jeudi 7 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2202428 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | GIRARD-MADOUX ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante : Par une requête et un mémoire, enregistrés les 6 septembre 2022 et 31 août 2023, M. C A et Mme B A, représentés par Me Kieffer, doivent être regardés comme demandant au tribunal : 1°) d'enjoindre à la société anonyme (SA) Enedis de procéder à l'enlèvement du câble électrique situé se trouvant sur leur propriété ou sur l'ensemble immobilier dont elle dépend, ou de tout autre ouvrage ou équipement, sous astreinte de mille euros par jour de retard à compter de la notification du jugement ; 2°) de réserver leur droit à indemnisation en raison du préjudice qu'ils estiment avoir subi ; 3°) de mettre à la charge de la société Enedis la somme de 3 000 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les dépens. Ils soutiennent que la ligne électrique qui surplombe leur propriété n'a pas été régulièrement implantée. Par un mémoire en défense, enregistré le 24 juillet 2023, la société anonyme Enedis, représentée par Me Girard-Madoux, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge des requérants, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Elle soutient que le moyen de la requête n'est pas fondé. Vu les autres pièces du dossier. Vu : - le code de l'énergie ; - la loi du 15 juin 1906 sur les distributions d'énergie ; - le décret du 29 juillet 1927 portant règlement d'administration publique pour l'application de la loi du 15 juin 1906 sur les distributions d'énergie ; - le code de justice administrative. Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique : - le rapport de M. Hélayel, conseiller, - les conclusions de M. Kiecken, rapporteur public, - les observations de Me Kieffer, représentant M. et Mme A. Considérant ce qui suit : 1. Par un acte du 12 janvier 2019, M. et Mme A sont devenus propriétaires du lot n°1 d'un ensemble immobilier, situé allée de la Bouteillan à Ollioules, cadastré section CH n° 173. Le 4 février 2019, ils ont obtenu un permis de construire un appartement sur la partie ouest de la construction unique. Par un courrier du 17 mai 2022, ils ont demandé à la société Enedis, en vain, de procéder à l'enlèvement de la ligne électrique surplombant leur propriété. Sur les conclusions à fin d'injonction : 2. Aux termes de l'article 12 de la loi du 15 juin 1906 sur les distributions d'énergie, dont les dispositions sont désormais reprises par les articles L. 323-3 et suivants du code de l'énergie : " () La déclaration d'utilité publique d'une distribution d'énergie confère, en outre, au concessionnaire () le droit : / 1° D'établir à demeure des supports et ancrages pour conducteurs aériens d'électricité, soit à l'extérieur des murs ou façades donnant sur la voie publique, soit sur les toits et terrasses des bâtiments () ; 2° De faire passer les conducteurs d'électricité au-dessus des propriétés privées () ; 3° D'établir à demeure () des supports pour conducteurs aériens, sur des terrains privés non bâtis, qui ne sont pas fermés de murs ou autres clôtures équivalentes ; () / L'exécution des travaux prévus aux alinéas 1° à 4° ci-dessus doit être précédée d'une notification directe aux intéressés et d'une enquête spéciale dans chaque commune ; elle ne peut avoir lieu qu'après approbation du projet de détail des tracés par le préfet. / () ". L'article 1er du décret du 6 octobre 1967 portant règlement d'administration publique pour l'application de la loi du 15 juin 1906 sur les distributions d'énergie et de la loi du 16 octobre 1919 relative à l'utilisation de l'énergie hydraulique, applicable au litige, dispose que : " Une convention passée entre le concessionnaire et le propriétaire ayant pour objet la reconnaissance des servitudes d'appui, de passage, () prévues au troisième alinéa de l'article 12 de la loi du 15 juin 1906 susvisée peut remplacer les formalités prévues au quatrième alinéa dudit article. / Cette convention produit, tant à l'égard des propriétaires et de leurs ayants droit que des tiers, les effets de l'approbation du projet de détail des tracés par le préfet () ". 3. Il résulte de ces dispositions que les servitudes mentionnées par l'article 12 de la loi du 15 juin 1906, codifié aux articles L. 323-3 et suivants du code de l'énergie, peuvent être instituées par une convention passée entre le concessionnaire d'un service de distribution d'énergie et le propriétaire de la parcelle concernée. 4. En l'espèce, il résulte de l'instruction que la parcelle appartenant aux requérants est traversée par un câble électrique non tendu, reposant sur un poteau situé au nord-est de leur propriété et que ce câble est raccordé sur une parcelle voisine. Il ressort de l'acte de propriété du 12 août 2019 des époux A que seules une servitude de passage au profit du vendeur et deux servitudes pour les réseaux des eaux usées et de l'eau potable ont été constituées sur la parcelle cadastrée section CH n° 173. Il n'est donc pas établi que le câble électrique surplombant la propriété des requérants, lequel revêt le caractère d'un ouvrage public, y aurait été régulièrement implanté. L'implantation de celui-ci doit donc être regardée comme constituant une emprise irrégulière. 5. D'une part, en vertu des dispositions citées au point 2 du présent jugement, seuls les terrains non bâtis et non fermés de murs ou autres clôtures équivalentes peuvent être grevés de servitudes. En toute hypothèse, les requérants ne peuvent être regardés comme étant favorables à une mesure de régularisation, laquelle est de nature à faire obstacle au déplacement de l'ouvrage public en cause. Il s'ensuit qu'aucune mesure de régularisation n'est possible. 6. D'autre part, la société Enedis fait valoir que la dépose du branchement électrique impose l'enfouissement de la ligne, solution technique qui nécessite l'accord de la voisine des requérants et qu'elle a refusée et que seule la pose d'un potelet sur le toit de la maison des intéressés, solution peu coûteuse, permettrait de corriger les seuls réels inconvénients dont ils se prévalent et liés à la sécurité de l'installation. 7. Il résulte à cet égard de l'instruction que deux études ont été réalisées par Enedis pour la modification du tracé de la ligne du branchement et que Mme D, voisine des requérants, a refusé de donner son accord pour l'implantation d'un coffret sur sa propriété ou pour l'enfouissement du câble. Toutefois, il n'est pas contesté que le câble électrique en cause surplombe la propriété de M. et Mme A alors qu'ils n'en bénéficient pas, ce câble alimentant la propriété de Mme D, laquelle ne supporte aucun inconvénient lié à la présence du câble. Par ailleurs, la société Enedis ne fait valoir aucun argument quant au coût de la demande des requérants. Dans ces conditions, il n'est pas établi que le déplacement du câble électrique entraînerait une atteinte excessive à l'intérêt général. 8. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre à la société Enedis de procéder au déplacement du câble électrique irrégulièrement implanté sur la parcelle des requérants et ce, en dehors de la propriété de ces derniers, dans un délai de six mois à compter de la notification du jugement. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte. Sur les conclusions indemnitaires : 9. Le câble électrique en cause se trouvait déjà sur la parcelle appartenant aux requérants lorsqu'ils en ont fait l'acquisition, le 12 janvier 2019. Les intéressés se sont donc exposés, en connaissance de cause, au risque du maintien de cet ouvrage public. Il s'ensuit que la demande tendant à ce que leur droit à indemnisation soit réservé doit, en tout état de cause, être rejetée. Sur les frais du litige : 10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge des requérants, qui ne sont pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que la société Enedis demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société Enedis une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par les requérants et non compris dans les dépens. D É C I D E :Article 1er : Il est enjoint à la SA Enedis de procéder au déplacement du câble électrique situé sur la parcelle des requérants, hors de leur propriété, dans un délai de six mois à compter de la notification du présent jugement.Article 2 : La société ENEDIS versera aux requérants une somme de 1 500 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme A et à la SA Enedis. Délibéré après l'audience du 17 octobre 2024, à laquelle siégeaient :M. Philippe Harang, président, M. Zouhaïr Karbal, conseiller,M. David Hélayel, conseiller.Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2024. Le rapporteur,SignéD. HELAYEL Le président, Signé Ph. HARANGLa greffière,SignéA.CAILLEAUX La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.Pour expédition conforme,La greffière.2N° 2202428
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026