut particulier du corps d'encadrement et d'application de la police nationale : " Par arrêté du ministre de l'intérieur en date du 27 novembre 2020, est autorisée l'ouverture au titre de l'année 2022, de l'examen professionnel pour l'accès au grade de major de police au titre du 1-1 de l'article 18 du décret n° 2004-1439 du 23 décembre 2004 modifié portant statut particulier du corps d'encadrement et d'application de la police nationale. / La division de l'organisation des concours et des dispositifs promotionnels est chargée de la gestion des inscriptions et des modalités d'organisation de l'examen. / () Les formulaires d'inscription devront être impérativement () transmis personnellement par les candidats par lettre suivie ou par courrier recommandé avec accusé réception () au plus tard le vendredi 29 janvier 2021 avant minuit, le cachet de la poste faisant foi. / Tout dossier papier parvenant dans une enveloppe portant un cachet de la poste postérieur au vendredi 29 janvier 2021, ou parvenant après cette date dans une enveloppe ne portant aucun cachet de la poste ou parvenant par tout autre mode d'envoi non postal (courriel, télécopie), sera refusé () ".
4. La décision attaquée s'analyse en un rejet de la demande de M. B du 5 février 2022 tendant à lui permettre de s'inscrire à l'examen professionnel pour l'accès au grade de major de police au titre de l'année 2022. L'intéressé soutient que cette décision est illégale car l'administration a manqué à son obligation de lui notifier le télégramme annonçant l'ouverture et les modalités d'inscription à cet examen, auquel il avait le droit de candidater malgré son placement en congé de maladie. Toutefois, il résulte de l'arrêté du 27 novembre 2020 que la date limite de transmission des candidatures était fixée au 29 janvier 2021 à minuit. Ainsi, la demande de M. B, présentée le 5 février 2022, était tardive. Dès lors, à supposer même que l'administration ait commis une faute en n'informant pas l'intéressé de ce télégramme, le ministre de l'intérieur était, en tout état de cause, tenu de rejeter sa demande d'inscription. Il se trouvait donc en situation de compétence liée. Par suite, l'ensemble des moyens soulevés par le requérant doivent être écartés comme inopérants.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. B tendant à l'annulation de la décision attaquée doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
6. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B, n'appelle aucune mesure d'exécution. Par conséquent, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée à ce titre par M. B.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 1er juillet 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bernabeu, présidente,
M. Cros, premier conseiller,
M. Martin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juillet 2024.
Le rapporteur,
Signé
F. CROS
La présidente,
Signé
M. BERNABEU
La greffière,
Signé
G. BODIGER
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026