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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2201784

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2201784

jeudi 5 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2201784
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantFOURMEAUX LAMBERT ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 juillet 2022, la société Coulon Escoffier, représentée par Me Gruwez, demande au Tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du maire de la commune de Saint-Raphaël du 30 juin 2022 réglementant l'utilisation du ponton dit A " à Agay ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Raphaël le versement d'une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'arrêté attaqué porte atteinte au principe de liberté du commerce et de l'industrie, notamment son article 1 ;

- il s'agit d'une mesure de police générale disproportionnée.

Par un mémoire, enregistré le 17 juillet 2023, la commune de Saint-Raphaël, représentée par Me Fourmeaux, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de la société requérante d'une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un courrier du 7 novembre 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen d'ordre public, tiré de l'irrecevabilité pour tardiveté des conclusions aux fins d'annulation de la décision en litige dès lors que l'arrêté attaqué, qui a été édicté le 30 juin 2022 et qui a pour objet de réglementer l'utilisation du ponton dit A " sur le port d'Agay, a le même objet que l'arrêté du maire de Saint-Raphaël du 26 janvier 2022 portant règlement particulier de police du port d'Agay, en particulier en son article 5 selon lequel : " les embarquements et débarquements de passagers dans le port () sont strictement interdits pour les activités commerciales non détentrices d'autorisation d'occupation temporaire du domaine public (AOT) ". La décision en litige, en l'absence de changement d'objet ou de changement des circonstances de droit et de fait, revêt donc un caractère confirmatif de l'arrêté du 26 janvier 2022. Le délai de recours de 2 mois contre l'arrêté du 26 janvier 2022 a donc expiré le lundi

28 mars 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code général de la propriété des personnes publiques ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Karbal, rapporteur,

- les conclusions de M. Kiecken, rapporteur public ;

- et les observations de Me Fourmeaux représentant la commune de Saint-Raphaël.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 30 juin 2022, le maire de la commune de Saint-Raphaël a édicté des mesures réglementant l'utilisation du ponton dit " A " à Agay. Estimant que cet arrêté porte atteinte à son activité, la SARL Coulon Escoffier, qui exerce une activité de location et randonnée à jet-ski, a décidé de le contester.

Sur l'irrecevabilité de la requête :

2. Par un courrier du 7 novembre 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen d'ordre public, tiré de l'irrecevabilité pour tardiveté des conclusions aux fins d'annulation de la décision en litige.

3. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué, qui a été édicté le 30 juin 2022 et qui a pour objet de réglementer l'utilisation du ponton dit A " sur le port d'Agay, a le même objet que l'arrêté du maire de Saint-Raphaël du 26 janvier 2022 portant règlement particulier de police du port d'Agay, en particulier en son article 5 selon lequel : " les embarquements et débarquements de passagers dans le port () sont strictement interdits pour les activités commerciales non détentrices d'autorisation d'occupation temporaire du domaine public (AOT) ". La décision en litige, en l'absence de changement d'objet ou de changement des circonstances de droit et de fait, revêt donc un caractère confirmatif de l'arrêté du 26 janvier 2022. Le délai de recours de 2 mois contre l'arrêté du 26 janvier 2022 a donc expiré le lundi

28 mars 2022. La requête introductive d'instance présentée par la société Coulon Escoffier, enregistrée au greffe du Tribunal le 5 juillet 2022 est, par suite, tardive.

4. Il résulte de ce qui précède, qu'il y a lieu de rejeter la requête de la société Coulon Escoffier, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés.

Sur l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

5. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Saint-Raphaël, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la société Coulon Escoffier demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de mettre à la charge de la société Coulon Escoffier une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Saint-Raphaël et non compris dans les dépens.

DECIDE

Article 1er : La requête de la société Coulon Escoffier est rejetée.

Article 2 : La société Coulon Escoffier versera à la commune de Saint-Raphaël une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Coulon Escoffier et à la commune de Saint-Raphaël.

Délibéré après l'audience du 21 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Philippe Harang, président,

M. Zouhaïr Karbal, conseiller,

Mme Mathilde Montalieu, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2024.

Le rapporteur,

Signé

Z. KARBAL

Le président,

Signé

Ph. HARANGLa greffière,

Signé

F. POUPLY

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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