vendredi 28 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2201288 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | CHATTI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 mai 2022, La SARL ALFI, représentée par Me Chatti, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 9 mars 2022 par laquelle l'établissement national des produits de l'agriculture et de la mer (FranceAgriMer) a rejeté sa demande d'aide de paiement dans le cadre du programme d'aide aux investissements en exploitations pour la protection contre les aléas climatiques, ensemble la décision rejetant son recours gracieux en date du 13 mars 2022 ;
2°) d'enjoindre à FranceAgriMer de lui verser la somme de 12 000 euros ;
3°) de mettre à la charge de FranceAgriMer une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'auteure de la décision attaquée était incompétente pour la signer ;
- FranceAgriMer a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation dès lors qu'en lui délivrant une autorisation d'achat (ACT) le 20 janvier 2021, elle bénéficiait d'un droit acquis et que l'acompte versé à la société prestataire a été encaissé postérieurement à ladite autorisation de telle sorte qu'elle n'a pas méconnu les dispositions relatives à la procédure d'octroi d'aide prévue par la décision n°INTV-SANAEI-2020-67 de la directrice générale de FranceAgriMer.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 septembre 2023, FranceAgriMer, représenté par sa directrice générale, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors qu'elle est tardive ;
- à titre subsidiaire, les moyens sont inopérants dès lors qu'ils ne sont pas dirigés contre la décision du 24 août 2021 pourtant contestée par la requérante.
Par une ordonnance du 5 août 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 7 octobre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la décision n°NTV-SANAEI-2020-67 de la directrice générale de FranceAgriMer en date du 2 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 7 février 2025, en l'absence des parties :
- le rapport de M. Quaglierini, rapporteur,
- les conclusions de Mme Faucher, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL ALFI, société d'exploitation agricole ayant pour objet l'horticulture et ayant une exploitation dans la vallée de l'Argens, a demandé à bénéficier du programme d'aide aux investissements en exploitation pour la protection contre les aléas climatiques auprès de l'établissement national des produits de l'agriculture et de la mer (FranceAgriMer). Par courrier du 24 août 2021, FranceAgriMer a informé l'intéressée que sa demande a fait l'objet d'une instruction favorable et lui a donné autorisation à l'achat et au commencement des travaux (ACT) à compter du 20 janvier 2021. Mais par un courriel du 9 mars 2021, FranceAgriMer a finalement informé la SARL ALFI que sa demande a été rejetée au motif d'une facture acquittée le 12 janvier 2021, soit préalablement à l'ACT, en méconnaissance de l'article 5.3 de la décision FranceAgriMer INTV-SANAEI-2020-67 du 2 décembre 2020. Par sa requête, la SARL ALFI doit être regardée comme demandant l'annulation de cette dernière décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, Mme D B, cheffe de l'unité " Aides aux exploitations et expérimentation ", pouvait régulièrement signer la décision attaquée du 9 mars 2022, en application de la décision du 12 mai 2020 de la directrice générale de FranceAgriMer relative aux délégations de signature des agents de la direction Interventions. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté comme manquant en fait.
3. En second lieu, aux termes de l'article L. 242-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Par dérogation à l'article L. 242-1, l'administration peut, sans condition de délai : () 2° Retirer une décision attribuant une subvention lorsque les conditions mises à son octroi n'ont pas été respectées ". Par ailleurs, aux termes de l'article 5.3 de la décision n°NTV-SANAEI-2020-67 susvisée : " La décision d'octroi de l'aide, outre la confirmation de la date d'autorisation d'achat des matériels, des dépenses éligibles, du taux d'aide et du montant maximum de subvention attribuée, précise la date avant laquelle l'achat devra avoir été réalisé ainsi que la date limite de présentation de la demande de versement. / Le commencement d'exécution du projet ne peut pas intervenir avant la date de l'autorisation d'achat. S'il intervient avant, c'est la totalité de la demande d'aide qui est irrecevable ".
4. D'une part, la requérante soutient qu'une erreur matérielle figure dans la date de règlement de l'acompte versé. Toutefois, il résulte de la mention inscrite manuscritement sur la commande du 11 février 2021 qu'un acompte de 20 000 euros a été remis, par un chèque daté du 12 janvier 2021, de telle sorte que la requérante, qui ne conteste pas pour autant avoir remis ledit chèque à une date ultérieure, ne saurait soutenir que la mention est erronée.
5. D'autre part, la requérante soutient que l'acompte en litige a finalement été encaissé le 25 janvier 2021, de telle sorte que la vente doit être regardée comme étant réalisée à cette date, postérieure à l'ACT. Toutefois, en ayant accepté de contracter avec la société FiLCLAIR en lui remettant un acompte par un chèque daté du 12 janvier 2021, la SARL ALFI doit être regardée comme ayant conclu un acte juridique en vue de la réalisation du projet et a, ainsi, commencé l'exécution du projet antérieurement à l'ACT, en méconnaissance des dispositions citées au point 3. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit être écarté comme n'étant pas fondé.
6. Il résulte de ce qui précède que la SARL ALFI n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 9 mars 2022, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par FranceAgriMer.
Sur l'injonction :
7. Le présent jugement, qui rejette les conclusions tendant à l'annulation de la décision attaquée, n'implique aucune mesure particulière d'exécution. Par suite, les conclusions susvisées ne peuvent être accueillies.
Sur les frais liés à l'instance :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par la SARL ALFI au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens soit mise à la charge de FranceAgriMer qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SARL ALFI est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SARL ALFI, à M. C A en sa qualité de mandataire liquidateur de la SARL ALFI et à l'établissement national des produits de l'agriculture et de la mer (FranceAgriMer).
Copie en sera adressée au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire.
Délibéré après l'audience du 7 février 2025 à laquelle siégeaient :
M. Sauton, président,
M. Quaglierini, premier conseiller,
Mme Martin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 février 2025.
Le rapporteur,
Signé
B. Quaglierini
Le président,
Signé
J.-F. Sauton
La greffière,
Signé
B. Ballestracci
La République mande et ordonne au ministre de l'agriculture et de l'alimentation en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier
2
Conseil d'État — N° 515333
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de Mme A..., magistrate, qui demandait le report et l'encadrement de ses auditions par l'inspection générale de la justice (IGJ) dans le cadre d'une enquête administrative. La requérante invoquait une atteinte grave à ses droits de la défense, à sa dignité et à l'indépendance juridictionnelle. Le juge a estimé que l'audition prévue du 4 au 7 mai 2026, qui ne préjugeait pas de l'issue de l'enquête ni d'éventuelles poursuites disciplinaires, n'était pas susceptible de porter une atteinte manifestement disproportionnée à ses droits. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la condition d'urgence n'étant pas retenue comme caractérisant une illégalité grave.
03/05/2026
Conseil d'État — N° 509298
Le Conseil d'État rejette la requête de M. A... pour défaut d'intérêt à agir, les circonstances invoquées (qualité de citoyen, d'usager ou de professionnel) n'étant pas suffisamment directes et certaines pour contester la nomination du président du conseil d'administration de l'OFII. La portée de cette décision est de rappeler la rigueur du contrôle de l'intérêt à agir en matière de nominations aux emplois publics.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 507528
Le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi de La Poste contre l'ordonnance ayant suspendu la révocation de M. B..., estimant qu'aucun moyen sérieux n'est soulevé.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 509363
Le Conseil d’État refuse d’admettre le pourvoi de M. B... contre l’ordonnance rejetant sa demande d’hébergement d’urgence et d’allocation pour demandeur d’asile. Le moyen unique de dénaturation, tiré de l’absence d’urgence particulière, est jugé insuffisant pour permettre l’admission. Cette décision confirme le rejet de la requête en référé-liberté.
09/04/2026