jeudi 26 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2201887 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 juillet 2022, M. D C, représenté par Me Bertelle, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté d'alignement individuel du 14 janvier 2022 constatant les limites de la route départementale D 560 au droit de la parcelle cadastrée section I n° 1239 à Barjols, ensemble le rejet implicite de son recours gracieux et la décision implicite née le 28 juin 2022 confirmant les limites fixées par arrêté ;
2°) d'enjoindre au président du conseil départemental du Var de dresser un nouvel arrêté d'alignement individuel en correspondant avec le plan de géomètre dressé après la réunion contradictoire du 14 avril 2022, ou à défaut, de réexaminer les limites de la voie départementale ;
3°) de mettre à la charge du département du Var la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation des limites réelles de la voirie départementale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mars 2023, le président du conseil départemental du Var conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la voirie routière ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Montalieu, conseillère,
- et les conclusions de M. Kiecken, rapporteur public,
- les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. C est propriétaire de la parcelle cadastrée section I n° 1239, sise 507 chemin de Saint-Lazare à Barjols. Par un courrier du 4 janvier 2022, il a demandé au président du conseil départemental du Var, par l'intermédiaire de son conseil, de constater les limites de la voie départementale D 560 au droit de sa propriété. Le 14 janvier 2022, le président du conseil départemental du Var a édicté un arrêté d'alignement individuel. Par un courrier du 11 mars 2022, réceptionné le 14 mars suivant, M. C a formé un recours gracieux contre les limites fixées par l'arrêté précité, lequel a été implicitement rejeté. Le 28 avril 2022, une nouvelle demande d'arrêté d'alignement individuel a été déposée par un géomètre au bénéfice de M. C, à laquelle il n'a pas été donné suite.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par M. B A, chef du service entretien et exploitation du pôle territorial Provence Verte, qui, en vertu d'un arrêté
n° AI-2021-996 du 14 septembre 2021 régulièrement publié au recueil des actes administratifs du département du Var n° 26 du 27 septembre 2021, disposait d'une délégation de signature pour signer les arrêtés individuels d'alignement. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté.
3. En second lieu, aux termes de l'article L. 112-1 du code de la voirie routière : " L'alignement est la détermination par l'autorité administrative de la limite du domaine public routier au droit des propriétés riveraines. Il est fixé soit par un plan d'alignement, soit par un alignement individuel. / Le plan d'alignement, auquel est joint un plan parcellaire, détermine après enquête publique ouverte par l'autorité exécutive de la collectivité territoriale ou de l'établissement public de coopération intercommunale, propriétaire de la voie, et organisée conformément aux dispositions du code des relations entre le public et l'administration la limite entre voie publique et propriétés riveraines. / L'alignement individuel est délivré au propriétaire conformément au plan d'alignement s'il en existe un. En l'absence d'un tel plan, il constate la limite de la voie publique au droit de la propriété riveraine. ". En l'absence de plan d'alignement, l'alignement individuel, qui n'emporte aucun effet sur le droit de propriété des riverains, ne peut être fixé qu'en fonction des limites actuelles de la voie publique en bordure des propriétés riveraines, empiètements éventuels inclus.
4. Il ressort des pièces du dossier que l'alignement a été fixé le long de la clôture appartenant à M. C, en incluant ainsi au domaine public routier les arbres bordant la voie départementale et l'exutoire d'eaux pluviales, lesquels constituent des dépendances de ce domaine. Contrairement à ce que semble soutenir le requérant, ces dépendances doivent être prises en compte pour déterminer les limites de la voie publique, qui ne sauraient donc s'arrêter, par principe, en bordure de trottoir. Il ressort également des pièces du dossier que la clôture du requérant jouxte l'exutoire d'eaux pluviales, de sorte que la limite fixée par l'arrêté en litige n'est pas allée au-delà de l'emprise réelle de la voirie départementale. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation en méconnaissance des dispositions de l'article L. 112-1 du code de la voirie routière doit être écarté
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée dans l'ensemble de ses conclusions.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D C et au département du Var.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Philippe Harang, président,
M. Zouhaïr Karbal, conseiller,
Mme Mathilde Montalieu, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.
La rapporteure,
Signé
M. MONTALIEU
Le président,
Signé
Ph. HARANG La greffière,
Signé
F. POUPLY
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
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