jeudi 5 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2201587 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SAINTOT CLAIRE NE PAS UTILISER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistré les 15 juin et 25 août 2022, la société à responsabilité limitée (SARL) S.F.T, représentée par Me Saintot, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 avril 2022 par laquelle le directeur départemental des finances publiques du Var a mis à sa charge, par le titre de perception émis le 20 décembre 2021, l'obligation de payer la somme de 10 000 euros, en raison d'un trop-perçu d'aides versées dans le cadre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19, et lui a refusé l'octroi de ces aides financières au titre du mois de décembre 2020 et janvier 2021 ;
2°) d'enjoindre au directeur départemental des finances publiques du Var de lui verser les aides gouvernementales au titre des mois de décembre 2020 et janvier 2021 et de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable dès lors que M. B a qualité pour agir et le recours a été introduit dans les délais ;
- la décision est entachée d'un vice de procédure dès lors que les dispositions de l'article 3-1 de l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 modifiée prévoient le versement de l'aide sur la base d'éléments déclaratifs et un contrôle à compter du versement de l'aide et non a priori ; elle est entachée d'un défaut de motivation ; pour le mois de novembre 2020, elle est entachée d'erreur de droit au regard du I de l'article 3-14 du décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 modifié ; pour le mois de décembre 2020, elle est entachée d'erreur de droit au regard de l'article 3-15 du décret
n° 2020-371 du 30 mars 2020 modifié ; pour le mois de janvier 2021, elle est entachée d'erreur de droit au regard de l'article 3-19 du décret n°2020-371 du 30 mars 2020 modifié ; elle était concernée par l'interdiction d'accueil du public prévue à l'article 40 du décret n° 2020-1310 du 29 octobre 2020.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 août 2022, le directeur départemental des finances publiques (DDFIP) du Var conclut au rejet de la requête et soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable, dès lors qu'il n'est pas établi que M. B aurait qualité pour agir au nom de la Sarl S.F.T ;
- les conclusions à fin d'annulation sont tardives.
Par un courrier du 25 octobre 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen d'ordre public, tiré de l'irrecevabilité pour tardiveté des conclusions aux fins d'annulation des décisions de refus d'octroi de la subvention du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de Covid-19 au titre du mois de décembre 2020 et janvier 2021 (Conseil d'Etat, 13 juillet 2016, M. A, n° 387763).
Des observations, présentées par la société S.F.T, en réponse à ce moyen relevé d'office, ont été enregistrées le 30 octobre 2024 et communiquées le 7 novembre suivant.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 modifié ;
- le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 modifié ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Karbal, rapporteur,
- et les conclusions de M. Kiecken, rapporteur public,
- les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. La société S.F.T exerce une activité de restauration de type asiatique. Elle a également pour objet la restauration rapide, ainsi que l'activité de brasserie, de snack, de traiteur, et d'élaboration de plats à emporter. Elle a sollicité l'octroi d'aides financières dans le cadre du fonds de solidarité instauré par l'ordonnance n° 2020-371 du 25 mars 2020, à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences de l'épidémie de Covid-19, au titre de sa perte de chiffre d'affaires au titre des mois d'octobre, novembre, décembre 2020 et janvier 2021. Par un courrier du 16 avril 2022, la DDFIP du Var a rejeté ses demandes.
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. ". Aux termes de l'article R. 421-5 du code précité : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. ".
3. Le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières, dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l'exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu'il en a eu connaissance.
4. La présentation, dans le délai imparti pour introduire un recours contentieux contre une décision administrative, d'un recours administratif, gracieux ou hiérarchique contre cette décision a pour effet d'interrompre ce délai. Il en va notamment ainsi lorsque, faute de respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et délais de recours, le délai dont dispose le destinataire de la décision pour exercer le recours juridictionnel est le délai raisonnable découlant de la règle énoncée ci-dessus.
5. Lorsque le recours administratif fait l'objet d'une décision explicite de rejet, un nouveau délai de recours commence à courir à compter de la date de notification de cette décision. Si la notification de la décision de rejet du recours administratif n'est pas elle-même assortie d'une information sur les voies et délais de recours, l'intéressé dispose de nouveau, à compter de cette notification, du délai raisonnable découlant de la règle énoncée plus haut pour saisir le juge.
6. Il ressort des pièces du dossier que le recours contre la décision du 16 avril 2022, confirmant les décisions du 17 février 2021 et du 16 avril 2021, n'a pas été exercé au-delà du délai raisonnable eu égard à l'exercice de recours gracieux sur lesquels l'administration doit être regardée comme ayant gardé le silence et en l'absence d'éléments de nature à établir la date à laquelle la société requérante aurait eu connaissance des décisions implicites de rejet de ces recours gracieux. Dans ces conditions, la fin de non-recevoir opposée par l'administration doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
7. Aux termes de l'article 1er de l'ordonnance du 25 mars 2020 portant création d'un fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation : " Il est institué () un fonds de solidarité ayant pour objet le versement d'aides financières aux personnes physiques et morales de droit privé exerçant une activité économique particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation du covid-19 et des mesures prises pour en limiter la propagation () ". L'article 3 de la même ordonnance dispose : " Un décret fixe le champ d'application du dispositif, les conditions d'éligibilité et d'attribution des aides, leur montant ainsi que les conditions de fonctionnement et de gestion du fonds () ". Aux termes de l'article 40 du décret du 29 octobre 2020 prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l'épidémie de covid-19 dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire dans sa rédaction applicable au litige : " I. - Les établissements relevant des catégories mentionnées par le règlement pris en application de l'article R. 123-12 du code de la construction et de l'habitation figurant ci-après ne peuvent accueillir du public : 1° Etablissements de type N : Restaurants et débits de boisson () ". Aux termes de l'article 3-14 du décret du 30 mars 2020 relatif au fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation : " I.- Les entreprises mentionnées à l'article 1er du présent décret bénéficient d'aides financières prenant la forme de subventions destinées à compenser la perte de chiffre d'affaires subie au cours du mois de novembre 2020, lorsqu'elles remplissent les conditions suivantes : / 1° Elles ont fait l'objet d'une interdiction d'accueil du public intervenue entre le 1er novembre 2020 et le 30 novembre 2020 ; / 2° Ou elles ont subi une perte de chiffre d'affaires d'au moins 50 % durant la période comprise entre le 1er novembre 2020 et le 30 novembre 2020 ; () / II.- Les entreprises qui ont fait l'objet d'une interdiction d'accueil du public ou qui exercent leur activité principale dans un secteur mentionné à l'annexe 1 dans sa rédaction en vigueur au 31 décembre 2020 perçoivent une subvention égale au montant de la perte de chiffre d'affaires dans la limite de 10 000 euros. / () III.- La perte de chiffre d'affaires au sens du présent article est définie comme la différence entre, d'une part, le chiffre d'affaires au cours du mois de novembre 2020 et, d'autre part, / -le chiffre d'affaires durant la même période de l'année précédente ; / -ou, si l'entreprise le souhaite, le chiffre d'affaires mensuel moyen de l'année 2019 ; () Pour les entreprises ayant fait l'objet d'une interdiction d'accueil du public, le chiffre d'affaires du mois de novembre 2020 n'intègre pas le chiffre d'affaires réalisé sur les activités de vente à distance, avec retrait en magasin ou livraison, ou sur les activités de vente à emporter. ".
8. Pour bénéficier de l'aide financière prenant la forme de subventions destinées à compenser la perte de chiffre d'affaires subie au cours du mois de novembre 2020 prévue à l'article 3-14 du décret du 30 mars 2020 relatif au fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation, les entreprises doivent notamment avoir débuté leur activité avant le 30 septembre 2020. La perte de chiffre d'affaires au sens de l'article 3-14 précité est définie comme la différence entre, d'une part, le chiffre d'affaires au cours du mois de novembre 2020 et, d'autre part, pour les entreprises créées après le 1er mars 2020, le chiffre d'affaires mensuel moyen réalisé entre le 1er juillet 2020, ou à défaut la date de création de l'entreprise, et le 30 septembre 2020. Pour les entreprises ayant fait l'objet d'une interdiction d'accueil du public, le chiffre d'affaires du mois de novembre 2020 n'intègre pas le chiffre d'affaires réalisé sur les activités de vente à distance, avec retrait en magasin ou livraison, ou sur les activités de vente à emporter.
9. Il résulte de l'instruction que la société S.F.T a déclaré au répertoire SIRENE une activité principale de restauration traditionnelle sous le code APE 56.10A. Il est par ailleurs constant qu'une partie de son chiffre d'affaires relève de la vente à emporter et qu'une autre partie de l'activité de la société S.F.T entrait dans le champ d'interdiction d'accueillir du public tel qu'énoncé par l'article 40 du décret du 29 octobre 2020 pour le mois de novembre 2020, alors même qu'il ne s'agissait pas de son activité principale.
10. Il en résulte qu'au titre du mois de novembre 2020, contrairement à ce que soutient l'administration, la société S.F.T était fondée à solliciter le bénéfice du fonds de solidarité sur le fondement du 1 de l'article 3-14 du décret du 30 mars 2020, qui ne subordonne pas le bénéfice de l'aide au titre de ce mois à l'exigence que l'interdiction d'accueil du public ne touche que l'activité principale de l'entreprise. Dans ces conditions, c'est à tort que l'administration lui a réclamé un trop-perçu de 10 000 euros.
11. Aux termes de l'article 3-15 du décret du 30 mars 2020 relatif au fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation : " I. - a) Les entreprises mentionnées à l'article 1er du présent décret bénéficient d'aides financières prenant la forme de subventions destinées à compenser la perte de chiffre d'affaires subie au cours du mois de décembre 2020, lorsqu'elles remplissent les conditions suivantes : / 1° Elles ont fait l'objet d'une interdiction d'accueil du public intervenue entre le 1er décembre 2020 et le 31 décembre 2020 () / b) Les entreprises mentionnées au I qui ont fait l'objet d'une interdiction d'accueil du public perçoivent une subvention égale au montant de la perte de chiffre d'affaires dans la limite soit de 10 000 euros soit de 20 % du chiffre d'affaires de référence, tel que mentionné au IV du présent article. Les entreprises bénéficient de l'option qui est la plus favorable () ". Aux termes de l'article 3-19 du même décret : " I. - A. - Les entreprises mentionnées à l'article 1er du présent décret () bénéficient d'aides financières prenant la forme de subventions destinées à compenser la perte de chiffre d'affaires subie au cours du mois de janvier 2021, lorsqu'elles remplissent les conditions suivantes : / 1° Leur activité principale a fait l'objet d'une interdiction d'accueil du public sans interruption du 1er janvier 2021 au 31 janvier 2021 ; / 2° Ou elles ont subi une perte de chiffre d'affaires d'au moins 50 % durant la période comprise entre le 1er janvier 2021 et le 31 janvier 2021 et elles appartiennent à l'une des trois catégories suivantes : / a) Elles exercent leur activité principale dans un secteur mentionné à l'annexe 1 dans sa rédaction en vigueur au 10 février 2021 () ".
12. En dernier lieu, les dispositions précitées de l'article 3-15 et 3-19 du décret du
30 mars 2020 ne conditionnent pas l'attribution des aides financières en litige à l'exercice à titre principal d'une activité dans un secteur mentionné à l'annexe 1, ni à la fermeture de cette activité. Même si l'entreprise n'a pas été fermée au titre de son activité de vente au détail, c'est à tort que l'administration fiscale lui a refusé le bénéfice du fonds de solidarité. Il ressort des pièces du dossier que la société S.F.T a subi une perte de chiffre d'affaires, y compris le chiffre d'affaires réalisé sur les activités de vente à distance, avec retrait en magasin ou livraison, ou sur les activités de vente à emporter, au titre des mois de décembre 2020 et janvier 2021.
13. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision du 16 avril 2022 par laquelle le directeur départemental des finances publiques du Var a mis à sa charge, par le titre de perception émis le 20 décembre 2021, l'obligation de payer la somme de 10 000 euros, en raison d'un trop-perçu d'aides versées dans le cadre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19, et lui a refusé l'octroi de ces aides financières au titre des mois de décembre 2020 et janvier 2021 doit être annulée. La société est également fondée, pour les mêmes motifs, à demander la décharge de la somme de 10 000 euros.
Sur les conclusions à fin d'injonction contre les décisions de refus d'octroi de ces aides financières au titre des mois de décembre 2020 et janvier 2021 :
14. En raison du motif qui la fonde, l'annulation de la décision par laquelle le directeur départemental des finances publiques du Var a refusé l'octroi de ces aides financières au titre des mois de décembre 2020 et janvier 2021 implique nécessairement, compte tenu de l'absence de changement de circonstances de droit ou de fait y faisant obstacle, que le bénéfice du fonds de solidarité pour les mois de décembre 2020 et de janvier 2021, à hauteur d'un montant qu'il appartiendra à l'administration de déterminer sous le contrôle du juge de l'exécution, soit accordé à la société requérante sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative. Il y a lieu d'enjoindre au directeur départemental des finances publiques du Var de prendre les décisions d'octroi correspondantes dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
15. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la société requérante et non compris dans les dépens, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La décision du 16 avril 2022 par laquelle le directeur départemental des finances publiques du Var a mis à sa charge, par le titre de perception émis le 20 décembre 2021, l'obligation de payer la somme de 10 000 euros, en raison d'un trop-perçu d'aides versées dans le cadre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19, et lui a refusé l'octroi de ces aides financières au titre du mois de décembre 2020 et janvier 2021 est annulée.
Article 2 : La société S.F.T est déchargée de l'obligation de payer la somme 10 000 euros.
Article 3 : Il est enjoint au directeur départemental des finances publiques du Var d'accorder la demande d'aide exceptionnelle sollicitée par la société S.F.T au titre des mois de décembre 2020 et janvier 2021, à hauteur d'un montant qu'il appartiendra à l'administration de déterminer sous le contrôle du juge de l'exécution, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : L'Etat versera à la société S.F.T la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Me Dorian Moutet, mandataire judiciaire de la société S.F.T, et au directeur départemental des finances publiques du Var.
Délibéré après l'audience du 21 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Philippe Harang, président,
M. Zouhaïr Karbal, conseiller,
Mme Mathilde Montalieu, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2024.
Le rapporteur,
Signé
Z. KARBAL
Le président,
Signé
Ph. HARANG
La greffière,
Signé
F. POUPLY
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026