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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-2202725

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2202725

vendredi 8 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2202725
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre
Avocat requérantDOMELEX

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 5 octobre 2022 et le 5 août 2023, Mme B A, représentée par Me Bortolaso-Péri, doit être regardée comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté n°2022-01 du 8 août 2022, par lequel le président du centre communal d'action sociale de La Garde a prononcé sa révocation à compter du 1er septembre 2022, ensemble la décision de refus implicite née le 7 décembre 2022 de faire droit à sa demande indemnitaire du 7 octobre 2022 ;

2°) d'enjoindre au centre communal d'action sociale de La Garde de la réintégrer sur son poste et de reconstituer sa carrière, à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de condamner la commune de La Garde, le centre communal d'action sociale de La Garde et l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) " le Mas des Sénès " à lui payer solidairement les rémunérations qu'elle aurait dû percevoir à compter du 25 août 2022 jusqu'au jour de la décision à venir, les sommes de 21 000 euros au titre du préjudice moral subi et de 7 000 euros au titre des troubles dans les conditions de l'existence, augmentées des intérêts moratoires et de leur capitalisation ;

3°) de mettre à la charge de la commune de La Garde, du centre communal d'action sociale de La Garde et de l'EHPAD " le Mas des Sénès " une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision litigieuse n'est pas motivée en ce qu'il n'est pas possible de discerner les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement légal ;

- elle est entachée d'un vice de procédure en ce qu'elle n'a pu accéder à son dossier individuel que moins de 48 heures avant son audition dans le cadre d'une enquête administrative et qu'elle n'a pas eu communication des griefs lui étant reprochés de sorte qu'elle n'a pas disposé d'un délai suffisant pour organiser sa défense ;

- elle est également entachée d'un vice de procédure en ce que le conseil de discipline a refusé sa demande de report alors qu'elle n'était pas en état de comparaître et qu'elle n'a pas disposé d'un délai suffisant pour prendre connaissance du rapport disciplinaire et apporter ses observations écrites ;

- elle est, en outre, entachée d'un vice de procédure en ce que le conseil de discipline lui a refusé de réaliser un complément d'instruction afin qu'elle puisse présenter ses observations et produire les éléments à décharge qui n'ont pas été recueillis dans le cadre de la procédure disciplinaire ;

- elle est, enfin, entachée d'un vice de procédure en ce que le conseil de discipline, composé de cadres territoriaux qui connaissent l'intéressée, n'a pas fait preuve d'indépendance et d'impartialité en considérant sa culpabilité comme étant acquise en se référant notamment aux conclusions de l'enquête administrative, elle-même orientée en ce sens, avant même qu'il soit procédé au délibéré ;

- l'autorité disciplinaire a commis une erreur d'appréciation en ce que les faits qui lui sont reprochés procèdent uniquement du rapport de son ancienne infirmière de coordination (IDEC) et cinq témoignages de collègues relatant des faits dont la matérialité n'est pas établie et dont certains sont prescrits, ne prenant pas en compte d'autres éléments démontrant l'absence de faute ;

- elle n'a pas pris en compte le harcèlement moral et la discrimination dont elle faisait l'objet par son ancienne IDEC ;

- elle n'a pas pris en compte ses évaluations professionnelles au cours de ses 10 années d'exercice ;

- elle s'est fondée sur des pièces produites de manière déloyale lors de la procédure disciplinaire.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 4 juillet 2023 et le 21 septembre 2023, le centre communal d'action sociale (CCAS) de La Garde, représenté par Me Kieffer, conclut au rejet de la requête, à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et à la suppression de propos injurieux, outrageants et diffamatoires.

Il fait valoir que :

- les conclusions indemnitaires sont irrecevables en ce qu'elles n'ont pas été précédées d'une demande à l'administration en ce sens ;

- les écritures de la requérante contiennent des propos injurieux, outrageants et diffamatoires qu'il convient de supprimer conformément aux dispositions de l'article L. 741-2 du code de justice administrative ;

- aucun des autres moyens soulevés n'est fondé.

Par ordonnance du 5 septembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 5 octobre 2023.

Un mémoire présenté par Me Bortolaso-Péri pour Mme A a été enregistré le

31 octobre 2023, postérieurement à la clôture d'instruction et non communiqué.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le décret n°89-677 du 18 septembre 1989 relatif à la procédure disciplinaire applicable aux fonctionnaires territoriaux, modifié ;

- le code de justice administrative.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 24 novembre 2023 :

- le rapport de M. Quaglierini, rapporteur ;

- les conclusions de Mme Faucher, rapporteure publique ;

- et les observations de Me Kieffer, représentant le centre communal d'action sociale de La Garde.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, aide-soignante de classe normale affectée au CCAS de La Garde et plus spécifiquement à l'EHPAD " le mas des chênes " depuis 2012, a fait l'objet d'une enquête administrative pour suspicions de maltraitances sur les résidents de son établissement. Par un arrêté du 2 février 2022, le président du CCAS l'a suspendue de ses fonctions dans l'intérêt du service puis, par courrier du 2 mai 2022, il a informé l'intéressée des griefs lui étant reprochés ainsi que de la mise en œuvre, à son encontre, d'une procédure disciplinaire préalable à une demande de sanction de révocation. Consécutivement au rapport introductif de saisine du conseil de discipline, ainsi que de l'avis de ce dernier rendu le 13 juillet 2022 après sa séance du 15 juin 2022, le président du CCAS a prononcé la révocation de

Mme A par un arrêté du 8 août 2022. Par cette requête, l'intéressée entend contester cette sanction.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le défaut de motivation.

2. La décision attaquée comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle est donc suffisamment motivée.

En ce qui concerne la méconnaissance des droits de défense.

3. Aux termes de l'article 4 du décret n°89-677 du 18 septembre 1989 susvisé : " L'autorité investie du pouvoir disciplinaire informe par écrit l'intéressé de la procédure disciplinaire engagée contre lui, lui précise les faits qui lui sont reprochés et lui indique qu'il a le droit d'obtenir la communication intégrale de son dossier individuel au siège de l'autorité territoriale et la possibilité de se faire assister par un ou plusieurs conseils de son choix. L'intéressé doit disposer d'un délai suffisant pour prendre connaissance de ce dossier et organiser sa défense. Les pièces du dossier et les documents annexés doivent être numérotés. À sa demande, une copie de tout ou partie de son dossier est communiqué à l'agent dans les conditions prévues par l'article 14 du décret n° 2011-675 du 15 juin 2011 relatif au dossier individuel des agents publics et à sa gestion sur support électronique ". Selon l'article 5 de ce décret : " Lorsqu'il y a lieu de saisir le conseil de discipline, le fonctionnaire poursuivi est invité à prendre connaissance, dans les mêmes conditions, du rapport mentionné au septième alinéa de l'article 90 de la loi du 26 janvier 1984 précitée et des pièces annexées à ce rapport ". L'article 6 dudit décret dispose que : " Le fonctionnaire poursuivi est convoqué par le président du conseil de discipline, quinze jours au moins avant la date de la réunion, par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. Il peut présenter devant le conseil de discipline des observations écrites ou orales, citer des témoins et se faire assister par un ou plusieurs conseils de son choix ". En outre, l'article 8 de ce décret prévoit que : " Le report de l'affaire peut être demandé par le fonctionnaire poursuivi ou par l'autorité territoriale : il est décidé à la majorité des membres présents. Le fonctionnaire et l'autorité territoriale ne peuvent demander qu'un seul report ". Enfin, l'article 11 du décret précité prévoit que " S'il ne se juge pas suffisamment éclairé sur les circonstances de l'affaire, le conseil de discipline peut, à la majorité des membres présents, ordonner une enquête ".

4. En premier lieu, la requérante n'est pas fondée à soutenir utilement qu'elle n'a pas pu accéder à son dossier individuel et avoir communication des griefs qui lui étaient reprochés avant son audition dans le cadre de l'enquête administrative diligentée par sa hiérarchie, dès lors qu'une telle procédure n'a pas pour objet de sanctionner l'intéressée mais seulement de déterminer les suites à donner aux faits dénoncés. Il ressort d'ailleurs des pièces du dossier que, contrairement à ce qu'elle affirme, l'administration territoriale lui a donné la possibilité d'accéder à son dossier administratif, mais lui a précisé qu'elle ne pourrait accéder au rapport concernant sa suspension qu'une fois que ce dernier serait établi, au terme de l'enquête administrative pour laquelle elle était auditionnée.

5. En deuxième lieu, il résulte de l'article 8 du décret précité que si un report peut être sollicité par l'intéressée, il n'est décidé que par le conseil de discipline à la majorité de ses membres. Or, il ressort des pièces du dossier que la demande de report formulée par l'intéressée, aux motifs de son absence à la séance et du court délai entre ladite séance et la date à laquelle elle a reçu le rapport disciplinaire, a été refusé par le conseil de discipline après un vote à la majorité de ses membres et a été justifié par la gravité des faits qui lui sont reprochés, la nécessité de protéger les personnes avec qui elle est en contact, la reprise imminente de ses fonctions à l'issue de sa période de suspension et le délai trop éloigné de la prochaine séance, près de 3 mois plus tard. Il ressort également des pièces du dossier que l'intéressée était représentée par son conseil lors de la séance du conseil de discipline qui s'est tenue le 15 juin 2022 et qu'elle a disposé d'un délai suffisant, plus de 25 jours, pour préparer sa défense et présenter ses observations devant le conseil de discipline. Dans ces conditions, le vice de procédure dont s'agit n'est pas établi.

6. En troisième lieu, il résulte de l'article 11 du décret précité qu'il appartient au conseil de discipline, estimant à la majorité de ses membres, être insuffisamment informé, d'ordonner une enquête. Or, il ressort des pièces du dossier que le conseil de discipline a expressément refusé, à la majorité de ses membres, la demande de l'intéressée, s'estimant ainsi suffisamment éclairé sur les circonstances de l'affaire. D'ailleurs, la requérante ne saurait légitimement soutenir le contraire alors-même que la plupart des attestations qu'elle produit à la présente instance ont été réalisées antérieurement à la séance du conseil de discipline du

15 juin 2022, de sorte qu'il lui était possible de les produire à cette occasion tel que le prévoit l'article 6 du décret précité.

7. En quatrième et dernier lieu, si la requérante soutient que le conseil de discipline a manqué à son obligation d'impartialité, elle n'apporte aucun élément permettant d'apprécier le bien-fondé de cette allégation. La circonstance que le conseil de discipline ait refusé sa demande d'enquête complémentaire, ne saurait établir un quelconque manquement au principe d'impartialité des membres du conseil de discipline. Par ailleurs, la requérante ne saurait utilement soutenir que la commission administrative d'enquête, l'ayant notamment auditionnée, ne présentait pas des garanties d'impartialité dès lors que, tel qu'il l'a été précisé précédemment, cette dernière n'avait pas pour objet de la sanctionner. En toute hypothèse, le manque d'impartialité allégué ne ressort pas du dossier.

En ce qui concerne l'erreur d'appréciation.

8. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.

9. En premier lieu, la requérante soutient que la matérialité des faits qui lui sont reprochés ne sont pas établis. Il ressort du rapport de l'infirmière de coordination (IDEC) du 2 février 2022 que, faisant le constat d'une diminution des stimulations des résidents, cette dernière a noté depuis le début de l'année 2022 que les résidents étaient souvent assis et bloqués dans leur déplacement, plus particulièrement un résident qui auparavant était capable de marcher en déambulant et de s'alimenter seul. Le 25 janvier 2022, Mme A informait l'IDEC que ce dernier n'était plus en capacité de marcher, cette dernière lui ayant répondu que l'absence de stimulation en était probablement la cause, une altercation s'en est suivie le 26 janvier 2022. Suite à cet évènement, plusieurs collègues de Mme A ont entrepris de témoigner des agissements de cette dernière faisant état dans leurs témoignages de graves manquements professionnels et de maltraitances à l'égard des résidents. Si la requérante soutient que ces témoignages, ainsi que les auditions qui ont suivi, ne font état d'aucun fait circonstancié, il ressort toutefois des pièces du dossier que les témoignages de deux de ses collègues également aides-soignantes, venues exceptionnellement remplacer son équipière affectée par le virus de la Covid-19, exposent des graves manquements de l'intéressée durant spécifiquement les journées des 21 et 26 janvier 2022. Ces faits concordent avec ceux relatés de manière générale par l'équipière habituelle de l'intéressée et par une aide sociale à l'hébergement exerçant toutes deux leurs fonctions au sein de l'EHPAD depuis juin 2021, de sorte qu'il ressort des pièces du dossier que les manquements reprochés à l'intéressée ont été commis de manière récente et récurrente.

10. En deuxième lieu, la requérante conteste spécifiquement le fait d'être " la cause directe en 2022, de la grabatisation rapide et de la mise en péril de la santé d'un résident relativement jeune, déambulant, par le recours à des entraves successives entre chaises et tables, en le contraignant à rester en fauteuil roulant et par actions délibérées et privations différentes pratiquées sciemment, ayant conduit à sa dénutrition et à sa déshydratation avec toutes conséquences prévisibles ", opposant le fait que l'état de santé du résident s'est dégradé depuis le 11 décembre 2021, qu'il a chuté à deux reprises alors qu'elle n'était pas présente et qu'elle a, elle-même, renseigné le logiciel Netsoins de l'état de santé préoccupant de ce dernier le 26 janvier 2022. Mais il ressort des pièces du dossier que, d'une part, il n'a jamais été affirmé que l'intéressée était responsable des chutes du résident et, d'autre part, qu'en s'étant abstenue de sustenter et d'hydrater utilement ce dernier et en l'entravant dans sa mobilité alors qu'il était capable de marcher en déambulant, l'intéressée a participé à l'état de grabatisation du résident.

11. En troisième lieu, si la requérante soutient que l'autorité disciplinaire aurait dû faire procéder à l'audition des autres agents de l'établissement, il ressort des pièces du dossier que ces derniers ne peuvent utilement attester que les manquements reprochés à l'intéressée ne sont pas établis dès lors qu'ils n'étaient pas présents dans l'établissement au moment où les faits fautifs sont survenus. D'ailleurs, il ressort clairement des pièces du dossier que l'IDEC à l'origine du rapport ayant abouti à ce que l'autorité territoriale diligente une enquête administrative puis engage une procédure disciplinaire n'avait, elle-même, pas connaissance de l'ensemble des manquements commis par l'intéressée avant que ses collègues, les ayant constatés lors de leur remplacement, lui en fassent part expressément.

12. En quatrième et dernier lieu, si la requérante oppose une prescription de certains faits, elle ne précise pas expressément ceux qui, étant visés par la décision attaquée, le seraient. Également, s'agissant de la déloyauté de la charge de la preuve alléguée concernant, d'une part, une note manuscrite additive à son évaluation de 2018, précisant des manquements commis par la requérante et concernant, d'autre part, un échange de messages téléphoniques privés avec une de ses collègues, la requérante ne peut utilement l'opposer dès lors que la décision contestée n'en fait nullement référence. Enfin, elle ne peut également utilement soutenir l'illégalité du motif tiré de la " tentative d'accès frauduleux par agent interposé, aux données personnelles des familles " dès lors qu'il ne constitue pas une faute définitivement retenue par l'autorité disciplinaire dans sa décision attaquée.

13. Il résulte de ce qui précède que les fautes commises par le fonctionnaire sont d'une particulière gravité, de sorte que l'autorité disciplinaire a pu à bon droit décider d'une sanction disciplinaire de révocation, nonobstant les états de service antérieurs de l'intéressée. La circonstance que les faits reprochés n'aient pas donné lieu à poursuite pénale est sans incidence sur la sanction prononcée. Par ailleurs, si la requérante allègue avoir subi des faits de harcèlement moral et de discrimination de son IDEC, exposant notamment que cette dernière ne l'appelait pas par son prénom mais en l'appelant " ma petite chérie " ou " mon amour ", qu'elle lui donnait des consignes et instructions contradictoires, qu'elle lui intimait l'ordre de se taire devant ses collègues, qu'elle contrôlait systématiquement et injustement son travail, qu'elle la dénigrait auprès de ses collègues et qu'elle la recevait en entretien annuel la porte ouverte, sans confidentialité vis-à-vis de ses collègues, ces circonstances, à les supposer établies, ne sont pas de nature à faire obstacle à la sanction disciplinaire prononcée à son encontre compte tenu des faits de maltraitances et de fautes professionnelles établis lors de l'enquête administrative et de la procédure disciplinaire.

Sur les conclusions à fins d'indemnisation :

14. Il résulte de ce qui précède que, en l'absence de faute commise par le centre communal d'action sociale de la commune de La Garde de nature à engager sa responsabilité, les conclusions à fin d'indemnisation présentées par Mme A doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fins d'injonction :

15. Le présent jugement, qui rejette les conclusions tendant à l'annulation de la décision attaquée, n'implique aucune mesure particulière d'exécution. Par suite, les conclusions susvisées ne peuvent être accueillies.

Sur les conclusions au titre de l'article L. 741-2 du code de justice administrative :

16. En vertu des dispositions de l'article 41 de la loi du 29 juillet 1881 reproduites à l'article L. 741-2 du code de justice administrative, les tribunaux administratifs peuvent, dans les causes dont ils sont saisis, prononcer, même d'office, la suppression des écrits injurieux, outrageants ou diffamatoires.

17. Le passage dont la suppression est demandée par le CCAS de La Garde n'excède pas le droit à la libre discussion et ne présente pas un caractère injurieux, outrageant ou diffamatoire. Les conclusions tendant à sa suppression doivent par suite être rejetées.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de La Garde, du centre communal d'action sociale de La Garde et de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes " le Mas des Sénès ", qui ne sont pas partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme A demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il y a également lieu, dans les circonstances particulières de l'espèce, de rejeter les conclusions du centre communal d'action sociale de La Garde au titre des dispositions précitées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : les conclusions du centre communal d'action sociale de la commune de La Garde au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : les conclusions du centre communal d'action sociale de la commune de La Garde au titre de l'article L. 741-2 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, au centre communal d'action sociale de La Garde, à la commune de La Garde et à l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes " le mas des chênes ".

Délibéré après l'audience du 24 novembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Sauton, président,

M. Quaglierini, premier conseiller,

Mme Martin, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 décembre 2023.

Le rapporteur,

Signé

B. Quaglierini

Le président,

Signé

JF. Sauton

La greffière

Signé

B. Ballestracci

La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier

N°2202725

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