LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2201728

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2201728

vendredi 28 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2201728
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantGRIMALDI & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 1er juillet 2022 et 7 décembre 2023, Mme A B, représentée par Me Paloux, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions des 2 et 16 mai 2022 par lesquelles le président de la communauté d'agglomération Estérel Côte d'Azur Agglomération a rejeté sa demande de protection fonctionnelle ;

2°) d'enjoindre à la communauté d'agglomération Estérel Côte d'Azur Agglomération de lui octroyer le bénéfice de la protection fonctionnelle, ou à défaut, de réexaminer sa demande, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de condamner la communauté d'agglomération Estérel Côte d'Azur Agglomération à lui verser la somme de 35 715 euros au titre des préjudices qu'elle estime avoir subis ;

4°) de mettre à la charge de la communauté d'agglomération Estérel Côte d'Azur Agglomération la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les décisions sont insuffisamment motivées, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elles sont entachées d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation dès lors qu'elle justifie avoir subi un harcèlement moral ;

- cette situation d'harcèlement moral caractérise une faute de la communauté d'agglomération de nature à engager sa responsabilité ;

- elle a subi des préjudices matériel, moral et des troubles dans ses conditions d'existence à hauteur de 35 715 euros.

Par un mémoire en défense enregistré le 12 décembre 2022, la communauté d'agglomération Estérel Côte d'Azur Agglomération, représentée par Me Grimaldi, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme B la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- à titre principal, les conclusions à fin d'annulation de la décision du 16 mai 2022 sont irrecevables dès lors qu'elle constitue une décision confirmative de la décision du 2 mai 2022 ;

- à titre subsidiaire, les moyens sont infondés.

Par une ordonnance du 7 décembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 7 janvier 2024.

Un mémoire en défense a été enregistré 29 décembre 2023 par la communauté d'agglomération Estérel Côte d'Azur Agglomération sans être communiqué, en application des dispositions de l'article R. 611-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code général de la fonction publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Martin, rapporteure,

- les conclusions de Mme Faucher, rapporteure publique,

- les observations de Me Bouarfa, substituant Me Grimaldi, représentant la communauté d'agglomération,

- Mme B n'étant ni présente ni représentée.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B, agente de maîtrise territoriale, est affectée au sein du service hydraulique cours d'eau de la communauté d'agglomération Estérel Côte d'Azur Agglomération en qualité de chargée de mission juridique et administratif depuis le 1er avril 2020. Par un courrier du 5 avril 2022, elle a sollicité le bénéfice de la protection fonctionnelle et l'indemnisation des préjudices qu'elle estime avoir subis à hauteur de 29 777 euros. Par des décisions des 2 et 16 mai 2022, le président de la communauté d'agglomération rejette ses demandes. Par sa requête, Mme B demande au tribunal l'annulation de ces deux décisions et l'indemnisation du préjudice qu'elle estime avoir subi à hauteur de 35 715 euros.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".

3. Les décisions attaquées, qui rappellent les circonstances et les termes de la demande de protection fonctionnelle de Mme B, et énoncent les raisons pour lesquelles celle-ci ne peut être satisfaite, est suffisamment motivée en fait. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration doit être écarté.

4. En second lieu, aux termes de l'article L. 133-2 du code général de la fonction publique : " Aucun agent public ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel ".

5. Il appartient à l'agent public qui soutient avoir été victime de faits constitutifs de harcèlement moral, lorsqu'il entend contester le refus opposé par l'administration dont il relève à une demande de protection fonctionnelle fondée sur de tels faits de harcèlement, de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles d'en faire présumer l'existence. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile. Pour apprécier si des agissements dont il est allégué qu'ils sont constitutifs d'un harcèlement moral revêtent un tel caractère, le juge administratif doit tenir compte des comportements respectifs de l'agent de l'administration auquel il est reproché d'avoir exercé de tels agissements et de l'agent qui estime avoir été victime d'un harcèlement moral. Pour être qualifiés de harcèlement moral, ces agissements doivent être répétés et excéder les limites de l'exercice normal du pouvoir hiérarchique.

6. Mme B estime avoir été victime d'un harcèlement moral par sa hiérarchie au sein de la communauté d'agglomération Estérel Côte d'Azur Agglomération, qui se matérialise par l'absence d'évolution statutaire et de revalorisation des droits pécuniaires, des propos vexatoires ainsi que sa " mise au placard ".

7. A l'appui de ses allégations, Mme B se fonde sur des éléments de fait tenant au retrait du bénéfice des astreintes, aux difficultés de communication avec l'adjointe du service hydraulique cours d'eau, qui se matérialisent par l'absence de réponse à ses appels et courriels, à l'absence de travail à réaliser, aux propos agressifs et humiliants, motivés par des difficultés d'ordre personnel, tenus par cette dernière ainsi que par le chef du service, dans des courriels envoyés avec un grand nombre de personnes en copie, son éviction du service par le recrutement d'un nouvel agent, de la proposition d'un poste de catégorie C alors qu'elle occupait un poste de catégorie B, ainsi que de l'impossibilité matérielle d'accéder à son ordinateur professionnel. Ces éléments de fait sont corroborés par les fiches de paie de l'intéressée, avant et après juillet 2021, ainsi que par des courriels avec les différents interlocuteurs. Ces éléments, qui sont répétés, de nature à compromettre l'avenir professionnel et l'état de santé de l'intéressée et excèdent l'exercice normal du pouvoir hiérarchique, sont de nature à faire présumer l'existence d'un harcèlement moral.

8. D'une part, la communauté d'agglomération Estérel Côte d'Azur Agglomération fait valoir que le bénéfice des astreintes a été ôté à Mme B à compter de juillet 2021 à défaut pour l'intéressée de remplir les conditions ouvrant le droit à leur versement. A ce titre, d'une part, l'intéressée n'établit ni n'allègue la réalité du service fait pendant ces astreintes, et d'autre part, il est constant que la collectivité ne lui a versé ces astreintes qu'à titre purement gracieux, elle ne bénéficie ainsi d'aucun droit à assurer ces astreintes et à leur versement.

9. D'autre part, pour justifier du comportement du chef de service et de son adjointe, la communauté d'agglomération fait valoir que l'attitude de Mme B témoigne de difficultés de " savoir être " à raison de propos agressifs et de mauvaise foi dans le cadre des échanges avec sa direction. Il ressort des pièces du dossier que les courriels rédigés par le chef de service et son adjoint ont pour objet de tenter de calmer les tensions entre l'adjointe et Mme B par une mise à distance des deux intéressées et par la redirection vers les personnes compétentes pour connaître des interrogations de la fonctionnaire. Par ailleurs, la collectivité fait valoir, sans être contestée que, en ce qui concerne l'absence d'accès à son ordinateur professionnel, d'une part, l'intéressée dispose d'un accès à distance pour connaître de ses dossiers, et d'autre part, le chef de service a répondu, par un courriel du 4 janvier 2022, à la demande de l'intéressée quant à l'endroit où se trouvait, suite à la réorganisation de la position géographique des agents, son matériel informatique.

10. Enfin, la communauté d'agglomération fait valoir que le changement d'affectation de Mme B ne résulte pas d'une procédure irrégulière dès lors que si elle est titulaire de son grade, elle ne l'est pas de son poste, et qu'un tel changement de poste a été décidé dans l'intérêt du service, lequel est justifié par les difficultés relationnelles entre l'intéressée avec son chef et son adjointe. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que la requérante a été reçue par la directrice des ressources humaines, le 19 janvier 2022, pour l'informer du changement de poste envisagé dans les fonctions d'assistante de gestion administrative, lequel correspond à un poste de catégorie C, dont il est constant qu'elle relève en sa qualité d'agent de maitrise territorial. A ce titre, la circonstance qu'elle occupait, depuis le 1er avril 2020 un poste de catégorie B, ne lui ouvre, à défaut d'une promotion dans un cadre d'emplois d'une telle catégorie, aucun droit à se voir proposer un poste de catégorie B.

11. Il résulte de ce qui précède que les éléments avancés par l'administration en défense montrent que ses agissements étaient justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement et sont donc de nature à renverser la présomption caractérisée au point 7 du présent jugement. Par suite, le moyen tiré de l'existence d'une situation de harcèlement moral doit être écarté.

12. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées.

Sur les conclusions indemnitaires :

13. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée soutenir que la communauté d'agglomération Estérel Côte d'Azur Agglomération a commis une faute de nature à engager sa responsabilité au titre d'une situation de harcèlement moral.

14. Il en résulte que les conclusions indemnitaires présentées par l'intéressée doivent être rejetées.

Sur les frais liés à l'instance :

15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par Mme B au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens soit mise à la charge de la communauté d'agglomération Estérel Côte d'Azur Agglomération qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance.

16. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de Mme B la somme demandée par la communauté d'agglomération Estérel Côte d'Azur Agglomération au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la communauté d'agglomération Estérel Côte d'Azur Agglomération présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la communauté d'agglomération Estérel Côte d'Azur Agglomération.

Délibéré après l'audience du 7 février 2025 à laquelle siégeaient :

M. Sauton, président,

M. Quaglierini, premier conseiller,

Mme Martin, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 février 2025.

La rapporteure,

signé

K. Martin

Le président,

signé

J.-F. Sauton

Le greffier,

signé

P. Bérenger

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Le greffier,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions