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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2201676

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2201676

jeudi 26 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2201676
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Toulon a rejeté la requête de Mme B, qui contestait le refus de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre de lui accorder l’aide prévue par le décret n° 2018-1320 du 28 décembre 2018 pour les enfants d’anciens harkis. Le tribunal a jugé que Mme B, née en 1976, ne pouvait bénéficier du dispositif car sa naissance était postérieure à la fermeture administrative des camps et hameaux de forestage, intervenue au 31 décembre 1975. La solution retenue est fondée sur l’article 1er du décret précité, qui conditionne l’aide à un séjour d’au moins quatre-vingt-dix jours dans ces structures, condition impossible à remplir pour la requérante.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 juin 2022, Mme A B demande au tribunal d'annuler la décision du 25 avril 2022, par laquelle la directrice générale de l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre a rejeté sa demande tendant au bénéfice du dispositif d'aide à destination des enfants d'anciens harkis, moghaznis, et personnels des diverses formations supplétives de statut civil de droit local et assimilés.

Elle soutient que :

- les dispositions du décret instaurant le dispositif ne se réfèrent pas à la date de la fermeture administrative des camps ;

- il lui apparaît légitime de déposer sa demande, au regard des critères posés par le décret et sa présence au sein des camps étant établie.

Un mémoire présenté par Mme B a été enregistré le 4 avril 2024 et n'a pas été communiqué, en application de l'article R. 611-1 du code de justice administrative

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 avril 2024, la directrice générale de l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 2 mai 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 7 juin 2024.

Un mémoire produit par Mme B a été enregistré le 31 août 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le décret n° 2018-1320 du 28 décembre 2018 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Hélayel, conseiller,

- les conclusions de M. Kiecken, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Le 6 novembre 2020, Mme A B, née le 27 février 1976, a demandé le versement de l'aide instaurée par le décret du 28 décembre 2018 à destination des enfants d'anciens harkis, moghaznis et personnels des diverses formations supplétives de statut civil de droit local et assimilés. Le 25 avril 2022, la directrice générale de l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONACVG) a rejeté sa demande.

2. Aux termes de l'article 1 du décret du 28 décembre 2018 instituant un dispositif d'aide à destination des enfants d'anciens harkis, moghaznis et personnels des diverses formations supplétives de statut civil de droit local et assimilés : " Les enfants d'anciens harkis, moghaznis et personnels des diverses formations supplétives de statut civil de droit local et assimilés, qui ont séjourné pendant au moins quatre-vingt-dix jours dans l'une des structures dont la liste est fixée en annexe au décret n° 2022-394 du 18 mars 2022 relatif à la commission nationale indépendante de reconnaissance et de réparation des préjudices subis par les harkis, les autres personnes rapatriées d'Algérie anciennement de statut civil de droit local et les membres de leurs familles, à la suite du rapatriement de leur famille sur le territoire national, et qui résident en France de manière stable et effective, peuvent demander, jusqu'au 31 décembre 2022, une aide de solidarité lorsque leurs ressources ne leur permettent pas de s'acquitter de dépenses ayant un caractère essentiel dans les domaines de la santé, du logement ou de la formation et de l'insertion professionnelle. () "

3. Pour refuser d'accorder une aide à Mme B, la directrice générale de l'ONACVG s'est fondée sur la date de fermeture administrative du hameau, en 1974, circonstance précédant de deux ans la naissance de la requérante.

4. Il ressort des pièces du dossier que Mme B est née, en tout état de cause, postérieurement à la date de la fermeture administrative des camps et hameaux de forestage prise par décision en conseil des ministres du 6 août 1975, et effective depuis le 31 décembre 1975. Ainsi, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision est entachée d'une erreur de droit, faute pour cette dernière de remplir les conditions posées par le décret précité.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre.

Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Philippe Harang, président,

M. Zouhaïr Karbal, conseiller,

M. David Hélayel, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.

Le rapporteur,

Signé

D. HELAYEL

Le président,

Signé

Ph. HARANG

La greffière,

Signé

F. POUPLY

La République mande et ordonne au ministre des armées et des anciens combattants en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière.

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