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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2202552

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2202552

lundi 22 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2202552
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantVARRON CHARRIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 septembre 2022, M. A B, représenté par Me Varron-Charrier, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 4 mai 2022 par lequel le recteur de l'académie de Nice l'a affecté provisoirement au poste de directeur et d'enseignant de l'école maternelle publique " Le Temple " située à Toulon à compter du 28 mars 2022, ainsi que la décision implicite du 18 juillet 2022 par laquelle le recteur de l'académie de Nice a refusé de le réintégrer provisoirement au même poste à compter du 8 mars 2022 ;

2°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Nice de le réintégrer rétroactivement sur ce poste à compter du 8 mars 2022 et de reconstituer juridiquement et financièrement sa carrière en lui reversant à titre rétroactif ses traitements, primes et indemnités, sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence de son auteur ;

- en exécution de l'ordonnance n° 2200962 du 29 avril 2022 du juge des référés du tribunal, qui a suspendu l'exécution de la décision du 8 mars 2022 lui retirant son emploi de directeur d'école, il aurait dû être réintégré sur cet emploi à compter du 8 mars 2022 et non du 28 mars 2022 ; il ne pouvait pas statutairement rester sans affectation entre ces deux dates ;

Par un mémoire en défense enregistré le 20 février 2024, la rectrice de l'académie de Nice conclut à ce qu'il n'y ait lieu de statuer sur la requête.

Elle fait valoir que le jugement n° 2200769 rendu le 20 novembre 2023 par le tribunal a été exécuté.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 1er juillet 2024 :

- le rapport de M. Cros ;

- et les conclusions de Mme Duran-Gottschalk, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B est fonctionnaire du ministère de l'éducation nationale au grade de professeur des écoles de classe normale. Par une décision du 8 mars 2022, l'inspecteur d'académie, directeur académique des services de l'éducation nationale du Var, lui a retiré son emploi de directeur de l'école maternelle publique du Temple, située à Toulon. Par une ordonnance n° 2200962 rendue le 29 avril 2022, le juge des référés du tribunal a suspendu l'exécution de cette décision et enjoint au recteur de l'académie de Nice de procéder, à titre provisoire, à la réintégration de M. B dans ses fonctions et à la régularisation de sa situation. Par un arrêté du 4 mai 2022, le recteur de l'académie de Nice a réintégré l'intéressé, à titre provisoire, dans son emploi de directeur de l'école du Temple, mais à compter seulement du 28 mars 2022. Par une lettre du 16 mai 2022, reçue le surlendemain, M. B a formé un recours gracieux contre cet arrêté en tant qu'il procède à sa réintégration à compter du 28 mars 2022 et non du 8 mars 2022. Du silence gardé par le recteur est née une décision implicite de rejet le 18 juillet 2022. M. B demande l'annulation de l'arrêté du 4 mai 2022 et de cette décision implicite de rejet de son recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Si, avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai du recours contentieux, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté, ce qui conduit à ce qu'il n'y ait lieu pour le juge de la légalité de statuer sur le mérite du pourvoi dont il était saisi. Il en va ainsi, quand bien même l'acte rapporté aurait reçu exécution.

3. Par un jugement n° 2200769 rendu le 20 novembre 2023, devenu définitif, le tribunal a annulé la décision du 8 mars 2022 retirant à M. B son emploi de directeur de l'école du Temple et enjoint au recteur de l'académie de Nice de réintégrer l'intéressé dans cet emploi et de reconstituer sa carrière à compter du 8 mars 2022. En exécution de ce jugement, le recteur, par un arrêté du 12 décembre 2023, a réintégré M. B à titre définitif dans cet emploi à compter du 8 mars 2022. Cet arrêté, pris à titre définitif, a nécessairement eu pour effet de retirer l'arrêté attaqué du 4 mai 2022 qui emportait réintégration à titre provisoire à compter seulement du 28 mars 2022. Il n'est pas contesté que le retrait ainsi opéré est devenu définitif, faute d'avoir été contesté dans le délai de recours contentieux. Dès lors, les conclusions de M. B tendant à l'annulation de l'arrêté du 4 mai 2022 et de la décision implicite rejetant son recours gracieux contre cet arrêté sont devenues sans objet. Ainsi que l'oppose la rectrice de l'académie de Nice, il n'y a pas lieu d'y statuer.

Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

4. Le présent jugement, qui prononce un non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B, n'appelle aucune mesure d'exécution. Au demeurant, le requérant ne conteste pas que l'intervention de l'arrêté du 12 décembre 2023 prononçant sa réintégration à titre définitif dans son emploi de directeur de l'école du Temple à compter du 8 mars 2022 s'est accompagnée d'une reconstitution de sa carrière à compter de cette date, ainsi que l'a prescrit le jugement précité du 20 novembre 2023. Par conséquent, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée par M. B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. B tendant à l'annulation de l'arrêté du 4 mai 2022 du recteur de l'académie de Nice et de la décision implicite du 18 juillet 2022 rejetant son recours gracieux contre cet arrêté.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.

Copie en sera transmise à la rectrice de l'académie de Nice.

Délibéré après l'audience du 1er juillet 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Bernabeu, présidente,

M. Cros, premier conseiller,

M. Martin, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juillet 2024.

Le rapporteur,

Signé

F. CROS

La présidente,

Signé

M. BERNABEU

La greffière,

Signé

G. BODIGER

La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Et par délégation,

La greffière.

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