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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2202203

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2202203

jeudi 5 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2202203
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantBRL - BAUDUCCO ROTA LHOTELLIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 10 août 2022 et le 26 mars 2024, M. A B et la société civile Vinidréa, représentés par Me Bauducco, doivent être regardés comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 4 août 2022 par laquelle le préfet du Var s'est opposé à la déclaration préalable d'utilisation d'une hélisurface sur la parcelle cadastrée section AD n° 634 sise 577 chemin du Cap à Ramatuelle ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 4 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la décision du 4 août 2022 est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que son terrain se situe hors agglomération au regard de la carte " OACI " ;

- elle est illégale par voie d'exception d'illégalité de la carte " OACI " en ce qu'elle classe la parcelle en zone agglomération.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 mars 2024, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la requête est irrecevable en l'absence d'intérêt à agir de M. B et faute pour la société Vinidréa de justifier de l'identité de son gérant ayant qualité pour la représenter ;

- les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'aviation civile ;

- l'arrêté du 6 mai 1995 relatif aux aérodromes et autres emplacements utilisés par les hélicoptères modifié ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Montalieu, conseillère,

- les conclusions de M. Kiecken, rapporteur public ;

- et les observations de Me Bauducco, avocate du requérant ;

- le préfet du Var n'étant ni présent, ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. La société Vinidréa est propriétaire de la parcelle cadastrée section AD n° 634 sise 577 chemin du Cap à Ramatuelle. Par un courrier du 1er août 2022, M. B a, pour le compte de cette société, déclaré l'utilisation d'une hélisurface sur cette parcelle. Par une décision du 4 août 2022, le préfet du Var s'est opposé à cette déclaration.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 4 août 2022 :

2. Aux termes de l'article R. 312-1-5 du code de l'aviation civile, alors en vigueur : " Les hélisurfaces sont interdites : / 1° Dans les agglomérations, sauf autorisation spéciale délivrée par arrêté préfectoral et réservée à certaines opérations de transport public ou de travail aérien ; () ". Aux termes de l'article R. 312-1-6 du même code : " En dehors des agglomérations, le préfet peut, par arrêté, soumettre à déclaration préalable l'utilisation d'hélisurfaces sur le territoire d'une commune, lorsque cette utilisation est susceptible de porter atteinte à la tranquillité publique ou à la protection de l'environnement. () ". Et aux termes de l'article 3 de l'arrêté du 6 mai 1995 relatif aux aérodromes et autres emplacements utilisés par les hélicoptères modifié : " Les agglomérations visées par le présent arrêté sont celles représentées sur la dernière édition de la carte aéronautique au 1/500 000 O. A. C. I., publiée par l'Institut national de l'information géographique et forestière, () ".

3. Pour s'opposer à la déclaration préalable d'utilisation d'une hélisurface sur la parcelle cadastrée section AD n° 634 à Ramatuelle, le préfet du Var a estimé que cette parcelle se situait en zone agglomération au sens et pour l'application des dispositions citées au point précédent et que l'hélisurface entrait donc dans le champ d'application non pas de l'article R. 312-1-6 mais de l'article R. 312-1-5 précité.

4. En premier lieu, les requérants soutiennent que le préfet a commis une erreur d'appréciation dès lors que la carte " OACI " au 1/500 000 ne permet pas de conclure avec certitude que la parcelle en litige se situe en zone agglomération. S'il ressort effectivement des pièces du dossier que la carte aéronautique à l'échelle 1/500 000 (correspondant à la norme des cartes " OACI ") n'est pas suffisamment précise pour définir les limites de la zone agglomération à l'endroit de la parcelle, les indications résultant de la carte aéronautique à l'échelle 1/250 000, également établie par le service de l'information aéronautique de la direction générale de l'aviation civile (DGAC) et que produit le préfet, permettent de déterminer que la parcelle se situe à l'intérieur de la zone agglomération. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit être écarté.

5. En second lieu, en se bornant à faire valoir que la parcelle en litige se situe en zone N du plan local d'urbanisme de la commune de Ramatuelle, les requérants ne contestent pas utilement les limites de la zone agglomération définies par la DGAC, lesquelles répondent à des considérations de sécurité et de tranquillité publiques pour le vol des aéronefs. Par suite, l'exception d'illégalité des limites de la zone agglomération fixées par la carte aéronautique ne peut qu'être écartée.

6. Il résulte de tout ce qui précède que le préfet du Var était tenu de s'opposer à la déclaration d'utilisation du 1er août 2022 et que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 4 août 2022 ne peuvent qu'être rejetées, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense.

Sur les frais du litige :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que demandent les requérants au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. B et de la société Vinidréa est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, représentant unique désigné en vertu de l'article R. 411-5, alinéa 3, du code de justice administrative pour l'ensemble des requérants, et au préfet du Var.

Délibéré après l'audience du 21 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Philippe Harang, président,

M. Zouhaïr Karbal, conseiller,

Mme Mathilde Montalieu, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2024.

La rapporteure,

Signé

M. MONTALIEU

Le président,

Signé

Ph. HARANG

La greffière,

Signé

F. POUPLY

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,00

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