lundi 21 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2202237 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | LYON-CAEN & THIRIEZ SCP |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 août 2022, M. B A, représenté par Me Lafforgue, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 15 juin 2022 par laquelle le conseil médical de l'aéronautique civile a déclaré son inaptitude médicale définitive à l'exercice de sa profession de personnel navigant technique non imputable au service aérien ;
2°) d'enjoindre au conseil médical de l'aéronautique civile de déclarer imputable au service aérien son inaptitude médicale dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 mai 2024, le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, représenté par la SCP Lyon-Caen et Thiriez, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 4 000 euros soit mise à la charge du requérant sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'aviation civile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code des transports ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Montalieu, conseillère,
- les conclusions de M. Kiecken, rapporteur public,
- et les observations de Me Guibellino, substituant Me Lafforgue, représentant M. A, et de Me Brecq-Coutant, représentant le ministre chargé des transports.
Une note en délibéré, présentée par le ministre chargé des transports, a été enregistrée le 8 octobre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, né le 9 septembre 1966, a été recruté en qualité de pilote de ligne au sein de la société Brit Air, devenue HOP!, à compter du 10 septembre 1999. Il a exercé en dernier lieu des fonctions de commandement de bord. Présentant des céphalées et des troubles du sommeil persistants après un vol effectué le 12 janvier 2019 entre Paris et Toulon, il a été placé en arrêt de travail le 3 mai 2019. Le 2 juillet 2019, le médecin chef du centre d'expertise médicale du personnel navigant de Toulon l'a reconnu inapte temporairement à l'exercice de ses fonctions. Cette inaptitude temporaire a été reconduite jusqu'à l'intervention de la décision du 14 octobre 2021 par laquelle le conseil médical de l'aéronautique civile (CMAC) a prononcé son inaptitude définitive à l'exercice de la profession de navigant comme classe 1 pour syndrome anxiodépressif. Le 23 décembre 2021, M. A a saisi le CMAC d'une demande d'imputabilité au service aérien de son inaptitude définitive. Par une décision du 15 juin 2022, le CMAC a déclaré son inaptitude définitive non imputable au service aérien.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, la décision par laquelle le conseil médical de l'aéronautique civile déclare une affection non imputable au service aérien doit être regardée comme refusant un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions pour l'obtenir, au sens de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Elle est ainsi au nombre des décisions qui, en application de cet article, doivent être motivées. Cependant, une telle décision peut comporter des motifs médicaux, protégés par le secret défini à l'article L. 1110-4 du code de la santé publique, ou d'autres éléments de droit ou de fait de nature à établir ou à écarter l'imputabilité au service aérien de la situation de l'intéressé. Si, aux termes du troisième alinéa de l'article L. 211-6 du code des relations entre le public et l'administration, les prescriptions de celui-ci " ne dérogent pas aux textes législatifs interdisant la divulgation ou la publication de faits couverts par le secret " et si les articles R. 4127-4 et R. 4127-104 du code de la santé publique imposent au conseil médical de l'aéronautique civile de ne transmettre à l'administration que ses conclusions sur le plan administratif sans indiquer les raisons d'ordre médical qui les motivent, ces dispositions ne dispensent pas le conseil médical de l'aéronautique civile, afin de satisfaire aux exigences de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration, de mentionner dans sa décision si celle-ci comporte seulement des motifs médicaux ou d'autres motifs. Par ailleurs, si la décision ne repose pas sur des motifs médicaux, il incombe au conseil médical de l'aéronautique civile de faire connaitre les motifs qui la fondent.
3. En l'espèce, d'une part, la décision contestée du conseil médical de l'aéronautique civile énonce qu'elle résulte exclusivement de motifs médicaux, de sorte qu'elle satisfait, compte tenu des exigences tenant au secret médical rappelées au point précédent, à l'exigence de motivation prescrite par les dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. D'autre part, et en tout état de cause, il ne ressort pas des pièces du dossier que le conseil médical aurait diligenté une expertise médicale avant de prendre la décision en litige, ni qu'un compte rendu de séance aurait été rédigé en plus de cette décision. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
4. En deuxième lieu, la circonstance que la décision en litige a été prise le même jour que l'audition du requérant par le CMAC ne saurait, par elle-même, révéler un défaut d'examen sérieux de sa situation. Par suite, le moyen ne peut qu'être écarté.
5. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 6526-5 du code des transports : " Lorsqu'un accident aérien survenu en service ou lorsqu'une maladie imputable au service et reconnue comme telle par la commission mentionnée à l'article L. 6511-4 ont entraîné le décès, ou une incapacité permanente totale au sens de la législation relative à la réparation des accidents du travail, une indemnité en capital est versée à l'intéressé ou à ses ayants droit par la caisse créée en application de l'article L. 6527-2. () ". Aux termes de l'article D. 424-2 du code de l'aviation civile, alors en vigueur : " Le conseil médical de l'aéronautique civile : / () 3. Prend les décisions prévues aux articles L. 424-1, L. 424-2, L. 424-5 et par l'article R. 426-17 en matière de reconnaissance d'imputabilité au service aérien d'une maladie ayant entraîné une incapacité temporaire ou permanente de travail ou le décès. () ".
6. Pour être déclaré imputable au service, une maladie doit présenter un lien direct, mais non nécessairement exclusif, avec l'exercice des fonctions ou avec des conditions de travail de nature à susciter le développement de la maladie en cause. L'imputabilité au service aérien des inaptitudes médicales définitives prononcées par le conseil médical de l'aéronautique civile est appréciée au regard des seules dispositions du code des transports et du code de l'aviation civile, indépendamment de la prise en charge au titre de la législation relative aux accidents de travail du régime général de sécurité sociale.
7. Pour contester la décision rendue par le CMAC, laquelle est composée de quinze médecins, M. A soutient que les professionnels de santé qui l'ont rencontré ont reconnu le lien de causalité entre le syndrome anxiodépressif dont il souffre et l'anomalie de la qualité de l'air de la cabine survenue sur le vol Toulon-Paris le 12 janvier 2019, notamment le médecin-expert mandaté par la CPAM du Var, laquelle a reconnu le caractère professionnel de sa maladie. Toutefois, si le syndrome anxiodépressif dont souffre le requérant a été qualifié de réactionnel à l'évènement du 12 janvier 2019 par différents praticiens, cette circonstance ne saurait suffire à caractériser un lien de causalité entre sa maladie et le service aérien, au sens et pour l'application des dispositions citées au point précédent. Or, en l'espèce, d'une part, il n'est pas établi que l'incident d'émanation qui se serait produit le 12 janvier 2019 aurait entraîné chez le requérant un syndrome aérotoxique. Il ressort d'ailleurs des pièces du dossier que ce dernier souffre d'apnée du sommeil, qui est susceptible de provoquer de l'asthénie, des céphalées et des troubles de la concentration. D'autre part, s'il ressort des pièces du dossier que les membres d'équipage ont présenté des céphalées au cours et à la suite du vol du 12 janvier 2019, ces seules circonstances ne permettent pas de retenir que ce vol se serait déroulé dans des conditions particulièrement propres à créer une souffrance psychique. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le CMAC a commis une erreur d'appréciation en estimant que sa pathologie n'était pas imputable au service au sens et pour l'application des dispositions précitées.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que demande le requérant au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. A une quelconque somme au titre des frais exposés par l'Etat et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la ministre du partenariat avec les territoires et de la décentralisation.
Délibéré après l'audience du 2 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Philippe Harang, président,
M. Zouhaïr Karbal, conseiller,
Mme Mathilde Montalieu, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 octobre 2024.
La rapporteure,
Signé
M. MONTALIEU
Le président,
Signé
Ph. HARANGLa greffière,
Signé
F. POUPLY
La République mande et ordonne à la ministre du partenariat avec les territoires et de la décentralisation en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026