lundi 22 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2201312 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | VARRON CHARRIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 mai 2022, M. A B, représenté par Me Varron-Charrier, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision, révélée par le courrier du 9 mai 2022, par laquelle le recteur de l'académie de Nice a refusé son placement en congé pour invalidité temporaire imputable au service à titre provisoire ;
2°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Nice de le placer à titre rétroactif en congé pour invalidité temporaire imputable au service à titre provisoire à compter du 4 mai 2022, sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée ne mentionne pas les qualité, nom et prénom de son auteur, en violation des dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article 47-5 du décret n° 86-442 du 14 mars 1986, en application desquelles il aurait dû être placé en congé pour invalidité temporaire imputable au service à titre provisoire à compter du 4 mai 2022, terme du délai d'instruction de sa demande qui a couru à compter du 4 avril 2022 pour une durée d'un mois ;
- elle est entachée d'erreur volontaire quant à la date de dépôt de sa demande de congé pour invalidité temporaire imputable au service, qui est le 4 avril 2022 et non le 3 mai suivant, en application des dispositions de l'article 47-2 du même décret.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 décembre 2023, la rectrice de l'académie de Nice conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que la requête est irrecevable en application des dispositions de l'article R. 421-1 du code de justice administrative car le courrier attaqué a un caractère informatif et non décisoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 1er juillet 2024 :
- le rapport de M. Cros ;
- et les conclusions de Mme Duran-Gottschalk, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, fonctionnaire du ministère de l'éducation nationale au grade de professeur des écoles de classe normale, demande l'annulation de la décision, révélée par le courrier du 9 mai 2022, par laquelle le recteur de l'académie de Nice a refusé son placement en congé pour invalidité temporaire imputable au service (CITIS) à titre provisoire à compter du 4 mai 2022.
Sur la fin de non-recevoir :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision () ".
3. Aux termes de l'article L. 822-21 du code général de la fonction publique, en vigueur depuis le 1er mars 2022 et donc applicable à la date de la décision attaquée, qui a repris les dispositions du premier alinéa du I de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à : / 1° Un accident reconnu imputable au service tel qu'il est défini à l'article L. 822-18 () ".
4. Aux termes de l'article 47-1 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires : " Le congé prévu au premier alinéa du I de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 précitée est accordé au fonctionnaire, sur sa demande, dans les conditions prévues par le présent titre ". Selon l'article 47-2 du même décret : " Pour obtenir un congé pour invalidité temporaire imputable au service, le fonctionnaire () adresse par tout moyen à son administration une déclaration d'accident de service () accompagnée des pièces nécessaires pour établir ses droits. / La déclaration comporte : / 1° Un formulaire précisant les circonstances de l'accident (). Un formulaire type est mis en ligne sur le site internet du ministère chargé de la fonction publique et communiqué par l'administration à l'agent à sa demande ; / 2° Un certificat médical indiquant la nature et le siège des lésions résultant de l'accident () ainsi que, s'il y a lieu, la durée probable de l'incapacité de travail en découlant ". Aux termes de l'article 47-3 de ce décret : " I.- La déclaration d'accident de service () prévue à l'article 47-2 est adressée à l'administration dans le délai de quinze jours à compter de la date de l'accident. / Ce délai n'est pas opposable à l'agent lorsque le certificat médical prévu au 2° de l'article 47-2 est établi dans le délai de deux ans à compter de la date de l'accident. Dans ce cas, le délai de déclaration est de quinze jours à compter de la date de cette constatation médicale () ". Selon l'article 47-4 dudit décret : " L'administration qui instruit une demande de congé pour invalidité temporaire imputable au service peut : / 1° Faire procéder à une expertise médicale du demandeur par un médecin agréé lorsque des circonstances particulières paraissent de nature à détacher l'accident du service ou lorsque l'affection résulte d'une maladie contractée en service telle que définie au IV de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 précitée ; / 2° Diligenter une enquête administrative visant à établir la matérialité des faits et les circonstances ayant conduit à la survenance de l'accident ou l'apparition de la maladie ". Enfin, l'article 47-5 du décret précité dispose que : " Pour se prononcer sur l'imputabilité au service de l'accident (), l'administration dispose d'un délai : / 1° En cas d'accident, d'un mois à compter de la date à laquelle elle reçoit la déclaration d'accident et le certificat médical ; / () Un délai supplémentaire de trois mois s'ajoute aux délais mentionnés au 1° () en cas d'enquête administrative diligentée à la suite d'une déclaration d'accident de trajet ou de la déclaration d'une maladie mentionnée au troisième alinéa du IV de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 précitée, d'examen par le médecin agréé ou de saisine du conseil médical compétent. Lorsqu'il y a nécessité d'examen ou d'enquête complémentaire, l'employeur doit en informer l'agent ou ses ayants droit. / Au terme de ces délais, lorsque l'instruction par l'administration n'est pas terminée, l'agent est placé en congé pour invalidité temporaire imputable au service à titre provisoire pour la durée indiquée sur le certificat médical prévu au 2° de l'article 47-2 (). Cette décision, notifiée au fonctionnaire, précise qu'elle peut être retirée dans les conditions prévues à l'article 47-9 ".
5. Il ressort de ses propres termes que le courrier du 9 mai 2022 du rectorat de l'académie de Nice se borne, d'une part, à accuser réception de la déclaration d'accident de service transmise par M. B et, d'autre part, à porter à la connaissance de ce dernier la durée et le point de départ du délai d'instruction de sa demande. Ce courrier n'a ni pour objet ni pour effet de refuser à l'intéressé son placement en CITIS à titre provisoire dans les conditions prévues au dernier alinéa de l'article 47-5 du décret du 14 mars 1986 précité. Dès lors, le requérant n'est pas fondé à soutenir que ce courrier révélerait un tel refus par les informations qu'il mentionne.
6. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que le certificat médical indiquant la nature et le siège des lésions résultant de l'accident, exigé par le 2° de l'article 47-2 du décret du 14 mars 1986, ne figurait pas dans la déclaration d'accident de service initialement transmise par M. B au rectorat de l'académie de Nice le 4 avril 2022, le seul avis d'arrêt de travail initial joint à ladite déclaration étant insuffisant sur ce point. Ainsi, cette déclaration incomplète n'a pas pu faire courir le délai d'instruction de la demande. Le rectorat en a dûment informé l'intéressé par le courrier de " retour de déclaration incomplète " du 15 avril suivant, qui a notamment réclamé la production de ce certificat médical afin de compléter la déclaration. C'est seulement le 3 mai 2022 que M. B a transmis son dossier complété, comportant deux certificats médicaux, l'un initial et l'autre de prolongation, indiquant la nature et le siège des lésions résultant de l'accident, en l'occurrence un syndrome anxio-dépressif. Dans ces conditions, contrairement à ce que soutient l'intéressé, le point de départ du délai d'instruction de sa demande de CITIS n'est pas le 4 avril 2022 mais le 3 mai 2022, date de transmission d'un dossier complet. Dès lors, quand bien même sa durée n'aurait été que d'un mois, ce délai d'instruction n'était pas expiré à la date du courrier litigieux, le 9 mai 2022, de sorte que M. B ne pouvait prétendre à un placement en CITIS à titre provisoire à cette date. Ce courrier ne saurait donc être regardé comme lui refusant un tel placement.
7. Il résulte de ce qui précède que le courrier du 9 mai 2022 ne révèle pas de décision de refus de placement de l'agent en CITIS à titre provisoire. Ce courrier n'a donc pas le caractère d'une décision susceptible de recours. Dès lors, ainsi que l'oppose la rectrice de l'académie de Nice, les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées comme irrecevables par leur objet.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
8. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B, n'appelle aucune mesure d'exécution. Par conséquent, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée à ce titre par M. B.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie en sera adressée à la rectrice de l'académie de Nice.
Délibéré après l'audience du 1er juillet 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bernabeu, présidente,
M. Cros, premier conseiller,
M. Martin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juillet 2024.
Le rapporteur,
Signé
F. CROS
La présidente,
Signé
M. BERNABEU
La greffière,
Signé
G. BODIGER
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026