mercredi 17 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2202001 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | DE LUCA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 juillet 2022, M. et Mme I et H G, M. et Mme J et A B et Mme C E, représentés par Me Hoffmann, demandent au Tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 24 janvier 2022 par lequel le maire de Toulon ne s'est pas opposé à la déclaration préalable déposée par M. F L en vue de créer un lotissement sur un terrain cadastré 137 BS 732, situé 281 chemin du Petit Bois sur le territoire de cette commune ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Toulon une somme de 3 000 euros à leur verser sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur recours est recevable tant au plan des formalités à accomplir que de leur intérêt pour agir, étant voisins immédiats du terrain dont la construction future va modifier l'environnement naturel ;
- l'arrêté émane d'une autorité incompétente dès lors qu'il n'est pas justifié de la délégation régulière accordée à son signataire ;
- le projet est incompatible avec un zonage UE dans la mesure où il va réduire les espaces verts du secteur et lui faire perdre ses caractéristiques qui ont justifié sa dénomination de " Petit Bois " ;
- il méconnaît les dispositions des articles UE3 du PLU et R.111-2 du code de l'urbanisme : l'accès prévu s'ouvre sur une voie très étroite et l'allégation du pétitionnaire selon laquelle la
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largeur de la voie serait de 4m est frauduleuse, il n'existe aucune possibilité de retournement et la division du lot va nécessiter un troisième portail sur la voie avec une visibilité réduite du fait de la présence d'un lampadaire d'éclairage public à cet endroit ;
- il méconnaît également l'article UE12 dans la mesure où aucune possibilité de manœuvrer n'existe sur le lot A et les emplacements créés sur le lot B sont impraticables ;
- le terrain possède un garage dont l'existence légale n'est pas établie et qui a fait l'objet d'un percement de fenêtre ; ces constructions n'ont pas été régularisées.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 octobre 2022, M. L, représenté par Me De Luca, conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge des requérants une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que la requête est irrecevable et les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 janvier 2023, la commune de Toulon, agissant par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge des requérants une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que la requête est irrecevable et les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 30 octobre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 28 novembre 2023, par application de l'article R.613-1 du code de justice administrative.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bonmati ;
- les conclusions de Mme Faucher, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Hoffmann pour les requérants, de Mme K pour la commune de Toulon et de Me De Luca pour M. L, pétitionnaire.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, M. et Mme G, M. et Mme B et Mme E demandent l'annulation de l'arrêté du 24 janvier 2022 par lequel le maire de Toulon ne s'est pas opposé à la déclaration préalable déposée par M. L en vue de créer un lotissement, par
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détachement d'une parcelle à bâtir, sur un terrain cadastré 137 BS 732, en zone UE du PLU, situé chemin du Petit Bois, sur le territoire de cette commune.
2. Il ressort des pièces du dossier que, par arrêté du maire de Toulon du 21 juin 2021, régulièrement publié au recueil, affiché et transmis au contrôle de légalité, M. D, 11ème adjoint, a reçu délégation à l'effet notamment de signer " tous les actes d'instruction et de décision relatifs aux demandes de certificats d'urbanisme, de permis de construire et autres autorisations d'occupation ou d'utilisation des sols. ". Il s'ensuit que le moyen invoqué tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée manque en fait et doit être écarté.
3. Pour critiquer l'arrêté en litige, les requérants soutiennent que son objet serait incompatible avec un zonage UE dans la mesure où le projet aura pour effet de réduire les espaces verts du secteur, lui faisant perdre les caractéristiques qui ont justifié sa dénomination de " Petit bois ". Toutefois, les requérants ne contestant pas le classement du terrain d'assiette dans la zone UE, définie par le PLU comme une " zone urbaine essentiellement pavillonnaire comprenant les sous-secteurs UEb (Baou), UEp (pentu) et UEr (la Ripelle), la légalité de l'opération envisagée doit être appréciée conformément au règlement de cette zone et des dispositions générales du PLU.
4. Aux termes de l'article UE3 du PLU relatif aux conditions de desserte des terrains par les voies publiques ou privées et accès aux voies ouvertes au public : " Les caractéristiques des accès et des voiries existantes doivent permettre de satisfaire aux règles minimales de desserte : défense contre l'incendie, protection civile, brancardage, etc // 1°) Accès // a) Les accès doivent être en nombre limité, localisés et configurés en tenant compte des critères suivants : // - la topographie et morphologie des lieux dans lesquels s'insère la construction ; // - la nature des voies sur lesquelles les accès sont susceptibles d'être aménagés afin de préserver la sécurité des personnes (visibilité, vitesse sur voie, intensité du trafic.) ; // - le type de trafic engendré par la construction (fréquence journalière et nombres de véhicules accédant à la construction, type de véhicules concernés.) ; // - les conditions permettant l'entrée et la sortie des véhicules dans le terrain sans manœuvre sur la voie de desserte. // b) Pour être constructible, un terrain doit comporter un accès automobile à une voie publique ou privée, soit directement, soit par l'intermédiaire d'un passage aménagé sur fonds voisin ou éventuellement obtenu par l'application de l'article 682 du code civil relatif aux terrains enclavés. L'accès doit répondre à l'importance et à la destination de la construction ou de l'ensemble des constructions qui y sont édifiés ou dont l'édification est demandée. // 2°) Desserte //
- Les terrains doivent être desservis par des voies publiques ou privées, répondant à l'importance et à la destination de la construction ou de l'ensemble des constructions qui y sont édifiées ou dont l'édification est demandée. // - La largeur des voies nouvelles desservant des constructions à usage d'habitation est fixée à 4 m minimum ou 3,50 m lorsqu'elles sont en sens unique. Pour les opérations de plus de 4 logements, elles devront en plus de ces 4 m ou 3,50 m comporter la réalisation d'aménagements (cheminement piétons, circulation des personnes à mobilité réduite, etc..). //- Aucune voie automobile nouvelle d'intérêt privé ne doit avoir une largeur utile inférieure à 4 m. // - Dans tous les cas, le pourcentage maximal de la pente de ces voies nouvelles sera de 15% en tout point dans l'axe de la voie. Pour les rampes d'accès en sous-sol, le pourcentage maximal de la pente sera de 18% en tout point dans l'axe de la voie. // - Les voies en impasse doivent être aménagées pour permettre le retournement et la manœuvre des véhicules y compris des véhicules de secours. Une aire de retournement aux dimensions adaptées sera obligatoire pour toute impasse de plus de 60 m. ". Et aux termes de l'article R.111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ".
5. Si les requérants soutiennent que la voie de desserte du projet, en l'occurrence, le chemin du Petit Bois, aurait une largeur de 3,90m et non 4m et que la déclaration serait entachée de fraude sur ce point, il est constant que ladite voie ne constitue pas une voie nouvelle au sens des dispositions précitées de l'article UE3. En outre, en admettant même que sa largeur ne serait que de 3,90m, le caractère frauduleux de cette mention n'étant, du reste, aucunement établi, il ressort du dossier, notamment des documents photographiques et du plan de situation établi par un géomètre expert, ainsi que de sa visualisation sur les données publiques librement accessibles sur le site internet geoportail.gouv.fr, que cette voie présente des caractéristiques répondant à la nature et à l'importance du projet et permettant de satisfaire aux règles minimales de desserte exigées par ces dispositions. Notamment, la présence de la haie végétalisée n'a pas réellement pour effet de rétrécir la bande de circulation automobile, le poteau d'éclairage public, eu égard à son emplacement précis, au droit de la clôture, n'a pas davantage pour effet de réduire notablement la visibilité et, enfin, la création d'une sortie supplémentaire n'a pas non plus, compte tenu du projet envisagé et des conditions de la circulation sur cette voie, essentiellement fréquentée par les riverains, pour effet d'aggraver notoirement le risque d'accident. Par ailleurs, même si le chemin est en impasse à son extrémité côté corniche, sa configuration, compte tenu des conditions de fréquentation ci-avant décrites, n'exige pas la création de points de retournement. Il s'ensuit que les conditions d'accès au projet ne présentent aucun caractère accidentogène de nature à constituer un risque manifeste pour la sécurité publique et ne méconnaissent ainsi ni les dispositions de l'article UE3 du PLU ni celles de l'article R.111-2 du code de l'urbanisme.
6. Aux termes de l'article UE12 du PLU relatifs au stationnement : " Des aires de stationnement correspondant à l'importance et à la destination de l'opération doivent être réalisées sur l'unité foncière conformément aux dispositions applicables aux zones urbaines. ". Selon l'article
3.1.1 des dispositions générales du PLU applicables en zones urbaines, s'agissant des habitations, 2 places de stationnement par logement sont exigées en zone UE, l'article 3.1 précisant en outre que
" Dans le cas d'un détachement de parcelle d'une propriété bâtie, le solde de terrain comportant la construction existante devra conserver le stationnement existant préalablement au détachement. ".
7. Il ressort des pièces du dossier que, contrairement à ce qui est soutenu, le projet de division parcellaire n'aura pour effet de créer qu'un seul lot à bâtir, le lot déjà bâti ne devant supporter aucune construction supplémentaire. Il ressort également des plans produits que, conformément aux dispositions précitées, deux emplacements de stationnement en enfilade affectés au même logement sont matérialisés sur le lot supportant la construction et effectivement utilisables dès lors que la configuration de l'accès au terrain permet les manœuvres en marche avant et en marche arrière. Enfin, la configuration du lot A telle qu'elle figure sur les plans ne permet d'établir ni que deux emplacements de stationnement ne pourraient y être créés ni que les manœuvres y seraient impossibles. Il s'ensuit que le moyen invoqué par les requérants, tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UE12 du PLU n'est pas fondé.
8. Lorsqu'une construction a été édifiée sans autorisation en méconnaissance des prescriptions légales alors applicables, il appartient au propriétaire qui envisage d'y faire de nouveaux travaux de présenter une demande d'autorisation d'urbanisme portant sur l'ensemble du bâtiment. De même, lorsqu'une construction a été édifiée sans respecter la déclaration préalable déposée ou le permis de construire obtenu ou a fait l'objet de transformations sans les autorisations d'urbanisme requises, il appartient au propriétaire qui envisage d'y faire de nouveaux travaux de présenter une demande d'autorisation d'urbanisme portant sur l'ensemble des éléments de la construction qui ont eu ou auront pour effet de modifier le bâtiment tel qu'il avait été initialement approuvé. Il en va ainsi même dans le cas où les éléments de construction résultant de ces travaux ne prennent pas directement appui sur une partie de l'édifice réalisée sans autorisation. Dans l'hypothèse où l'autorité administrative est saisie d'une demande qui ne satisfait pas à cette
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exigence, elle doit inviter son auteur à présenter une demande portant sur l'ensemble des éléments devant être soumis à son autorisation. Cette invitation, qui a pour seul objet d'informer le pétitionnaire de la procédure à suivre s'il entend poursuivre son projet, n'a pas à précéder le refus que l'administration doit opposer à une demande portant sur les seuls nouveaux travaux envisagés.
9. Les requérants soutiennent que le lot créé supporterait un garage irrégulièrement édifié et sur lequel une fenêtre aurait été percée. Toutefois, d'une part, l'opération de division en litige, même effectuée en vue de bâtir, n'emporte pas par elle-même la réalisation de travaux, portant ou non sur ces bâtiments. D'autre part, en admettant même que les principes rappelés au point 8 trouvent à s'appliquer, en s'en tenant à cette seule allégation sans en tirer aucune conséquence de droit ou de fait, notamment quant à la constructibilité de la parcelle détachée, les requérants n'assortissent pas le moyen qu'ils invoquent des précisions suffisantes pour permettre d'en apprécier ni le bien-fondé ni la portée. Il s'ensuit que le moyen ci-dessus énoncé doit être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit nécessaire de se prononcer sur sa recevabilité, la présente requête doit être rejetée.
Sur les frais relatifs au litige :
11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de l'article L.761-1 du code de justice administrative, de mettre à la charge de M. et Mme G, M. et Mme B et Mme E, pris conjointement, une somme de 2 000 euros à verser à M. L et de rejeter les conclusions présentées sur le même fondement par les requérants, partie perdante à la présente instance et par la commune de Toulon, laquelle, en outre, n'a pas eu recours au ministère d'avocat.
DECIDE
Article 1er : La requête de M. et Mme G, M. et Mme B et Mme E est rejetée.
Article 2 : M. et Mme G, M. et Mme B et Mme E, pris conjointement, verseront à
M. L une somme de 2 000 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions de la commune de Toulon tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : La présente décision sera notifiée à M. et Mme I et H G, M. et Mme J et A B et Mme C E, à M. F L et à la commune de Toulon.
Délibéré après l'audience du 26 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Harang, président,
M. Quaglierini, premier conseiller Mme Bonmati, magistrat honoraire
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 juillet 2024.
La rapporteure, Signé
D. BONMATI
Le président, Signé
P. HARANG
Le greffier, Signé
P. BERENGER
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme, Pour la greffière en chef, Et par délégation,
Le greffier.
Tribunal Administratif de Bordeaux — N° TA33-2604347
Le Tribunal Administratif de Bordeaux a rejeté la requête en référé suspension de M. A..., ressortissant béninois, contre un arrêté préfectoral refusant le renouvellement de son titre de séjour étudiant et l'obligeant à quitter le territoire. Concernant l'obligation de quitter le territoire, le juge a jugé les conclusions irrecevables en raison de l'existence d'une procédure spéciale de recours suspensif prévue à l'article L. 722-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Sur le refus de séjour, la condition d'urgence n'étant pas contestée, le juge a estimé qu'aucun des moyens soulevés, notamment le défaut d'examen particulier et la méconnaissance de l'article L. 422-1 du même code, n'était propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision. La requête a donc été rejetée dans son intégralité.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Bordeaux — N° TA33-2604358
Le Tribunal Administratif de Bordeaux, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de la décision de rupture de contrat de Mme B... prise par le maire de Léognan. Le juge a relevé que la requérante n'avait pas introduit de requête distincte en annulation, rendant ses conclusions à fin de suspension manifestement irrecevables. Par ailleurs, il a estimé que l'urgence n'était pas caractérisée, l'agent en période d'essai ne bénéficiant pas d'un droit à la poursuite de son contrat et son absence non justifiée à l'entretien préalable ne permettant pas de retenir un préjudice grave et immédiat.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Montpellier — N° TA34-2602937
Le Tribunal administratif de Montpellier, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la décision du ministre de l’intérieur du 26 mars 2026 informant M. A... de la perte de validité de son permis de conduire. La requête a été jugée irrecevable car M. A... n’avait pas déposé de recours en annulation parallèle, condition prévue à l’article L. 521-1 du code de justice administrative. À titre subsidiaire, le juge a estimé que le moyen tiré de ce que les infractions auraient été commises par son fils n’était pas de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision, la réalité des infractions étant établie par le paiement des amendes forfaitaires conformément à l’article L. 223-1 du code de la route.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Montpellier — N° TA34-2604046
Le Tribunal administratif de Montpellier, statuant en référé, a rejeté la demande de Mme B... qui sollicitait la suspension de saisies administratives à tiers détenteur émises pour le recouvrement de taxes foncières. La requérante invoquait l'urgence en raison de sa faible pension de retraite et un doute sérieux sur la légalité des saisies, notamment pour non-exigibilité d'une partie de la créance. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, faute pour Mme B... de justifier de conséquences graves liées à l'exécution des saisies. La requête a été rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026