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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2201708

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2201708

jeudi 26 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2201708
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Toulon a rejeté la requête de Mme B, enfant d’ancien harki, qui contestait le montant de l’aide de 2 000 euros qui lui a été attribuée par l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONACVG) sur le fondement du décret n° 2018-1320 du 28 décembre 2018. La requérante estimait cette somme insuffisante au regard de sa situation personnelle et invoquait une rupture d’égalité avec d’autres bénéficiaires ayant perçu 10 000 euros. Le tribunal a écarté ces moyens, jugeant que Mme B n’apportait pas d’éléments suffisants pour remettre en cause l’appréciation de l’administration, fondée sur un barème objectif prenant en compte la durée de séjour en camp et le revenu disponible.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 28 juin 2022 et le 18 avril 2023, Mme A B demande au tribunal d'annuler la décision du 8 mars 2022 par laquelle la directrice générale de l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre lui a attribué une aide de 2 000 euros dans le cadre dispositif d'aide à destination des enfants d'anciens harkis, moghaznis, et personnels des diverses formations supplétives de statut civil de droit local et assimilés.

Elle soutient que :

- le montant de l'aide qu'elle a obtenu est insuffisant, compte tenu de sa situation personnelle ;

- d'autres enfants de harkis, ayant des revenus supérieurs aux siens, ont obtenu une aide de 10 000 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 mars 2023, la directrice générale de l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONACVG) conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable dès lors qu'elle ne contient l'exposé d'aucun moyen ;

- l'office a fait une application conforme au barème en allouant une aide de 2 000 euros.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le décret n° 2018-1320 du 28 décembre 2018 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Montalieu, conseillère,

- et les conclusions de M. Kiecken, rapporteur public,

- les parties n'étant ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B a la qualité d'enfant d'ancien supplétif ayant servi en Algérie. Le 15 janvier 2020, elle a sollicité, auprès de l'ONACVG, le bénéfice du dispositif d'aide instauré par le décret du 28 décembre 2018 à destination des enfants d'anciens harkis, moghaznis et personnels des diverses formations supplétives de statut civil de droit local et assimilés. Par une décision du 8 mars 2022, la directrice générale de l'ONACVG lui a attribué une aide de 2 000 euros.

2. En premier lieu, pour calculer le montant de l'aide octroyée à Mme B, l'administration a retenu une durée de séjour dans les camps de 7 ans et 175 jours ainsi qu'un réel disponible de 1 034 euros par mois. Compte tenu de ces éléments, et selon la " fiche d'aide à la décision " de l'instruction de l'ONACVG, un rang de priorité 4 lui a été attribué (soit une aide pouvant être comprise entre 0 et 5 000 euros). Il ressort des pièces du dossier que l'aide de 2 000 euros lui a été attribuée au titre de l'aménagement de son logement. En se bornant à faire valoir que, " au vu de sa situation personnelle ", ce montant est insuffisant, Mme B n'apporte pas d'éléments de nature à remettre en cause l'appréciation portée par l'ONACVG. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit être écarté.

3. En second lieu, Mme B soutient que d'autres enfants de harkis, ayant des revenus supérieurs aux siens, ont perçu une aide de 10 000 euros. Toutefois, l'intéressée n'apporte aucun élément de comparaison, notamment quant à la durée de séjour dans les camps ou aux conditions de vie actuelles des autres bénéficiaires de l'aide, à l'appui de ses allégations. Au demeurant, l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre a élaboré un barème d'évaluation contenant des critères d'appréciation objectifs. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du principe d'égalité de traitement doit également être écarté.

4. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que la requête de Mme B doit être rejetée.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre.

Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Philippe Harang, président,

M. Zouhaïr Karbal, conseiller,

Mme Mathilde Montalieu, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.

La rapporteure,

Signé

M. MONTALIEU

Le président,

Signé

Ph. HARANG

La greffière,

Signé

F. POUPLY

La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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