vendredi 4 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2201472 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | ABEILLE & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 juin 2022 et un mémoire enregistré le 1er juin 2023,
M. et Mme A et C E, représentés par la SELAS Pothet, par Me Pothet, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er décembre 2021 par lequel le maire de Cavalaire-sur-Mer ne s'est pas opposé à la déclaration préalable déposée par Mme B D en vue de la construction d'une clôture (muret surélevé d'une clôture avec panneaux), sur un terrain cadastré BD 93 situé 7, impasse Saint-Ferréol sur le territoire de cette commune, ensemble la décision implicite de rejet de leur recours gracieux présenté le 31 janvier 2022 et reçu le 2 février 2022 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Cavalaire-sur-Mer une somme de 2 000 euros à leur verser sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils sont les voisins immédiats de Mme D au sein du même lotissement ; un conflit en trouble anormal de voisinage les oppose à raison de l'intervention quotidienne d'un préposé sur la propriété de Mme D ;
- cette déclaration est frauduleuse car les services municipaux qui se sont rendus sur place ont pu constater que la clôture existait depuis de nombreux mois ; la constitution de cette clôture n'est pas conforme au règlement du lotissement, ce qui fondera une action judiciaire ; néanmoins, elle confirme que la commune avait d'ores et déjà décidé de tenir ce règlement pour caduc ;
- le mur qui supporte la palissade autorisée est un mur de soutènement du remblai sur lequel est édifiée la maison de Mme D, qui avait été surmonté d'un grillage doublé d'une haie vive ; cet ensemble est toujours existant ; la déclaration ne vise donc pas à réaliser une construction nouvelle ; et, en l'état, elle était éligible au permis de construire ;
- l'arrêté de non-opposition n'a jamais été affiché ;
- le dossier de déclaration est inexact voire erroné dans la mesure où il utilise le terme générique de " panneaux " qui n'est pas prévu par le PLU et n'est pas suffisamment précis pour permettre au service instructeur d'apprécier la conformité du projet aux règles d'urbanisme ;
- la construction prévue n'est pas conforme aux dispositions aux points 5.1, 5.3 et 5.4 de l'article UE11 - chapitre V du PLU de la commune, régissant la zone UEb où se situent les terrains d'assiette, la clôture présentant une hauteur supérieure à 2 m.
Par un mémoire en défense enregistré le 31 août 2022, la commune de Cavalaire-sur-Mer, agissant par son maire en exercice et représentée par la SELARL Abeille et Associés, par Me Pontier, conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge de M. et Mme E une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que la requête n'est pas recevable et que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense enregistrés le 16 novembre 2022 et le 5 décembre 2023, Mme B D, représentée par la SCP Moyaert Le Glaunec, par Me Moyaert, déclare intervenir volontairement à l'instance, conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge de M. et Mme E une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que la requête n'est pas recevable et que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 24 novembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée
au 8 décembre 2023 à 12 heures, par application de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bonmati ;
- les conclusions de Mme Faucher, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Pothet pour les requérants, de Me Haddad pour la commune de Cavalaire-sur-Mer et de Me Moeyaert pour Mme D.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme E demandent l'annulation de l'arrêté du 1er décembre 2021 par lequel le maire de Cavalaire-sur-Mer ne s'est pas opposé à la déclaration préalable déposée par Mme B D en vue de la construction d'une clôture (muret surélevé d'une clôture avec panneaux) sur un terrain cadastré BD 93 situé 7, impasse Saint-Ferréol sur le territoire de cette commune, ensemble de la décision implicite de rejet de leur recours gracieux présenté le 31 janvier 2022 et reçu le 2 février 2022.
2. Si les requérants, prenant acte de l'inapplicabilité du règlement du lotissement, font valoir qu'ils saisiront la juridiction judiciaire afin de trancher le litige les opposant à la pétitionnaire quant au respect de l'article 11 du règlement du lotissement, ils soutiennent néanmoins que cette circonstance révèlerait la volonté de la commune de considérer ce règlement comme caduc alors que l'assemblée générale des propriétaires colotis avait décidé, par une délibération du 31 mai 1997, de maintenir applicables les règles du lotissement.
3. Toutefois, aux termes de l'article L. 442-9 du code de l'urbanisme dans sa rédaction applicable à l'espèce : " Les règles d'urbanisme contenues dans les documents du lotissement, notamment le règlement, le cahier des charges s'il a été approuvé ou les clauses de nature réglementaire du cahier des charges s'il n'a pas été approuvé, deviennent caduques au terme de dix années à compter de la délivrance de l'autorisation de lotir si, à cette date, le lotissement est couvert par un plan local d'urbanisme ou un document d'urbanisme en tenant lieu. // De même, lorsqu'une majorité de colotis a demandé le maintien de ces règles, elles cessent de s'appliquer immédiatement si le lotissement est couvert par un plan local d'urbanisme ou un document d'urbanisme en tenant lieu, dès l'entrée en vigueur de la loi n° 2014-366 du 24 mars 2014 pour l'accès au logement et un urbanisme rénové. ". Il est constant que les règles posées par l'article 11 du règlement du lotissement régissant les clôtures constituent bien des règles d'urbanisme et non des clauses étrangères à cet objet, intéressant les seuls colotis. Dès lors la déclaration préalable devait légalement être instruite, comme elle l'a été, au regard des seules dispositions applicables du plan local d'urbanisme de la commune.
4. Les requérants soutiennent ensuite que la clôture a été installée dès avant le dépôt de la déclaration préalable en surplomb d'un mur de soutènement, lequel supporte déjà une clôture en grillage de 1,20 m doublée d'une haie vive, non autorisée en son temps et qui n'a pas été démolie. Ainsi, cette nouvelle palissade procèderait d'une déclaration frauduleuse et, dès lors qu'elle entraînait des travaux sur un ouvrage non autorisé, était éligible au permis de construire.
5. Toutefois, aucune disposition législative ou réglementaire d'urbanisme ne fait obstacle à ce qu'un pétitionnaire puisse solliciter la régularisation de la construction d'une clôture qu'il a édifiée sans autorisation dès lors que cette construction ne méconnaît pas les règles d'urbanisme en vigueur et n'impose pas davantage que la régularisation de la construction d'une clôture soit subordonnée à la délivrance d'un permis de construire. Au demeurant, l'édification d'une clôture est, de façon générale, légalement exemptée de toute formalité ou, tout au plus, soumise à déclaration. Il s'ensuit que la déclaration préalable en litige ne peut être regardée ni comme procédant d'une fraude ni comme méconnaissant l'obligation de solliciter un permis de construire.
6. Si les requérants indiquent, par ailleurs, que l'arrêté de non-opposition n'a fait l'objet d'aucun affichage, cette circonstance, qui n'a d'effet que sur le déclenchement du délai de recours contentieux, est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée.
7. Les requérant soutiennent, en outre, que le dossier de déclaration préalable serait insuffisant en ce qu'il utilise le terme de " panneaux ", trop imprécis et non prévu par le PLU de la commune. Il ressort toutefois de l'examen des pièces jointes au dossier de déclaration préalable que la consistance de la clôture en panneaux envisagée y est clairement décrite et représentée par des documents photographiques précis. Il s'ensuit que la terminologie employée, en admettant qu'elle ne figure pas en tant que telle dans le règlement du PLU, ne pouvait induire aucune équivoque et n'a aucunement fait obstacle à ce que le service instructeur ait procédé en toute connaissance de cause à l'examen de la conformité du projet aux règles d'urbanisme applicables. Il s'ensuit que le moyen ci-dessus analysé n'est pas fondé.
8. Aux termes, enfin, de l'article UE11 points 5.1, 5.3, 5.4 du PLU de la commune de Cavalaire-sur-Mer : " () 5.1. Les clôtures, tant à l'alignement que sur les limites séparatives doivent être constituées soit par des murs pleins, soit par des haies vives, soit par des grillages, grille ou tout autre dispositif à claire voie comportant ou non un mur bahut (dont la hauteur maximale est fixée à 1,20m). L'ensemble ne doit pas dépasser 2 m. // Les murs-pleins pourront être autorisés à condition : / - que leur hauteur maximale soit limitée à 2 m ; / - qu'ils s'intègrent harmonieusement dans le tissu urbain existant ; / - qu'ils ne concourent pas à aggraver les problématiques de ruissellement. () // 5.3. Les clôtures, lorsqu'elles sont constituées de grillages, grilles, doivent être doublées d'une haie vive et/ou accompagnées de végétaux grimpants. // 5.4. Les clôtures doivent être en harmonie avec les façades de la construction (). ".
9. Si les requérants soutiennent que la clôture objet de la déclaration préalable aurait une hauteur supérieure à 2 m, il ressort du dossier de déclaration déposé par la pétitionnaire que la clôture présente une hauteur de 1,10 m et de 1,45 m en incluant le mur-bahut sur lequel elle prend appui. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions citées au point 8, dans les seuls termes où il est énoncé, manque en fait. En toute hypothèse, la circonstance, à la supposer établie, que les travaux effectivement réalisés auraient abouti à ce que la hauteur excède 2 m, relève de l'exécution de l'autorisation dont il appartiendrait à la pétitionnaire d'assumer la responsabilité.
10. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit nécessaire de se prononcer sur sa recevabilité, la requête de M. et Mme E doit être rejetée.
Sur les frais relatifs au litige :
11. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances particulières de l'espèce, de faire application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme E est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Cavalaire-sur-Mer et de Mme D tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. et Mme A et C E, à Mme B D et à la commune de Cavalaire-sur-Mer.
Délibéré après l'audience du 20 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Sauton, président,
Mme Martin, conseillère,
Mme Bonmati, magistrate honoraire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2024.
La rapporteure,
signé
D. Bonmati
Le président,
signé
J.F. Sauton
Le greffier,
signé
P. Bérenger
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,
Le greffier.
N°220147
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026