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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2201907

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2201907

jeudi 21 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2201907
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 18 juillet 2022, Mme C A, représentée par Me Almairac, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ;

2°) d'enjoindre au préfet du Var d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale et de lui délivrer une attestation de demandeur d'asile, dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- alors que la France est désormais responsable de l'examen de sa demande d'asile, le refus d'enregistrement qui lui a été opposé méconnaît gravement le droit constitutionnel d'asile ;

- la condition d'urgence est remplie.

Vu les autres pièces du dossier. Vu :

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de l'État membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des États membres ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

-

La présidente du Tribunal a désigné Mme B D pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées en application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Selon l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Selon l'article

L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. Il ressort des pièces du dossier que Mme A, née le 25 décembre 1996, de nationalité camerounaise, a demandé l'asile aux autorités françaises le 2 septembre 2021. Le préfet des Bouches-du-Rhône a décidé le 25 novembre 2021 son transfert aux autorités italiennes responsables de l'examen de sa demande d'asile en application du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013. Mme A ne s'est pas rendue à l'aéroport de Nice le 22 avril 2022, date prévue de son transfert, et n'a donc pas été remise aux autorités italiennes. Estimant que le délai de six mois prévu par l'article 29.2 du règlement précité du 26 juin 2013 était expiré et que désormais la France devait être considérée comme responsable de l'examen de sa demande d'asile, elle soutient avoir été confrontée à un refus d'enregistrement de sa demande d'asile et demande au juge des référés d'enjoindre au préfet du Var d'enregistrer sa demande.

3. Toutefois, Mme A a demandé à être enregistrée en tant que demandeur d'asile en procédure normale seulement le 11 juillet 2022, par un mail adressé à la préfecture du Var par un membre du secours catholique de Nice et dont il n'est pas même démontré qu'il aurait été reçu par l'administration. Il n'existe dès lors à la date de saisine du juge des référés aucun refus d'enregistrement d'une demande d'asile qui aurait été émis par le préfet du Var. Dans ces conditions, la requête présentée par Mme A est manifestement irrecevable et doit être rejetée par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, y compris ses conclusions présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

1.

Sur les conclusions à fin d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

4. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ". Selon l'article 7 de la même loi : " L'aide juridictionnelle est accordée à la personne dont l'action n'apparaît pas, manifestement, irrecevable, dénuée de fondement ou abusive en raison notamment du nombre des demandes, de leur caractère répétitif ou systématique. ". Ainsi qu'il vient d'être exposé, la requête de Mme A est manifestement irrecevable. Il n'y a dès lors pas lieu d'admettre l'intéressée au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

ORDONNE

Article 1er : Mme A n'est pas admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête présentée par Mme A est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A.

Copie en sera adressée au préfet du Var et au préfet des Bouches-du-Rhône. Fait à Toulon le 21 juillet 2022.

La juge des référés, Signé :

K. D

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme, Pour la greffière en chef, Et par délégation,

La greffière.

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