vendredi 24 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2202998 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Aide sociale |
| Avocat requérant | GOURGUES LÉA |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance en date du 31 octobre 2022, enregistrée le 2 novembre 2022, la présidente du tribunal administratif de Pau a transmis au tribunal, en application de l'article R.351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par Mme C A.
Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal de Pau le 15 octobre 2020 et un mémoire enregistré le 31 octobre 2022, Mme C A, représentée par Me Gourgues, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le président du conseil départemental du Var a confirmé sur recours administratif préalable obligatoire la décision du 19 décembre 2018 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales du Var l'a informée d'un changement de ses droits à l'allocation de revenu de solidarité active ;
2°) d'enjoindre à l'administration de lui restituer la somme de 111,99 euros au titre des retenues illégalement effectuées pour les mois de décembre 2018, janvier 2019 et février 2019, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- sa requête est bien recevable dès lors que, si la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques s'était estimée incompétente pour connaître de ses demandes, elle aurait dû transmettre la requête à l'autorité compétente ;
- en application du deuxième alinéa de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, c'est à tort que des retenues ont été pratiquées alors qu'elle avait formé un recours administratif contre la décision du 19 décembre 2018 ;
- c'est à tort que la caisse d'allocations familiales du Var a procédé à la réduction du montant de l'allocation de revenu de solidarité active de la somme de 826, 40 euros à la somme de 789,07 euros ;
- c'est à tort que par l'ordonnance du 2 octobre 2020, le juge des référés du tribunal administratif de Pau a jugé que la retenue de 37,33 euros n'apparaît pas sur les attestations de paiement versées à l'instance ni isolément ni même par addition de plusieurs reprises.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er juin 2022, le département des Pyrénées-Atlantiques conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la requérante conteste des retenues opérées par la caisse d'allocations familiales du Var, qu'il n'est donc pas compétent pour défendre dans la présente instance et que la requérante aurait dû adresser ses demandes à la caisse précitée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 mai 2023, le département du Var conclut à l'incompétence territoriale du tribunal administratif de Toulon, au non-lieu à statuer à hauteur de la somme de 37,33 euros et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il soutient que :
- le tribunal administratif de Toulon est incompétent territorialement ; c'est le tribunal administratif de Pau qui est territorialement compétent conformément aux dispositions du 13ème alinéa de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles ;
- par une décision du 26 avril 2023, le département du Var a restitué à Mme A la somme de 37,33 euros correspondant à une retenue pratiquée à tort au mois de février 2019 ;
- la requête est tardive dans la mesure où les conclusions dirigées contre la décision par laquelle le département du Var a implicitement confirmé, sur recours administratif préalable obligatoire, la décision du 19 décembre 2018 par laquelle la caisse d'allocations familiales du Var a informé Mme A d'un changement de ses droits au revenu de solidarité active ont été présentées au-delà du délai de recours contentieux ;
- les retenues pratiquées au titre des mois de décembre 2018 et de janvier 2019 sont légales dans la mesure où elles ont été pratiquées en dehors de l'effet suspensif du recours administratif préalable obligatoire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 juin 2023, la caisse d'allocations familiales du var conclut à sa mise hors de cause et à ce que le conseil départemental du Var soit appelé en la cause.
Elle soutient qu'elle n'est pas compétente pour défendre au nom de l'Etat en matière de revenu de solidarité active, seul le département du Var est compétent en la matière.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 25 janvier 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme B, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, pour statuer sur les litiges relevant de cet article.
La magistrate désignée a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par un courrier du 28 janvier 2019, Mme A a contesté dans le cadre d'un recours administratif préalable obligatoire, la décision du 19 décembre 2018 libellée " relevé de droits et paiements " par laquelle la caisse d'allocations familiales du Var l'a informée d'un changement de ses droits à l'allocation de revenu de solidarité active suite à la mise à jour de sa situation. Par la présente requête, Mme A demande l'annulation de la décision implicite par laquelle le président du conseil départemental du Var a confirmé sur recours administratif préalable obligatoire la décision du 19 décembre 2018 et à ce qu'il soit enjoint à l'administration de lui restituer la somme de 111, 99 euros retenue à tort.
Sur l'exception d'incompétence territoriale du tribunal administratif de Toulon :
2. Aux termes de l'article R. 351-6 du code de justice administrative : " Lorsque le président d'une juridiction administrative autre qu'une cour administrative d'appel ou un tribunal administratif, à laquelle un dossier a été transmis en application du premier alinéa de l'article R. 351-3, estime que cette juridiction n'est pas compétente, il transmet le dossier, dans le délai de trois mois suivant la réception de celui-ci, au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat, qui règle la question de compétence et attribue le jugement de tout ou partie de l'affaire à la juridiction qu'il déclare compétente ". L'article R. 351-9 du même code dispose : " Lorsqu'une juridiction à laquelle une affaire a été transmise en application du premier alinéa de l'article R. 351-3 n'a pas eu recours aux dispositions du deuxième alinéa de l'article R. 351-6 ou lorsqu'elle a été déclarée compétente par le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat, sa compétence ne peut plus être remise en cause ni par elle-même, ni par les parties, ni d'office par le juge d'appel ou de cassation, sauf à soulever l'incompétence de la juridiction administrative ".
3. Le dossier de la requête de Mme A a été transmis au tribunal administratif de Toulon par une ordonnance du 31 octobre 2022 prise par la présidente du tribunal administratif de Pau, en application des dispositions du premier alinéa de l'article R. 351-3 du code de justice administrative. Par conséquent, en l'absence de saisine du président de la section du contentieux du Conseil d'Etat dans les trois mois suivant cette transmission, la compétence territoriale du tribunal administratif de Toulon ne peut plus être remise en cause, conformément aux dispositions de l'article R. 351-9 du code de justice administrative. Il s'ensuit que l'exception d'incompétence territoriale opposée par le département du Var doit être écartée.
Sur l'exception de non-lieu :
4. Par une décision du 26 avril 2023 postérieure à l'introduction de la présente requête, le département du Var a restitué à Mme A la somme de 37,33 euros correspondant à la retenue qui avait été opérée sur ses prestations par la caisse d'allocations familiales du Var au titre du mois de février 2019. Il n'est pas contesté par la requérante que cette somme lui a été versée par l'administration. Ainsi, les conclusions de la requête de Mme A tendant à la restitution de la somme de 111,99 sont devenues sans objet à hauteur de la somme de 37,33 euros. Par suite, ainsi que le fait valoir le département du Var, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à la restitution de la somme de 111,99 euros à hauteur de la somme de 37,33 euros.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision implicite confirmant sur recours administratif préalable obligatoire la décision du 19 décembre 2018 par laquelle la caisse d'allocations familiales du Var a informé Mme A d'un changement de ses droits à l'allocation de revenu de solidarité active :
5. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne en matière d'aide ou d'action sociale, de logement ou au titre des dispositions en faveur des travailleurs privés d'emploi, et sous réserve du contentieux du droit au logement opposable, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative (CJA). Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement.
6. Il résulte de l'instruction que, pour calculer le montant des droits de Mme A à l'allocation de revenu de solidarité active, la caisse d'allocations familiales du Var a retenu sa vie maritale antérieure au mariage comme situation familiale et l'argent placé au titre de ses ressources. Si la requérante soutient que c'est à tort que l'organisme a fixé le montant de ses droits au revenu de solidarité active à la somme de 789,07 euros à compter du mois de décembre 2018 en lieu et place de la somme de 826,40 euros initialement déterminée, elle n'établit pas dans quelle mesure la caisse d'allocations familiales du Var aurait dû lui verser la somme précitée de 826,40 euros compte tenu de sa situation personnelle. Dans ces conditions et dès lors que Mme A ne démontre par aucune des pièces produites que sa situation familiale et le montant des ressources pris en compte par la caisse d'allocations familiales du Var à compter du 1er décembre 2018 ne correspondraient pas aux ressources qu'elle a réellement perçues et à sa situation personnelle, elle n'est pas fondée à contester le bien-fondé de la décision querellée.
7. Mme A soutient en outre que c'est à tort que le juge des référés du tribunal administratif de Pau a, par une ordonnance en date du 2 octobre 2020, considéré que la retenue de 111,99 euros n'apparaissait pas sur les attestations de paiement versées à l'instance ni isolément ni même par addition de plusieurs reprises. Cependant, une telle ordonnance, prise sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, est uniquement susceptible de faire l'objet d'un recours en cassation devant le conseil d'Etat conformément aux dispositions de l'article L. 523-1 du même code. Un tel moyen est par suite inopérant dans le cadre de la présente instance.
8. Aux termes du deuxième alinéa de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision de récupération de l'indu, le dépôt d'une demande de remise ou de réduction de créance ainsi que les recours administratifs et contentieux, y compris en appel, contre les décisions prises sur ces réclamations et demandes ont un caractère suspensif ".
9. Mme A ne peut utilement faire valoir à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision procédant à la fixation de ses droits au revenu de solidarité active à compter du 1er décembre 2018, et ne procédant à aucune retenue sur cette allocation au titre d'un indu, la circonstance qu'un recours tendant à contester le montant de ses droits au revenu de solidarité active aurait été introduit. Un tel moyen est dès lors inopérant.
10. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision litigieuse. Par suite, ses conclusions aux fins d'injonction doivent par voie de conséquence être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
11. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par Mme A au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions de la requête de Mme A tendant à la restitution de la somme de 111,99 euros sont devenues sans objet à hauteur de la somme de 37,33 euros
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A, à Me Gourgues, au département du Var et au département des Pyrénées- atlantiques
Copie en sera adressée pour information à la caisse d'allocations familiales du Var et à la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 janvier 2025.
La magistrate désignée,
Signé
M. BLa greffière,
Signé
G. GUTH
La République mande et ordonne au préfet du Var, en ce le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pouvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Et par délégation,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026