jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2201581 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
Vu la procédure suivante : Par une requête enregistrée le 13 juin 2022, M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 10 252 euros, mise à sa charge par le titre de perception émis le 21 octobre 2021, en raison d'un trop-perçu d'aides versées dans le cadre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19. Il soutient que : - l'administration a entaché ses décisions d'une erreur d'appréciation dès lors qu'il remplissait l'ensemble des conditions pour bénéficier des aides du fonds de solidarité. Par un mémoire en défense, enregistré le 13 juillet 2022, le directeur départemental des finances publiques du Var conclut au rejet de la requête. Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés. Vu les autres pièces du dossier. Vu : - l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 modifiée ; - le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 modifié ; - le code de justice administrative. Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique : - le rapport de M. Karbal, conseiller, - les conclusions de M. Kiecken, rapporteur public, - et les observations de M. B. Considérant ce qui suit : 1. M. A B, qui exerce en tant qu'autoentrepreneur dans le domaine de l'évènementiel, a perçu l'aide exceptionnelle au titre des mois de mars à novembre 2020 dans le cadre du premier volet du fonds de solidarité, institué à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 pour un montant total de 12 058 euros. Par un courrier du 6 juillet 2021, le pôle de contrôle et d'expertise de la direction départementale des finances publiques du Var l'a informé de ce qu'il avait constaté son absence d'éligibilité pour bénéficier des aides d'Etat perçues. A la suite de ce contrôle, la direction générale des finances publiques a émis à son encontre le 21 octobre 2021 un titre de perception portant récupération des aides perçues à hauteur de la somme totale de 10 252 euros. Par un courriel du 15 mars 2022, M. B a contesté cette absence d'éligibilité. Le 11 avril 2022, l'administration a rejeté son recours gracieux. 2. D'une part, aux termes de l'article 1er de l'ordonnance du 25 mars 2020 portant création d'un fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation, dans sa rédaction applicable au litige : " Il est institué, jusqu'au 16 février 2021, un fonds de solidarité ayant pour objet le versement d'aides financières aux personnes physiques et morales de droit privé exerçant une activité économique particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation du covid-19 et des mesures prises pour en limiter la propagation. () ". L'article 3 de la même ordonnance dispose : " Un décret fixe le champ d'application du dispositif, les conditions d'éligibilité et d'attribution des aides, leur montant ainsi que les conditions de fonctionnement et de gestion du fonds () ". 3. D'autre part, aux termes de l'article 3-1 de l'ordonnance du 25 mars 2020 portant création d'un fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation : " I. - Les aides versées au titre du fonds le sont sur la base d'éléments déclaratifs prévus par décret. / Sous réserve des dispositions du troisième alinéa du II, elles sont insaisissables. / II. - Les documents attestant du respect des conditions d'éligibilité au fonds et du correct calcul du montant de l'aide sont conservés par le bénéficiaire pendant cinq années à compter de la date de versement de cette dernière. / Les agents de la direction générale des finances publiques et les agents publics affectés dans les services déconcentrés des administrations civiles de l'Etat peuvent demander à tout bénéficiaire du fonds communication de tout document relatif à son activité, notamment administratif ou comptable, permettant de justifier de son éligibilité et du correct montant de l'aide reçue pendant cinq années à compter de la date de son versement. Le bénéficiaire dispose d'un délai d'un mois pour produire ces justifications à compter de la date de la demande. / En cas d'irrégularités constatées, d'absence de réponse ou de réponse incomplète à la demande prévue au premier alinéa, les sommes indûment perçues font l'objet d'une récupération selon les règles et procédures applicables en matière de créances étrangères à l'impôt et au domaine. / La procédure prévue au présent II ne constitue pas une procédure de contrôle de l'impôt. ". 4. Il résulte, d'une part, des dispositions des articles 2 et suivants du décret du 30 mars 2020 modifié que, pour bénéficier des aides financières instaurées par l'ordonnance du 25 mars 2020, les entreprises créées avant 2019 devaient avoir subi une perte de chiffre d'affaires d'au moins 50 % durant la période au titre de laquelle l'aide avait été demandée par rapport à la même période de l'année 2019 ou par rapport au chiffre d'affaires mensuel moyen de l'année 2019, si cette option lui étaient plus favorable . 5. D'autre part, aux termes de l'article 3-24 du décret du 30 mars 2020 relatif au fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation, dans sa version modifiée par le décret n°2021-423 du 10 avril 2021 : " IV.-La perte de chiffre d'affaires au sens du présent article est définie comme la différence entre, d'une part, le chiffre d'affaires au cours du mois de mars 2021 et, d'autre part, le chiffre d'affaires de référence défini comme : / -le chiffre d'affaires réalisé durant le mois de mars 2019, ou le chiffre d'affaires mensuel moyen de l'année 2019 selon l'option retenue par l'entreprise lors de sa demande au titre du mois de février 2021 ; ou si le fonds de solidarité n'a pas été demandé au titre du mois de février 2021, le chiffre d'affaires réalisé durant le mois de mars 2019, ou le chiffre d'affaires mensuel moyen de l'année 2019 ; / -ou, pour les entreprises créées entre le 1er juin 2019 et le 31 janvier 2020, le chiffre d'affaires mensuel moyen sur la période comprise entre la date de création de l'entreprise et le 29 février 2020 () ". 6. En l'espèce, pour refuser de retenir comme chiffre d'affaires de référence le chiffre d'affaires de 2 079 euros réalisé en février 2020, l'administration fait valoir, sans être sérieusement contestée, que les mentions figurant sur l'extrait Kbis en date du 28 juillet 2021 indiquent que la société, immatriculée sous le numéro Siren 824 207 526 au registre du commerce et des sociétés de Toulon et identifiée comme l'établissement principal, dont l'activité a commencé le 7 janvier 2017 pour se poursuivre jusqu'au 23 juillet 2021, date de sa radiation. Il résulte également de l'instruction que sa société a réalisé un chiffre d'affaires en 2019 pour un montant annuel de 3 095 euros. Ainsi, le requérant n'est pas fondé à soutenir que, pour déterminer la période de référence, l'administration devait tenir compte de la date de début d'activité du nouvel établissement créé en février 2020 dès lors qu'il résulte des termes mêmes des dispositions précitées que la date à retenir pour calculer le chiffre d'affaires de référence est celle de la création de l'entreprise et non celle du démarrage effectif de l'activité déclarée concernant son nouvel établissement. Par suite, le moyen tiré de l'erreur commise par l'administration dans l'appréciation de sa situation doit être écarté. Dans ces conditions, l'administration était fondée à constater qu'il ne remplissait pas la condition d'éligibilité relative à la perte de chiffre d'affaires prévue par les dispositions susmentionnées du décret du 30 mars 2020 pour lui réclamer le remboursement de l'indu en litige. 7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris ses conclusions à fin de décharge du titre de perception émis le 21 octobre 2021. D É C I D E :Article 1er : La requête de M. B est rejetée. Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.Copie en sera adressée au directeur départemental des finances publiques du Var et au directeur régional des finances publiques PACA et des Bouches-du-Rhône.Délibéré après l'audience du 19 septembre 2024, à laquelle siégeaient :M. Philippe Harang, président, M. Zouhaïr Karbal, conseiller,M. David Hélayel, conseiller. Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024. Le rapporteur,SignéZ. KARBAL Le président, Signé Ph. HARANGLa greffière,SignéA. CAILLEAUX La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.Pour expédition conforme,La greffière,2N° 2201581
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