mardi 23 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2202177 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | PIETRA & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 août 2022, la société civile immobilière (SCI) Asie et la société à responsabilité limitée (SARL) Côté Jardin, représentées par Me Thioune-Ieri, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 juillet 2022 par lequel le maire de la commune de Nans-les-Pins a mis en demeure la SCI Asie de démonter dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision la structure démontable de type chapiteau, appelée l'Orangerie du château de Nans, situé sur les parcelles cadastrées section A n° 176, 177, 221, sises 4117 route départementale n° 560 à Nans-les-Pins (83860) ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Nans-les-Pins une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- leur requête est recevable ;
- l'arrêté a été signé par une personne incompétente dès lors que la compétence appartenait au président de la communauté d'agglomération de Provence ;
- il est insuffisamment motivé en droit et en fait ;
- il est entaché d'une erreur de droit.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 août 2023, la commune de Nans-les-Pins, représentée par Me Nouis, conclut au rejet de la requête, demande qu'il soit enjoint à la SCI Asie et à la SARL Côté Jardin de fermer et démonter le chapiteau dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 1 500 euros par jours de retard et demande que soit mise à la charge de chacune des requérantes la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés dans la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 11 juin 2024 :
- le rapport de Mme Le Gars ;
- les conclusions de M. Riffard, rapporteur public ;
- et les observations de Me Dioum, substituant Me Nouis, pour la commune de Nans-les-Pins.
Considérant ce qui suit :
1. La SCI Asie est propriétaire du château de Nans situé sur la route départementale 560 sur le territoire de la commune de Nans-les-Pins qu'elle loue à titre commercial à la SARL Côté Jardin. Par un arrêté du 21 juin 2018, le maire de la commune de Nans-les-Pins ne s'est pas opposé à la déclaration préalable déposée par la SCI Asie en vue de l'installation temporaire d'une structure de 300 mètres carrés, démontable, de type chapiteau pour la période du 15 juin 2018 au 30 septembre 2018. Par un arrêté du 12 juillet 2022, le maire de la commune de Nans-les-Pins a mis en demeure la SCI Asie de fermer et de démonter la structure dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'arrêté. La SCI Asie et la SARL Côté Jardin demandent l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 480-2 du code de l'urbanisme : " () Dès qu'un procès-verbal relevant l'une des infractions prévues à l'article L. 480-4 du présent code a été dressé, le maire peut également, si l'autorité judiciaire ne s'est pas encore prononcée, ordonner par arrêté motivé l'interruption des travaux. () ". En outre, l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration dispose que : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; (). ".
3. En l'espèce, l'arrêté attaqué vise, d'une part, les dispositions du code général des collectivités territoriales relatives aux pouvoirs de police du maire, les dispositions du code de la santé publique relatives à la sanction des nuisances sonores et, d'autre part, le 2° de l'article L. 480-4 du code de l'urbanisme relatif aux infractions aux règles d'urbanisme. En outre, l'arrêté mentionne, dans ses motifs, d'une part, des nuisances sonores et troubles du voisinage en termes de circulation, d'autre part, la circonstance que l'autorisation d'urbanisme temporaire de la SCI Asie obtenue le 21 juin 2018 a expiré le 1er octobre 2018, que des procès-verbaux d'infraction ont été dressés les 8 novembre 2018 et 20 avril 2022 et que la SCI Asie n'a pas obtenu d'autorisation d'urbanisme depuis. Enfin, dans son dispositif, le maire enjoint à l'intéressée de procéder au démontage de la structure qui est en infraction aux règles d'urbanisme, sans toutefois préciser la nature de l'infraction reprochée ni les dispositions qui la répriment. Dans ces conditions, l'incohérence de la motivation entre les visas, les motifs et le dispositif de la décision n'a pas permis à l'intéressée d'en saisir le fondement juridique exact ni les motifs de fait qui la détermine ni, par conséquent, d'en contester utilement le bien-fondé. Par suite, les requérantes sont fondées à soutenir que le maire de Nans-les-Pins a entaché son arrêté d'une insuffisance de motivation.
4. Il résulte de ce qui précède que la SCI Asie et la SARL Côté Jardin sont fondées à demander l'annulation de l'arrêté du maire de Nans-les-Pins en date du 12 juillet 2022.
5. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun des autres moyens soulevés n'est de nature à entraîner l'annulation de l'arrêté attaqué.
Sur les conclusions reconventionnelles de la commune de Nans-les-Pins :
6. La commune de Nans-les-Pins demande au tribunal d'enjoindre à la SCI Asie et à la SARL Côté Jardin de fermer et démonter le chapiteau dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 1 500 euros par jours de retard. Toutefois et en tout état de cause, il n'appartient pas au juge de prononcer de telles injonctions, alors surtout que le présent jugement prononce l'annulation de l'arrêté litigieux et que la commune dispose de la faculté, si elle s'y croit fondée, de reprendre un nouvel arrêté prescrivant de telles mesures. Par suite, les conclusions reconventionnelles de la commune de Nans-les-Pins doivent être rejetées.
Sur les frais d'instance :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'une ou l'autre des parties, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, les sommes qu'elles demandent au titre des frais qu'elles ont engagés dans le cadre de la présente instance.
DECIDE
Article 1er : L'arrêté susvisé du maire de Nans-les-Pins en date du 12 juillet 2022 est annulé.
Article 2 : Les conclusions présentées par la SCI Asie, la SARL Côté Jardin et la commune de Nans-les-Pins sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les conclusions reconventionnelles présentées par la commune précitée sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société civile immobilière Asie, à la société à responsabilité limitée Côté Jardin et à la commune de Nans-les-Pins.
Délibéré après l'audience du 11 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bernabeu, présidente,
M. Bailleux, premier conseiller,
Mme Le Gars, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 juillet 2024.
La rapporteure,
Signé :
H. LE GARS
La présidente,
Signé :
M. BERNABEU La greffière,
Signé :
G. RICCI
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026