jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2201937 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 18 juillet 2022, le 23 novembre 2022 et le 23 janvier 2023, M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler les 11 titres de perception émis le 29 mars 2022 par lesquels la direction régionale des finances publiques Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA) et des Bouches-du-Rhône a mis à sa charge la somme totale de 17 750 euros au titre du remboursement de l'indu des aides du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour en limiter la propagation, perçues au titre de mars 2020 à juin 2020, d'octobre 2020 à mars 2021 et de mai 2021.
Il soutient qu'il remplit la condition d'éligibilité relative à la perte de chiffre d'affaires dès lors que le statut de VRP multicartes qu'il détenait en 2019 le plaçait dans une situation similaire à celle d'auto-entrepreneur ; la rémunération qu'il a perçue en 2019 doit donc être prise en compte au titre de son chiffre d'affaires.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 7 octobre 2022 et le 16 décembre 2022, le directeur départemental des finances publiques (DDFIP) du Var conclut au rejet de la requête.
Il soutient que le moyen invoqué n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 modifié ;
- le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 modifié ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Montalieu, conseillère,
- les conclusions de M. Kiecken, rapporteur public,
- et les observations de M. B,
- la DDFIP du Var n'étant ni présente, ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, qui exerce une activité d'agent commercial en immobilier depuis le 20 janvier 2020, a perçu, au titre de mars 2020 à mai 2021, des aides financières d'un montant total de 17 750 euros, versées dans le cadre du fonds de solidarité instauré par l'ordonnance n° 2020-371 du 25 mars 2020, à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences de l'épidémie de Covid-19. Par 11 titres de perception émis le 29 mars 2022, la direction régionale des finances publiques PACA et des Bouches-du-Rhône a mis à sa charge la somme de 17 750 euros au titre du remboursement de l'indu de ces aides. Par une décision du 19 mai 2022, la DDFIP du Var a rejeté sa réclamation préalable adressée le 13 mai 2022.
2. D'une part, aux termes de l'article 3-1 de l'ordonnance du 25 mars 2020 portant création d'un fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation : " I. - Les aides versées au titre du fonds le sont sur la base d'éléments déclaratifs prévus par décret. / Sous réserve des dispositions du troisième alinéa du II, elles sont insaisissables. / II. - Les documents attestant du respect des conditions d'éligibilité au fonds et du correct calcul du montant de l'aide sont conservés par le bénéficiaire pendant cinq années à compter de la date de versement de cette dernière. / Les agents de la direction générale des finances publiques et les agents publics affectés dans les services déconcentrés des administrations civiles de l'Etat peuvent demander à tout bénéficiaire du fonds communication de tout document relatif à son activité, notamment administratif ou comptable, permettant de justifier de son éligibilité et du correct montant de l'aide reçue pendant cinq années à compter de la date de son versement. Le bénéficiaire dispose d'un délai d'un mois pour produire ces justifications à compter de la date de la demande. / En cas d'irrégularités constatées, d'absence de réponse ou de réponse incomplète à la demande prévue au premier alinéa, les sommes indûment perçues font l'objet d'une récupération selon les règles et procédures applicables en matière de créances étrangères à l'impôt et au domaine. / La procédure prévue au présent II ne constitue pas une procédure de contrôle de l'impôt. ".
3. D'autre part, il résulte des dispositions des articles 2 et suivants du décret du 30 mars 2020 modifié que, pour bénéficier des aides financières instaurées par l'ordonnance du 25 mars 2020, les entreprises créées plus d'un an avant la date de leur demande devaient avoir subi une perte de chiffre d'affaires d'au moins 50 % durant la période au titre de laquelle l'aide avait été demandée par rapport à la même période de l'année 2019 ou par rapport au chiffre d'affaires mensuel moyen de l'année 2019, si cette option lui étaient plus favorable. Les entreprises créées moins d'un avant la date de leur de demande et jusqu'au 31 janvier 2020 devaient quant à elles avoir subi une perte de chiffre d'affaires d'au moins 50 % durant la période au titre de laquelle l'aide avait été demandée par rapport au chiffre d'affaires mensuel moyen sur la période comprise entre la date de création de l'entreprise et le 29 février 2020.
4. En l'espèce, pour justifier du montant de chiffre d'affaires qu'il a réalisé en 2019, et déclaré lors de ses demandes d'aide dans le cadre du fonds de solidarité, M. B se prévaut des commissions qu'il a perçues en tant que " voyageur représentant placier " (VRP) pour le compte de deux sociétés. Il fait valoir que, dès lors que ce statut est semblable à celui d'auto-entrepreneur, ces commissions doivent être assimilées à son chiffre d'affaires. Toutefois, il est constant que M. B n'a débuté son activité d'agent commercial (entreprise individuelle) que le 20 janvier 2020 et qu'aucun chiffre d'affaires n'a été déclaré par cette entreprise au titre des deux premiers trimestres 2020. Par ailleurs, les rémunérations qu'il a perçues en tant que VRP ne sauraient être prises en compte au titre d'un chiffre d'affaires de son entreprise créée postérieurement, les VRP ayant le statut de salarié, en application des articles L. 7313-1 et suivant du code du travail, et ce, quelles que soient les modalités de leur rémunération. Dans ces conditions, l'administration était fondée à constater que le requérant ne remplissait pas la condition d'éligibilité relative à la perte de chiffre d'affaires prévue par les dispositions susmentionnées du décret du 30 mars 2020 pour lui réclamer le remboursement de l'indu en litige.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, sans qu'il soit besoin de se prononcer sa recevabilité.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Copie en sera adressée au directeur départemental des finances publiques du Var.
Délibéré après l'audience du 19 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Philippe Harang, président,
M. Zouhaïr Karbal, conseiller,
Mme Mathilde Montalieu, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.
La rapporteure,
Signé
M. MONTALIEU
Le président,
Signé
Ph. HARANG
La greffière,
Signé
A. CAILLEAUX
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026