mercredi 6 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2201693 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Juge des référés |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 juin 2022, M. D A, représenté par Me M'Barek, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 juin 2022 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a décidé de son transfert aux autorités espagnoles ;
2°) d'enjoindre au préfet des Bouches-sur-Rhône de réexaminer sa demande d'asile dans un délai de trente jours, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté en litige est entaché d'incompétence ;
- l'arrêté, qui reproduit une formule stéréotypée, est insuffisamment motivé, en méconnaissance de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- il n'a pas reçu la brochure l'informant de ses droits ; dès lors, l'obligation d'information prévue à l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 n'a pas été respectée ;
- il n'a pas bénéficié d'un entretien individuel, en méconnaissance de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;
- sa demande d'asile formulée en Espagne a été rejetée par les autorités espagnoles, qui l'ont renvoyé dans son pays d'origine ; dès lors, l'Espagne n'est plus responsable du traitement de sa demande d'asile ; par suite, l'arrêté en litige méconnaît l'article 19.3 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;
- il a développé de solides relations en France avec les bénévoles qui lui donnent des cours de français, il participe à des activités sportives et artistiques, il prépare un diplôme de langue française, il a fui son pays où il existe un danger pour son intégrité physique et celle de sa famille en raison de ses convictions religieuses ; dès lors, la décision de transfert en litige méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'asile lui a déjà été refusé en Espagne ; dès lors, la décision qui fixe l'Espagne comme pays de renvoi méconnaît l'article 33 de la Convention de Genève de 1951 et l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 6 juillet 2022, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention de Genève du 28 juillet 1951 ;
- le règlement (CE) n° 1560/2003 de la Commission du 2 septembre 2003 ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. E pour statuer selon la procédure prévue à l'article L. 572-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. E a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, de nationalité guinéenne, a sollicité l'asile en France le 15 avril 2022. Par un arrêté du 14 juin 2022, le préfet des Bouches-du-Rhône a décidé du transfert de l'intéressé aux autorités espagnoles, responsables de l'examen de sa demande d'asile. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ".
3. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, par un arrêté du 31 août 2021, le préfet des Bouches-du-Rhône a donné délégation de signature à M. B C, attaché d'administration, adjoint au chef de bureau de l'éloignement, du contentieux et de l'asile, chef de la mission asile, pour les attributions relevant du bureau de l'éloignement, du contentieux et de l'asile de la préfecture des Bouches-du-Rhône, lesquelles comprennent l'ensemble des procédures relatives au droit d'asile prévues par le livre VII du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile, dans sa rédaction en vigueur à la date de l'établissement de la délégation. Cet arrêté a été publié au recueil des actes administratifs spécial n° 13-2021-247 du 1er septembre 2021, librement accessible au juge comme aux parties sur le site internet de la préfecture des Bouches-du-Rhône. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté en litige doit être écarté.
5. En deuxième lieu, l'arrêté en litige comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et qui permettent à M. A de comprendre les motifs de son transfert. Contrairement à ce que soutient ce dernier, la motivation n'est pas stéréotypée mais correspond précisément à sa situation. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Dès qu'une demande de protection internationale est introduite au sens de l'article 20, paragraphe 2, dans un État membre, ses autorités compétentes informent le demandeur de l'application du présent règlement, et notamment : a) des objectifs du présent règlement et des conséquences de la présentation d'une autre demande dans un État membre différent ainsi que des conséquences du passage d'un État membre à un autre pendant les phases au cours desquelles l'État membre responsable en vertu du présent règlement est déterminé et la demande de protection internationale est examinée ; b) des critères de détermination de l'État membre responsable, de la hiérarchie de ces critères au cours des différentes étapes de la procédure et de leur durée, y compris du fait qu'une demande de protection internationale introduite dans un État membre peut mener à la désignation de cet État membre comme responsable en vertu du présent règlement même si cette responsabilité n'est pas fondée sur ces critères ; c) de l'entretien individuel en vertu de l'article 5 et de la possibilité de fournir des informations sur la présence de membres de la famille, de proches ou de tout autre parent dans les États membres, y compris des moyens par lesquels le demandeur peut fournir ces informations ; d) de la possibilité de contester une décision de transfert et, le cas échéant, de demander une suspension du transfert ; e) du fait que les autorités compétentes des États membres peuvent échanger des données le concernant aux seules fins d'exécuter leurs obligations découlant du présent règlement ; f) de l'existence du droit d'accès aux données le concernant et du droit de demander que ces données soient rectifiées si elles sont inexactes ou supprimées si elles ont fait l'objet d'un traitement illicite, ainsi que des procédures à suivre pour exercer ces droits, y compris des coordonnées des autorités visées à l'article 35 et des autorités nationales chargées de la protection des données qui sont compétentes pour examiner les réclamations relatives à la protection des données à caractère personnel. 2. Les informations visées au paragraphe 1 sont données par écrit, dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Les États membres utilisent la brochure commune rédigée à cet effet en vertu du paragraphe 3. Si c'est nécessaire à la bonne compréhension du demandeur, les informations lui sont également communiquées oralement, par exemple lors de l'entretien individuel visé à l'article 5 () ".
7. Il résulte des pièces du dossier que le requérant a déclaré comprendre la langue soussou. Le 15 avril 2022, les documents d'information prévus par les dispositions précitées, rédigés en langue soussou, lui ont été communiqués. Il en a accusé réception et a déclaré les avoir compris. Par suite, son droit à l'information n'a pas été méconnu.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 5 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " () 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'État membre responsable, l'État membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4. 2. L'entretien individuel peut ne pas avoir lieu lorsque : a) le demandeur a pris la fuite ; ou b) après avoir reçu les informations visées à l'article 4, le demandeur a déjà fourni par d'autres moyens les informations pertinentes pour déterminer l'État membre responsable. L'État membre qui se dispense de mener cet entretien donne au demandeur la possibilité de fournir toutes les autres informations pertinentes pour déterminer correctement l'État membre responsable avant qu'une décision de transfert du demandeur vers l'État membre responsable soit prise conformément à l'article 26, paragraphe 1. 3. L'entretien individuel a lieu en temps utile et, en tout cas, avant qu'une décision de transfert du demandeur vers l'État membre responsable soit prise conformément à l'article 26, paragraphe 1. 4. L'entretien individuel est mené dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend et dans laquelle il est capable de communiquer. Si nécessaire, les États membres ont recours à un interprète capable d'assurer une bonne communication entre le demandeur et la personne qui mène l'entretien individuel. 5. L'entretien individuel a lieu dans des conditions garantissant dûment la confidentialité. Il est mené par une personne qualifiée en vertu du droit national. 6. L'État membre qui mène l'entretien individuel rédige un résumé qui contient au moins les principales informations fournies par le demandeur lors de l'entretien. Ce résumé peut prendre la forme d'un rapport ou d'un formulaire type. L'État membre veille à ce que le demandeur et/ou le conseil juridique ou un autre conseiller qui représente le demandeur ait accès en temps utile au résumé ".
9. Il résulte des pièces du dossier que le requérant a été reçu en entretien individuel dans les locaux de la préfecture des Alpes-Maritimes le 15 avril 2022 en présence d'un interprète. Cet entretien a donné lieu à la rédaction d'un compte-rendu, signé par le requérant, qui a pu formuler ses observations. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance du droit à un entretien individuel doit être écarté.
10. En cinquième lieu, aux termes de l'article 19 du règlement (UE) du parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 : " () 3. Les obligations prévues à l'article 18, paragraphe 1, points c) et d), cessent lorsque l'Etat membre responsable peut établir, lorsqu'il lui est demandé de reprendre en charge un demandeur ou une autre personne visée à l'article 18, paragraphe 1, point c) ou d), que la personne concernée a quitté le territoire des Etats membres en exécution d'une décision de retour ou d'une mesure d'éloignement délivrée à la suite du retrait ou du rejet de la demande. Toute demande introduite après qu'un éloignement effectif a eu lieu est considérée comme une nouvelle demande et donne lieu à une nouvelle procédure de détermination de l'Etat membre responsable ".
11. Il résulte de ces dispositions que seul un éloignement effectif peut conduire à la cessation des obligations prévues à l'article 18 du règlement du 26 juin 2013. Or, il ne résulte pas des pièces du dossier que M. A aurait quitté l'Espagne en exécution d'une décision de retour ou d'une mesure d'éloignement délivrée à la suite du retrait ou du rejet de la demande d'asile. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du 3 de l'article 19 du règlement du 26 juin 2013 doit être écarté.
12. En sixième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
13. Le requérant, qui est entré en France moins de trois mois avant l'édiction de la décision en litige, n'apporte aucun élément de nature à établir une insertion particulière en France mais se borne à émettre des allégations particulièrement vagues, stéréotypées et non étayées qui, même à les supposer établies, ne seraient pas de nature à constituer des liens personnels et familiaux effectifs en France. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
14. En septième lieu, aux termes de l'article 33 de la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés : " 1. Aucun des Etats Contractants n'expulsera ou ne refoulera, de quelque manière que ce soit, un réfugié sur les frontières des territoires où sa vie ou sa liberté serait menacée en raison de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques 2. Le bénéfice de la présente disposition ne pourra toutefois être invoqué par un réfugié qu'il y aura des raisons sérieuses de considérer comme un danger pour la sécurité du pays où il se trouve ou qui, ayant été l'objet d'une condamnation définitive pour un crime ou délit particulièrement grave, constitue une menace pour la communauté dudit pays ". L'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule que : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
15. Eu égard au niveau de protection des libertés et des droits fondamentaux dans les Etats membres de l'Union européenne, lorsque la demande de protection internationale a été introduite dans un Etat autre que la France, que cet Etat a accepté de prendre ou de reprendre en charge le demandeur et en l'absence de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet Etat membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, les craintes dont le demandeur fait état quant au défaut de protection dans cet Etat membre doivent en principe être présumées non fondées, sauf à ce que l'intéressé apporte, par tout moyen, la preuve contraire. La seule circonstance qu'à la suite du rejet de sa demande de protection par cet Etat membre l'intéressé fasse l'objet d'une mesure d'éloignement ne saurait caractériser la méconnaissance par cet Etat de ses obligations.
16. Au cas particulier, l'Espagne est un Etat membre de l'Union européenne et est partie tant à la convention de Genève du 28 juillet 1951 sur le statut des réfugiés, complétée par le protocole de New-York, qu'à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il doit alors être présumé que le traitement réservé aux demandeurs d'asile dans cet Etat membre est conforme aux exigences de ces deux conventions internationales. Si cette présomption est réfragable, il ne ressort d'aucune pièce du dossier, et il n'est au demeurant pas allégué par le requérant que les conditions d'accueil des demandeurs d'asile et le traitement des demandes de protection internationale en Espagne révèleraient des défaillances d'une telle ampleur qu'un demandeur d'asile ne pourrait être transféré vers cet Etat sans courir le risque d'être soumis à des traitements inhumains et dégradants. A supposer qu'après l'exécution de l'arrêté en litige, les autorités espagnoles décident d'éloigner de leur territoire M. A à destination de son pays d'origine, cette circonstance ne permettrait pas, à elle seule, d'établir que ces autorités n'auraient pas préalablement évalué, le cas échéant, et dans le respect des stipulations de l'article 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales relatif au droit à un recours effectif, les risques auxquels le requérant pourrait être exposé en cas de retour dans son pays d'origine. Au demeurant, à cet égard, si M. A soutient avoir été contraint de fuir son pays d'origine en raison de ses convictions religieuses, il n'apporte, là encore, aucun élément permettant d'établir le bien-fondé de ces allégations. Il s'ensuit que les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations des articles 33 de la convention de Genève et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.
17. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté en litige.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
18. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par le requérant, ne nécessite aucune mesure d'exécution. Par suite, ses conclusions à fin d'injonction et à fin d'astreinte doivent être rejetées.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
19. L'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance, les conclusions de M. A présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête présentée par M. A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et au préfet des Bouches-du-Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juillet 2022.
Le magistrat désigné
Signé
T. E
La greffière
Signé
C. PICARD
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
P/Le greffier en chef,
La greffière.
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