lundi 21 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2201696 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | RIGHI |
Vu la procédure suivante :
Par un jugement n° 1802548 du 25 mars 2021, le tribunal administratif de Toulon a, d'une part, annulé la décision du 13 février 2018 du directeur interrégional des services pénitentiaires de Marseille et la décision implicite de rejet du recours gracieux de M. A en tant qu'elles appliquent une retenue pour service non fait pour la période du 25 janvier au
4 février 2018, soit 10/30ème de son traitement et, d'autre part, annulé l'arrêté du 25 mars 2018 prononçant à son encontre une sanction de l'exclusion temporaire de ses fonctions pour une durée de 10 jours. Le tribunal administratif a également enjoint au garde des sceaux, ministre de la justice, de lui verser son traitement pour la période 25 janvier au 4 février 2018, soit 10/30ème de son traitement et d'effacer de son dossier toute mention de la sanction prononcée à son encontre, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Par une demande, enregistrée le 9 mai 2022, M. B A demande au tribunal de prendre les mesures qu'implique l'exécution du jugement n° 1802548 du 25 mars 2021 et au besoin de prononcer une astreinte.
Par une ordonnance en date du 24 juin 2022, la présidente du tribunal administratif a décidé l'ouverture d'une procédure juridictionnelle.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Karbal, rapporteur ;
- et les conclusions de M. Kiecken, rapporteur public,
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander au tribunal administratif ou à la cour administrative d'appel qui a rendu la décision d'en assurer l'exécution. () Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte ".
2. D'une part, il appartient au juge saisi sur le fondement de l'article L. 911-4 du code de justice administrative, si la décision dont l'exécution lui est demandée prescrit déjà les mesures qu'implique nécessairement cette décision, d'en préciser la portée dans l'hypothèse où elles seraient entachées d'une obscurité ou d'une ambigüité. Le cas échéant, il lui appartient aussi d'en édicter de nouvelles en se plaçant, de même, à la date de sa décision, sans toutefois pouvoir remettre en cause celles qui ont précédemment été prescrites ni méconnaître l'autorité qui s'attache aux motifs qui sont le soutien nécessaire du dispositif de la décision juridictionnelle dont l'exécution lui est demandée.
3. D'autre part, il appartient au juge saisi sur le fondement de l'article L. 911-4 du même code d'apprécier l'opportunité de compléter les mesures déjà prescrites ou qu'il prescrit lui-même par la fixation d'un délai d'exécution et le prononcé d'une astreinte suivi, le cas échéant, de la liquidation de celle-ci, en tenant compte tant des circonstances de droit et de fait existant à la date de sa décision que des diligences déjà accomplies par les parties tenues de procéder à l'exécution de la chose jugée ainsi que de celles qui sont encore susceptibles de l'être.
4. Par un jugement n° 1802548 du 25 mars 2021, le tribunal administratif de Toulon a, d'une part, annulé la décision du 13 février 2018 du directeur interrégional des services pénitentiaires de Marseille et la décision implicite de rejet du recours gracieux de M. A en tant qu'elles appliquent une retenue pour service non fait pour la période du 25 janvier au
4 février 2018, soit 10/30ème de son traitement et, d'autre part, annulé l'arrêté du 25 mars 2018 prononçant à son encontre une sanction de l'exclusion temporaire de ses fonctions pour une durée de 10 jours. Le tribunal administratif a également enjoint au garde de seaux, ministre de la justice, de lui verser son traitement pour la période 25 janvier au 4 février 2018, soit 10/30ème de son traitement et d'effacer de son dossier toute mention de la sanction prononcée à son encontre, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Par un courrier enregistré au greffe le 9 mai 2022, M. A a demandé au tribunal l'exécution de ce jugement. Le tribunal a alors ouvert une phase administrative, puis une procédure juridictionnelle de l'exécution du jugement concerné.
5. Le ministre de la justice fait valoir, qu'en exécution du jugement précité, la sanction d'exclusion temporaire de fonctions prononcée à l'encontre de M. A a été effacée de son dossier administratif. En outre, l'administration justifie avoir versé la somme de 2 000 euros à M. A le 22 juillet 2022 au titre des dispositions de l'article L 761-1 du code de justice administrative. Par suite, à la date du présent jugement, le ministre de la justice a pris les mesures propres à assurer l'exécution du jugement n° 1802548 du 25 mars 2021. Par suite, les conclusions de M. A tendant à l'exécution dudit jugement sont devenues sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions indemnitaires :
6. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ".
7. Il résulte de ces dispositions qu'en l'absence d'une décision de l'administration rejetant une demande formée devant elle par le requérant ou pour son compte, une requête tendant au versement d'une somme d'argent est irrecevable et peut être rejetée pour ce motif même si, dans son mémoire en défense, l'administration n'a pas soutenu que cette requête était irrecevable, mais seulement que les conclusions du requérant n'étaient pas fondées. En revanche, les termes du second alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative n'impliquent pas que la condition de recevabilité de la requête tenant à l'existence d'une décision de l'administration s'apprécie à la date de son introduction. Cette condition doit être regardée comme remplie si, à la date à laquelle le juge statue, l'administration a pris une décision, expresse ou implicite, sur une demande formée devant elle. Par suite, l'intervention d'une telle décision en cours d'instance régularise la requête, sans qu'il soit nécessaire que le requérant confirme ses conclusions et alors même que l'administration aurait auparavant opposé une fin de non-recevoir fondée sur l'absence de décision.
8. Le garde de sceaux, ministre de la justice, fait valoir, dans un mémoire enregistré le 2 août 2024 et communiqué au requérant le jour-même, que la demande indemnitaire présentée par M. A dans son mémoire enregistré le 9 mai 2022, n'a pas été précédée d'une demande indemnitaire préalable. Or, il ne résulte pas de l'instruction que M. A ait déposé, ni préalablement à l'introduction de son recours contentieux ni postérieurement à celui-ci, une telle demande. Ainsi, à la date à laquelle le présent jugement est rédigé, aucune décision expresse ou implicite, sur une telle demande n'a pu naître. Par suite, les conclusions indemnitaires présentées par M. A doivent être rejetées comme irrecevables.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. A tendant à l'exécution du jugement n° 1802548 du 25 mars 2021 du tribunal administratif de Toulon.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 2 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Philippe Harang, présidente,
- M. Zouhaïr Karbal, conseiller,
- M. David Helayel, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 octobre 2024.
Le rapporteur,
Signé
Z. KARBALLe président,
Signé
Ph. HARANG
La greffière,
Signé
F. POUPLY
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026