jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2201981 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 20 juillet 2022 et le 23 mars 2023, M. A B demande au tribunal d'annuler la décision du 4 juillet 2022 par laquelle la directrice générale de l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre lui a attribué une aide de 6 000 euros dans le cadre du dispositif d'aide à destination des enfants d'anciens harkis, moghaznis, et personnels des diverses formations supplétives de statut civil de droit local et assimilés.
Il soutient que :
- le montant de l'aide qu'il a obtenue est insuffisant, compte tenu de sa situation personnelle et des devis qu'il a fait réaliser ;
- la durée de traitement de sa demande a été excessivement longue ;
- d'autres enfants d'anciens harkis, ayant séjourné avec lui dans les camps, ont obtenu une aide d'un montant supérieur.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 mars 2023, la directrice générale de l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONACVG) conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 29 mai 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 13 juin 2024 à 12h.
Un mémoire présenté par M. B, enregistré le 12 septembre 2024, n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 2018-1320 du 28 décembre 2018 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Montalieu, conseillère,
- et les conclusions de M. Kiecken, rapporteur public,
- les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a la qualité d'enfant d'ancien supplétif ayant servi en Algérie. Le 14 juin 2019, il a sollicité, auprès de l'ONACVG, le bénéfice du dispositif d'aide instauré par le décret du 28 décembre 2018 à destination des enfants d'anciens harkis, moghaznis et personnels des diverses formations supplétives de statut civil de droit local et assimilés. Par une décision du 4 juillet 2022, la directrice générale de l'ONACVG lui a attribué une aide de 6 000 euros.
2. En premier lieu, pour calculer le montant de l'aide octroyée à M. B, l'administration a retenu une durée de séjour dans les camps de 6 ans et 104 jours ainsi qu'un réel disponible inférieur à 300 euros par mois. Compte tenu de ces éléments, et selon la " fiche d'aide à la décision " de l'instruction de l'ONACVG, un rang de priorité 2 lui a été attribué (soit une aide pouvant être comprise entre 2 500 et 7 500 euros). Il ressort des pièces du dossier que l'aide de 6 000 euros lui a été attribuée au titre de l'aménagement de son logement. Pour contester ce montant, M. B se prévaut de devis qu'il a fait réaliser auprès de magasins d'électroménagers et de meubles pour un montant de plus de 11 000 euros. Toutefois, il n'apporte aucune précision sur l'état de son logement et le détail de ces devis, de sorte qu'il n'établit pas que l'aide qui lui a été attribuée ne lui permet pas de subvenir à ses besoins essentiels en matière de logement. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation de sa situation personnelle doit être écarté.
3. En deuxième lieu, la circonstance que l'examen de sa demande ait duré plus de 3 ans, pour très regrettable qu'elle soit, est sans incidence sur la légalité de la décision en litige.
4. En dernier lieu, M. B soutient que d'autres enfants de harkis, ayant séjourné avec lui dans les camps, ont perçu une aide de 9 500 et 10 000 euros. Toutefois, l'intéressé n'apporte aucun autre élément de comparaison, notamment quant aux conditions de vie actuelles des autres bénéficiaires de l'aide, à l'appui de ses allégations. Au demeurant, l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre a élaboré un barème d'évaluation contenant des critères d'appréciation objectifs. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du principe d'égalité de traitement doit également être écarté.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre.
Délibéré après l'audience du 19 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Philippe Harang, président,
M. Zouhaïr Karbal, conseiller,
Mme Mathilde Montalieu, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.
La rapporteure,
Signé
M. MONTALIEU
Le président,
Signé
Ph. HARANG
La greffière,
Signé
A. CAILLEAUX
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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