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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2201642

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2201642

lundi 23 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2201642
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Toulon a rejeté la requête de M. F, attaché d'administration, qui contestait le refus du préfet du Var de reconnaître l'imputabilité au service de ses lésions ORL consécutives à un accident de trajet survenu le 24 octobre 2017. Le tribunal a jugé que la composition de la commission de réforme départementale était régulière, car la présence d'un médecin spécialiste des lésions ORL n'était pas obligatoire pour l'examen d'une demande d'imputabilité au service, contrairement aux cas de congé de longue maladie ou de longue durée. La solution retenue est le rejet de la demande d'annulation des décisions préfectorales des 3 janvier, 16 avril et 26 avril 2022, sur le fondement des articles 5, 6, 12 et 19 du décret n° 86-442 du 14 mars 1986.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés les 20 juin 2022, 10 mai 2023, 8 janvier 2024 et 11 mars 2024, M. E F, représenté par Me Herren, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 3 janvier 2022 par laquelle le préfet du Var a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de ses lésions oto-rhino-laryngologiques (ORL), la décision implicite de rejet de son recours gracieux et la décision expresse du 26 avril 2022 confirmant ce rejet ;

2°) d'enjoindre au préfet du Var de prendre une décision reconnaissant l'imputabilité au service de ses lésions ORL et de ses arrêts de travail, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 300 euros par jour de retard, avec toutes conséquences de droit quant à la qualification de ses arrêts de travail pour maladie depuis le 3 janvier 2019 et à leurs conséquences pécuniaires ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision du 3 janvier 2022 est insuffisamment motivée, en violation des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle a été prise au terme d'une procédure irrégulière dès lors que la commission de réforme départementale s'est irrégulièrement prononcée ;

- elle est entachée d'incompétence négative car le préfet du Var s'est cru lié par l'avis de la commission de réforme départementale ;

- elle est entachée d'erreurs de droit et d'appréciation en ce qu'elle fixe la date de consolidation des suites de l'accident de service du 24 octobre 2017 au 3 janvier 2019 ;

- elle est entachée d'erreurs de droit, d'appréciation et de qualification juridique des faits en ce qu'elle refuse de reconnaître l'imputabilité au service des troubles ORL alors qu'il existe un lien direct et certain entre ces derniers et l'accident de trajet du 24 octobre 2017 ;

- elle constitue un détournement de pouvoir.

Par des mémoires en défense enregistrés les 29 janvier et 6 mai 2024, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;

- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 2 septembre 2024 :

- le rapport de M. Cros ;

- les conclusions de Mme Duran-Gottschalk, rapporteure publique ;

- et les observations de Me Herren pour M. F.

Considérant ce qui suit :

1. M. F, attaché d'administration de l'Etat alors affecté à la direction générale de l'aviation civile du ministère de la transition écologique et solidaire, a subi le 24 octobre 2017, alors qu'il circulait en voiture, un accident de trajet que l'administration a reconnu imputable au service. L'intéressé a été muté à la préfecture du Var à compter du 1er juin 2018. A la suite d'un certificat médical de rechute établi par son médecin traitant le 28 juin 2018 pour des " cervicalgies bilatérales post-commotionnelles " et des " vertiges post-commotionnels ", il a été placé, par un arrêté du préfet du Var du 11 janvier 2019, en congé pour accident de trajet à plein traitement pour la période du 22 juin 2018 au 3 janvier 2019 inclus. Il a présenté le 8 décembre 2020 une demande de reconnaissance d'imputabilité au service de ses lésions ORL comme étant liées à l'accident de trajet du 24 octobre 2017. Par une décision du 3 janvier 2022, le préfet du Var a rejeté sa demande. Le recours gracieux de M. F, formé par lettre du 10 février 2022 reçue le 16 février suivant, a été implicitement rejeté le 16 avril 2022. Le requérant demande l'annulation des décisions des 3 janvier et 16 avril 2022, ainsi que, dans son mémoire complémentaire, de la décision expresse du 26 avril 2022 ayant confirmé le rejet implicite de son recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, M. F invoque l'irrégularité de la composition de la commission départementale de réforme ayant siégé le 12 octobre 2021, en l'absence de participation d'un médecin spécialiste des lésions ORL faisant l'objet de sa demande de reconnaissance d'imputabilité au service.

3. Aux termes de l'article 12 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires, dans sa rédaction applicable en l'espèce : " Dans chaque département, il est institué une commission de réforme départementale () composée comme suit : / () 4. Les membres du comité médical prévu à l'article 6 du présent décret () ". Selon cet article 6 : " Dans chaque département, un comité médical départemental () est constitué auprès du préfet. / La composition de ce comité est semblable à celle du comité médical ministériel prévu à l'article 5 () ". Le deuxième alinéa de cet article 5 prévoit que : " Ce comité comprend deux praticiens de médecine générale, auxquels est adjoint, pour l'examen des cas relevant de sa qualification, un spécialiste de l'affection pour laquelle est demandé le bénéfice du congé de longue maladie ou de longue durée prévu à l'article 34 (3e et 4e) de la loi du 11 janvier 1984 susvisée ". Enfin, aux termes de l'article 19 du même décret : " La commission de réforme ne peut délibérer valablement que si la majorité absolue des membres en exercice assiste à la séance ; un praticien de médecine générale ou le spécialiste compétent pour l'affection considérée doit participer à la délibération () ".

4. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie. L'application de ce principe n'est pas exclue en cas d'omission d'une procédure obligatoire, à condition qu'une telle omission n'ait pas pour effet d'affecter la compétence de l'auteur de l'acte.

5. Il résulte des dispositions citées au point 3 que la commission de réforme départementale devait comprendre un médecin spécialiste de l'affection dont M. F est atteint et au titre de laquelle il avait formulé sa demande de reconnaissance d'imputabilité au service. A cet égard, le préfet du Var ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article 6 du décret n° 2022-353 du 11 mars 2022 relatif aux conseils médicaux dans la fonction publique de l'Etat, qui sont postérieures à la décision du 3 janvier 2022 en litige. Il ressort du procès-verbal de la séance du 12 octobre 2021 que deux médecins ont siégé au sein de cette commission. Il n'est pas contesté qu'aucun d'eux n'était spécialiste de l'affection en cause. Dès lors, la composition de la commission était irrégulière. Il ressort du même procès-verbal que la commission a confirmé son précédent avis du 18 juin 2019 au vu des résultats de la nouvelle expertise qu'elle avait sollicitée dans son avis du 8 décembre 2020. Il ressort de ces trois avis successifs (18 juin 2019, 8 décembre 2020 et 12 octobre 2021) que la commission s'est fondée sur quatre rapports d'expertise (rapports du docteur C du 3 janvier 2018, du docteur H du 12 mars 2019, du docteur J du 12 août 2020 et du docteur A du 30 avril 2021). Compte tenu de la multiplicité de ces rapports et, ainsi que le fait valoir le requérant sans être contredit, de leur contradiction et de la complexité des pathologies dont il souffre, l'absence de participation d'un médecin spécialiste de l'affection considérée doit être regardée, dans les circonstances de l'espèce, comme ayant été susceptible d'empêcher la commission de se prononcer en toute connaissance de cause et, par suite, d'exercer une influence sur le sens de la décision prise mais aussi comme ayant privé l'intéressé d'une garantie. Contrairement à ce que soutient le préfet du Var, la circonstance que tout ou partie des rapports d'expertise sur lesquels la commission s'est appuyée ont été établis par des médecins spécialistes n'est pas suffisante pour écarter un tel manquement. Dès lors, M. F est fondé à soutenir que la décision du 3 janvier 2022 est entachée d'un vice de procédure tiré de l'irrégularité de la composition de la commission de réforme départementale, à défaut de participation d'un médecin spécialiste.

6. En deuxième lieu, une maladie contractée par un fonctionnaire, ou son aggravation, doit être regardée comme imputable au service si elle présente un lien direct avec l'exercice des fonctions ou avec des conditions de travail de nature à susciter le développement de la maladie en cause, sauf à ce qu'un fait personnel de l'agent ou toute autre circonstance particulière conduisent à détacher la survenance ou l'aggravation de la maladie du service.

7. Le rapport d'expertise établi le 30 juillet 2019 par le docteur G, oto-rhino-laryngologiste, chirurgien cervico-facial et chirurgien maxillo-facial, conclut, à l'issue d'un examen personnel de M. F réalisé à la demande de la préfecture du Var, que " les lésions ORL sont () en lien direct, certain et exclusif avec l'accident du 24/10/2017 ", qu'" il y a une aggravation des séquelles de l'accident en rapport avec ces vertiges " et qu'il n'existait aucun état antérieur, l'intéressé n'ayant jamais présenté de problème vestibulaire ni de vertiges alors qu'il était " très suivi " en tant qu'ancien pilote de l'aéronavale. L'avis émis le 29 août 2022 par le professeur D, chirurgien otologiste et audiophonologiste, en qualité de sapiteur ORL dans le cadre du rapport d'expertise du docteur B, indique que " M. F présente selon toute vraisemblance une FPL [fistule péri-lymphatique] gauche dont la preuve par le traitement chirurgical n'a pas été apportée mais pour laquelle le faisceau d'arguments cliniques est majeur " et confirme qu'" il existe une imputabilité claire, directe et certaine entre l'apparition des vertiges et l'accident du 24/10/2017 ". Enfin, le compte rendu d'examen rédigé le 23 novembre 2023 par le docteur I, spécialiste en chirurgie cervico-faciale, en chirurgie de la surdité et des vertiges, en oto-rhino-laryngologie, otologie et otoneurologie, fait également état de " l'existence d'une fistule péri-lymphatique gauche et d'un syndrome cervico-génique, dont l'origine est probablement post-traumatique suite à l'AVP [accident de la voie publique] de 2017 ". Ces deux derniers documents sont postérieurs à la décision attaquée mais il n'est pas contesté qu'ils se rapportent à l'état de santé préexistant du requérant. Ainsi, ces trois avis émis par des médecins spécialistes de l'affection en cause ont considéré, de façon concordante, que les lésions ORL présentées par M. F étaient imputables à l'accident de trajet subi le 24 octobre 2017 et reconnu imputable au service.

8. En défense, le préfet du Var se prévaut des rapports d'expertise établis par les docteurs A, G et J. Toutefois, le rapport du docteur A n'est pas produit sans que le préfet n'explique pourquoi, et le rapport du docteur G est favorable à la position du requérant ainsi qu'il a été dit précédemment. Enfin, si le rapport du docteur J, daté du 12 août 2020, fait référence dans la rubrique " antécédents " à un examen radiologique du 30 mai 2016, il précise que M. F ne présentait " aucun autre antécédent ORL ", conclut que " les arrêts de travail et les soins sont à prendre en charge au titre de l'accident du 24/10/2017 jusqu'au 20/02/2020 " et répond " non concerné " à la question de savoir si les infirmités de M. F sont en lien direct, certain et exclusif avec l'accident de trajet ou si l'intéressé présentait un état pathologique antérieur. Par ailleurs, le préfet du Var fait valoir qu'il a pris sa décision au regard de l'avis rendu par la commission de réforme départementale le 12 octobre 2021. Si cet avis indique que les lésions ORL ne sont pas en lien avec l'accident de trajet du 24 octobre 2017, il se borne à renvoyer sur ce point au rapport du docteur A, que le préfet ne produit pas. Cet avis indique ensuite confirmer l'avis rendu par la même commission le 18 juin 2019. Ce dernier se fonde lui-même sur deux rapports d'expertise médicale : celui du docteur C du 3 janvier 2019 et celui du docteur H du 12 mars 2019. Toutefois, là encore, le rapport du docteur H n'est pas produit. Quant au rapport du docteur C, s'il conclut que l'état de santé de M. F peut être regardé comme consolidé au 3 janvier 2019, qu'il existe un " état antérieur non imputable dégénératif rhumatologique " et que " " toute rechute ultérieure sera à prendre en compte au titre de la maladie ordinaire dégénérative en absence d'accident traumatologique lié au service ", ce rapport est toutefois antérieur à ceux cités au point précédent et il n'est pas contesté que son auteur, le docteur C, affecté à un service hospitalier d'orthopédie-traumatologie, n'est pas spécialiste des lésions ORL présentées par le requérant.

9. Dans ces conditions, en l'état du dossier soumis au tribunal, le préfet du Var a commis une erreur d'appréciation en estimant que les lésions ORL de M. F n'étaient pas directement liées à l'accident de trajet survenu le 24 octobre 2017 ni, par suite, imputables au service.

10. En dernier lieu, la date de consolidation de l'état de santé correspond au moment où l'état de santé est stabilisé, ce qui permet d'évaluer l'incapacité permanente en résultant. Elle est donc sans incidence sur la persistance de l'affection dont peut souffrir la victime et, partant, sans incidence sur l'imputabilité à un accident de service des troubles en résultant et qui ont persisté après cette date.

11. Si la décision du 3 janvier 2022 ne fixe pas, par elle-même, de date de consolidation des séquelles de l'accident de trajet subi par M. F le 24 octobre 2017, elle a été notifiée à l'intéressé par une lettre du même jour qui fixe une telle date au 3 janvier 2019. Cette date est erronée dès lors ce qu'elle ne tient pas compte des lésions ORL subies par l'intéressé, lesquelles, ainsi qu'il a été dit, sont directement liées à cet accident de trajet. La décision attaquée, qui doit être regardée comme incorporant sa lettre d'accompagnement, est donc entachée d'une erreur d'appréciation sur ce point.

12. Il résulte de tout ce qui précède que les décisions attaquées doivent être annulées, sans qu'il soit nécessaire d'examiner les autres moyens de la requête.

Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

13. Compte tenu de ses motifs, l'annulation prononcée par le présent jugement implique nécessairement qu'il soit enjoint au préfet du Var de reconnaître l'imputabilité au service des lésions ORL subies par M. F et de régulariser en conséquence sa situation administrative et financière depuis la date d'apparition de ces lésions, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

14. En revanche, contrairement à ce que soutient le requérant, cette annulation n'implique pas nécessairement de le considérer comme inapte au travail ni de le " maintenir en arrêt maladie pour accident de trajet, à plein traitement, jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à une éventuelle mise à la retraite d'office pour inaptitude ".

Sur les frais liés au litige :

15. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à M. F en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 3 janvier 2022 par laquelle le préfet du Var a refusé de reconnaître l'imputabilité au service des lésions ORL de M. F, la décision implicite de rejet du recours gracieux de l'intéressé et la décision expresse du 26 avril 2022 confirmant ce rejet, sont annulées.

Article 2 : Il est enjoint au préfet du Var de reconnaître l'imputabilité au service des lésions ORL de M. F et de régulariser en conséquence sa situation administrative et financière depuis la date d'apparition de ces lésions, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'Etat versera à M. F une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. F est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. E F et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée, pour information, au préfet du Var.

Délibéré après l'audience du 2 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Bernabeu, présidente,

M. Cros, premier conseiller,

M. Martin, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 septembre 2024.

Le rapporteur,

Signé

F. CROS

La présidente,

Signé

M. BERNABEU

La greffière,

Signé

G. BODIGER

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Et par délégation,

La greffière.

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